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"À Paris, place au peuple !"

Intervention sur la DLH 21 relative à la modification du Prêt Paris Logement

 

 

Cher-e-s collègues,

 

Je salue cette délibération, même si j’aurais aimé qu’elle aille plus loin.

 

Il est en effet absurde que la ville de Paris de fait aide et accompagne dans l’accès à la propriété privée les ménages qui ont la capacité d’avoir un apport personnel élevé. Est-ce le rôle de notre collectivité d’aider ceux qui en ont d’ores et déjà des moyens ?

 

Aussi, est-ce le rôle de la collectivité d’aider à l’accès à la propriété privée ?

 

Pour ma part, je ne suis pas d’accord. Nous devons au contraire défendre une politique en faveur de la maîtrise du foncier, de la municipalisation des sols. Les politiques en faveur de la préemption des terrains et des bâtiments, ou bien les baux à construction via baux emphytéotiques sont à développer et non le mythe sarkoziste libérale de la France des petits propriétaires.

 

Rappelons qu’une des causes de la crise des subprimes fut la course effrénées des ménages américains vers l’accès à la propriété individuelle.

 

Vous décidez dans cette délibération de recentrer le bénéfice du prêt Paris logement sur les primo accédants qui ont réellement besoin de cette aide pour réaliser leur projet. Et vous subordonner désormais l’octroi du PPL à la condition que le prix d’achat du logement soit financé pour 90%  au moins de son montant par des emprunts d’une durée au moins égale à 5 ans , y compris le PPL lui-même.

 

Vous prétendez que cela concentrera cette aide au soutien aux ménages modestes. néanmoins, vu les prix de l’immobilier à Paris, je serai ravie que vous me présentiez ces ménages modestes, en capacité de disposer de l’apport minimum correspondant à 10% du prix d’achat. Pour que des banques acceptent de prêter 90% du prix d’achat d’un appartement à paris, encore faut-il que les ménages aient, soit un capital soit des revenus un minimum confortable !

 

Mais quelle est par ailleurs votre motivation première ? La justice sociale ? Ou la réduction des dépenses publiques ? Il est hélas probable que le contexte d’austérité auquel vous vous soumettez vous ai plus motivé dans la modification de ce dispositif que le refus de poursuivre une politique d’aides à l’accès à la propriété privée…

 

Je regrette que vous n’ayez pas fait le choix de relier, à défaut de le supprimer complètement, le PPL à l’habitat participatif. Car la démarche de l’habitat participatif, tel qu’il est expérimenté sur trois parcelles par la ville, contient au moins l’engagement de sortir l’accession à la propriété de toute démarche de revente spéculative ultérieure. En outre, elle encourage une démarche collaborative, de l’habitat partagé que nous devons encourager, inscrite dans une utilité sociale pour le quartier dans la définition des usages des rez-de-chaussée.

 

Je m’abstiendrai donc sur cette délibération, non pour désapprouver ces évolutions en soit, mais parce que je regrette qu’elles n’aillent pas au delà : supprimer le PPL ou le conditionner à des démarches d’habitats participatif sortant le logement de la boucle spéculative.

 

Je vous remercie.

 

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