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"À Paris, place au peuple !"

Le droit au logement passe avant le droit de spéculer sur le logement !

 

Merci pour cette présentation. Comme l’ensemble des collègues qui se sont exprimés précédemment, je salue l’implication des citoyennes et des citoyens sur ce sujet essentiel de l’accès au logement.

Je tiens néanmoins à signaler qu’il est faux de croire que les personnes à très faibles ressources seraient prioritaires dans l’accès au parc social. Dans les faits, c’est hélas l’inverse. Pour les logements les plus accessibles aux petits revenus, les désignataires doivent choisir entre des milliers de candidats et arbitrent entre des candidats ayant entre 25 et 40 points de cotation, alors que pour les nombreux P.L.S. et P.L.I., les candidats de 2 à 10 points de cotation peuvent être désignés. Pour un loyer de 1.200 euros, il y a beaucoup moins de candidats qui peuvent justifier d’un revenu trois fois plus élevé. Il est donc plus facile, hélas, d’avoir un logement social si on est classe moyenne supérieure que si on est pauvre. Voilà la triste réalité.

Et hélas, l’Exécutif municipal, en continuant de réserver 30 % de P.L.S. alors que plus de 90 % des demandeurs de logement sont éligibles aux logements réellement sociaux P.L.A.-I.-PLUS, poursuit l’aggravation de cette discrimination sociale.

Ceci étant dit, les revenus moyens du salariat ont également une difficulté dans l’accès au logement. Nous sommes face, y compris depuis 2001, à un exode des classes populaires et moyennes hors de la Capitale et même hors de la petite couronne.

Paris continue sa gentrification, d’où l’urgence d’exiger du Gouvernement non pas la privatisation du logement social à la Thatcher comme la République en marche parisienne la revendique, mais l’encadrement à la baisse des loyers et du prix du foncier, et une politique bien plus volontariste d’aide à la pierre en faveur du logement social et du logement public.

Par contre, nous devons respecter les exigences écologiques et refuser la construction de tours énergivores et néfastes, en termes de qualité de vie, arrêter l’hyper-densification de Paris et penser coopération à l’échelle métropolitaine.

Mes chers collègues, la spéculation immobilière se nourrit de la rareté. Il est donc urgent également que les logements libres, les bureaux vacants, les locations saisonnières soient bien plus taxés, que la Ville augmente les moyens de contrôle face au développement des Airbnb.

Le droit au logement doit enfin être considéré comme supérieur au droit de spéculer sur la logement, et la Ville doit imposer aux bailleurs qu’ils cessent les expulsions locatives qui, hélas, sont en train de reprendre en ce printemps dans la Capitale.

Je vous remercie.