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"À Paris, place au peuple !"

Le C.I.C.E coûte 300 000€/an par emploi !

 

J’irai également dans le sens de Mme PREMEL.

Vous savez combien coûte le C.I.C.E. ? Au cumul, le C.I.C.E. a coûté aux contribuables environ 300.000 euros par an et par emploi créé, soit en moyenne 25.000 euros par mois et par emploi. En réalité, une grande partie de cet argent du C.I.C.E. va directement aux actionnaires. Il vaudrait bien mieux créer directement des emplois publics répondant aux besoins de la population et à l’intérêt général, dans des secteurs aussi variés que ceux des E.H.P.A.D., de la santé, de la culture, de la solidarité, de la transition énergétique et j’en passe, dans tant de services publics, qui sont nombreux et qui craquent par les sous-effectifs et le manque de moyens, plutôt que de développer ces aides qui n’ont jamais contribué véritablement à lutter contre le chômage.

Au contraire, l’idée, finalement, de cette délibération reprend celle défendue de la stratégie de l’Etat ou des collectivités comme employeurs en dernier ressort. Cela reprend cette idée. Pour reprendre l’idée de la stratégie de l’Etat et des collectivités comme employeurs en dernier ressort, vous le savez, c’étaient ces travaux d’Hyman Minsky, qui considérait que le travail disponible, il fallait l’évaluer en fonction des besoins sociaux. En fait, combiné à d’autres politiques ambitieuses, comme un grand programme de reconversion écologique, on pourrait, en répondant aux besoins, supprimer l’armée de réserve des chômeurs et réduire profondément les inégalités en rééquilibrant le partage de la valeur ajoutée en faveur des salaires. Les emplois, selon Minsky, se situent dans des services intensifs en travail qui génèrent des effets utiles immédiatement perceptibles pour la collectivité dans des domaines comme l’aide aux personnes âgées, aux enfants, aux malades, l’amélioration de la vie urbaine, du quotidien, dans les espaces verts, la médiation sociale, la restauration des bâtiments, j’en passe, l’environnement, l’animation en milieu scolaire, les activités artistiques, toutes ces activités qui ont la particularité d’être non productives dans le sens où elles ne génèrent pas ou peu de gain de productivité mais où elles sont extrêmement utiles. Comme le résume Hyman Minsky, l’objectif est une meilleure utilisation des capacités existantes, plutôt que leur accroissement. Des impôts fortement redistributifs, des économies réalisées sur les prestations chômage permettraient de financer ces emplois. Une telle stratégie de l’Etat ou des collectivités employeurs en dernier ressort, en outre, pourrait provoquer une euthanasie des rentiers relativement rapide.

C’est bien dans cet esprit que l’on a, là, l’expérimentation de manière extrêmement modeste, sur un micro-territoire, avec l’Association d’expérimentation territoriale contre le chômage de longue durée et l’association “13 Avenir”, avec l’adhésion à l’association “Territoires zéro chômeur de longue durée”, c’est un peu le même esprit. Grosso modo, on se dit qu’on a d’abord et avant tout comme principe de base que toute personne est en capacité de travailler, elle a des savoirs et des savoir-faire, et, dans son quartier, dans son territoire, il y a énormément de besoins qui ne sont pas satisfaits. On fait d’abord et avant tout confiance au citoyen, à la citoyenne en situation de chômage, on s’appuie sur ses envies, ses savoir-faire, on lui propose un C.D.I. à temps plein choisi au S.M.I.C. – ce n’est pas de la précarité et c’est cela, dans l’expérimentation, qui me semble aussi important à relever. On estime qu’il n’y a aucune fatalité. En s’appuyant sur l’économie sociale et solidaire, on crée de nouveaux emplois qui répondent à la satisfaction des besoins.

Je suis enthousiaste et j’attends avec impatience l’avancement de ces expérimentations, car cette expérimentation sur des micro-territoires, j’espère que l’on sera en capacité de la généraliser. Je vous le dis nationalement, voilà une politique de l’Etat employeur en dernier ressort qui permettrait bien plus efficacement de lutter contre le chômage, que toutes les aides type C.I.C.E.

Je vous remercie.