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"À Paris, place au peuple !"

Intervention sur le dispositif P’tit Vélib’

Ah, les P’tits Vélib’ reviennent ! Les P’tits Vélib’ reviennent ! Alors, écoutez, si vous vous souvenez bien, je sais que vous vous souvenez, j’étais intervenue, j’avais déposé des vœux déjà en juillet 2014, et à travers, j’avais bataillé sur plusieurs aspects. Premièrement, j’avais dénoncé à l’époque le fait que le dispositif était couplé à un “sponsoring” en faveur d’une marque de jus de fruits sucrés, ce qui était quand même déplorable quand on veut inciter à la pratique du vélo pour une vie saine que d’inciter les enfants à boire des boissons sucrées, fussent-elles aux jus de fruits. Première chose.

Deuxième chose : j’avais dénoncé le fait que ce dispositif était assez coûteux pour les Parisiennes et les Parisiens et de fait, risquait de n’être accessible qu’à certains publics, et que dans les parcs et jardins, où on est dans un espace où la gratuité du loisir est relativement préservée, même si fleurissent des loueurs de balançoires à 2 euros, des vendeurs de tickets de manèges chers et que dans la situation difficile que vivent beaucoup de Parisiennes et de Parisiens, eh bien, ces sollicitations financières sont extrêmement pesantes dans la vie quotidienne, des mercredis après-midi et des week-ends des familles qui cherchent à faire autre chose que de courir après les magasins.

J’avais à ce moment-là, après les vœux de juillet 2014, obtenu un vœu de l’Exécutif, dans lequel il était écrit que la Ville de Paris tire le bilan de l’expérimentation menée à l’issue de la saison estivale, et que la Ville de Paris, dans la perspective de pérenniser l’expérimentation P’tit Vélib’, étudie la possibilité de faire évoluer le dispositif sans qu’interviennent des partenaires privés, évalue le coût de la mise en place d’un tel dispositif en envisageant la possibilité d’un service gratuit pour les petits Parisiens et propose, au vu des conclusions rendues, un nouveau montage.

Ce que je regrette à cette étape, c’est qu’il n’y ait eu aucun bilan de l’expérimentation menée en 2014 qui n’ait été présenté aux élus et aux Parisiennes et aux Parisiens. J’imagine quand même que vous en avez fait un, mais je souhaiterais qu’on ait accès à un vrai bilan de l’expérimentation. Lorsque je vous avais relancé, excusez-moi, ma mémoire flanche, l’automne dernier – je pense que cela devait être au Conseil de Paris de novembre ou de décembre -, on m’avait dit qu’il était encore trop tôt et qu’on attendait le résultat de l’expérimentation.

Je ré-interviens donc à travers ce vœu, puisque dans la délibération qui nous est présentée, il y a des espaces de gratuité à certaines périodes, mais il y a toujours ce coût qui, en plus, n’est pas précisé. La délibération dit qu’elle demande au gestionnaire du dispositif de mettre en place des prix raisonnables, mais voter sur des prix raisonnables, excusez-moi, je ne suis pas sûre que ce soit totalement raisonnable, car quelle est la marge de la raison pour les loueurs des bois ou pour l’association du canal ? Et est-ce la même conception de la raison que pour l’entreprise JCDecaux ? Donc j’aimerais bien avoir des précisions, puisqu’auparavant, c’était entre 3 et 5 euros de l’heure. Et je continue bien sûr ma bataille pour la gratuité.

Je viens de prendre connaissance du vœu bis de l’Exécutif. Je dois dire que je suis ravie qu’après mon vœu l’Exécutif s’engage – je pense que c’est une très bonne chose – à aller plus loin que la délibération et s’engage à mettre en place la gratuité pour toutes et tous pour la première demi-heure et dans tous les lieux.

Je trouve cela important, car cela permet déjà de faire évoluer vraiment cette conception que le dispositif “Petit Vélib'” doit être accessible à toutes les familles. C’est important, car notre projet est, comme cela a été dit précédemment, de pouvoir contribuer à une éducation citoyenne sur la pratique du vélo, y compris favoriser la pratique du vélo en ville, et pouvoir permettre à toutes les familles parisiennes de s’octroyer cette demi-heure de plaisir de la découverte du vélo sans avoir à passer par l’investissement dans l’achat d’un vélo avec tout ce que cela comporte. Sachant qu’un vélo pour les petits enfants, nous savons que cela va durer un an, deux ans et qu’après, l’objet sera totalement obsolescent puisque l’enfant aura grandi et que nous sommes là dans une logique complètement absurde du tout jetable.

Je pense que c’est très important de pouvoir permettre de rendre accessibles des vélos en libre-service et que cette première demi-heure soit gratuite. Il va de soi que si la première demi-heure est gratuite, les familles peuvent se limiter à une demi-heure. Ce n’est pas conditionné à une heure payante adjacente ? Si le vœu n’est pas précis là-dessus, je pense l’avoir bien compris.

Je suis ravie de ce vœu bis de l’Exécutif. Je pense que j’ai eu raison de continuer cette bataille. Je compte néanmoins continuer – puisque j’ai obtenu le retrait de la publicité de jus de fruit et la gratuité sur la première demi-heure – à batailler pour que ce dispositif puisse évoluer dans la forme d’une régie directe partout ou bien dans la forme d’une gestion par le biais des associations partout. Je pense que c’est aussi une perspective.

Je pense aussi qu’on doit accompagner la pratique du vélo en soutenant – je pense que vous serez d’accord avec moi – vraiment les ateliers de réparation de vélos, des ateliers qui permettent de pouvoir, à tout âge, continuer cette pratique du vélo indépendamment des coûts que cela peut générer car, hélas, je continue à regretter que nos dispositifs d’aide à l’acquisition des vélos pour les adultes soient limités à certains types de vélos et pas aux vélos de base.

Je vous remercie et je crois que cette délibération, l’évolution du vœu de l’Exécutif, montre qu’il est utile d’avoir, y compris quand on est non-inscrite, de la détermination et de la suite dans la bataille.

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