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"À Paris, place au peuple !"

Intervention sur la cession d’un volume 67-69 bd de Charonne pour la création d’un centre culturel et universitaire

Mes chers collègues, pour que nous puissions d’abord avoir ce débat en toute sérénité, mon propos n’a rien sur la nature et l’évaluation de la nature du projet privé de centre communautaire de Paris, de création d’un espace culturel universitaire juif européen. Cet établissement n’a rien de cultuel, donc en aucun cas mon intervention serait liée à la nature de ce projet. Je pense qu’ici, dans cette Assemblée, nous pouvons suffisamment avoir un respect mutuel, malgré l’ensemble de nos désaccords politiques, pour qu’il n’y ait aucune allusion ou suspicion d’antisémitisme au fait qu’on puisse être d’accord ou pas d’accord avec ce projet.

S’il vous plaît, qu’il y ait ce respect-là. Je comprends l’intervention de Mme la Maire qui insiste sur le rendez-vous tragique avec l’histoire que nous avons eu en janvier et je comprends son attachement, en fonction de ce rappel tragique de l’histoire, à l’avènement de ce projet. Je souhaite juste qu’on entende d’autres analyses et qu’on puisse entendre aussi des désaccords pour d’autres raisons avec ce projet.

Oui, je suis étonnée et je désapprouve généralement, par principe, quand il y a une démarche de vente du foncier de la Ville pour des projets privés. C’est le premier principe.

En plus, j’ai le sentiment que, sur cette vente, il y a un cadeau financier parce qu’il y a visiblement un grand écart entre l’estimation du montant du foncier et le montant de la vente et de l’opération effectuée. J’aimerais avoir des précisions là-dessus : pourquoi ? Comment ?

Même si encore une fois, je désapprouve, d’abord et avant tout, la vente du foncier et j’estime que si la Ville à un moment donné souhaite céder du foncier, évidemment elle n’a pas non plus à faire d’”opérations spéculatives”. Néanmoins, il est nécessaire de savoir concrètement combien cela valait et pourquoi on le vend à un autre montant.

Autre chose, je me souviens qu’à un précédent Conseil de Paris, nous avions adopté, sur proposition du groupe Communiste – Front de Gauche, une mission sur la réindustrialisation de Paris avec cette réflexion-là qui était : comment est-ce que l’on peut relocaliser de l’activité industrielle à Paris ? N’avons-nous pas là, justement sur ce lieu qui était donc dépendant de la Compagnie parisienne de distribution d’électricité et qui donc relevait de ce secteur-là, l’opportunité de réfléchir et de prendre le temps, de permettre à la mission proposée par le groupe Communiste – Front de Gauche de faire ses propositions avec toutes les concertations nécessaires pour voir si, sur cet emplacement, il n’y a pas des innovations, pour reprendre ce terme qui généralement est quand même très fortement utilisé par le groupe Socialiste et Apparentés, pour voir justement comment le mettre en pratique dans l’enjeu de relocaliser de l’activité industrielle à Paris.

Dernière chose, la question de la concertation avec les habitants, la question de se réapproprier la ville et de penser l’ensemble des territoires et micros territoires où il y a des opportunités d’évolution, de changement de la ville, toutes ces possibilités doivent être prises pour permettre un débat citoyen, pour réfléchir aux propositions. Pourquoi cette précipitation qui ferait que cette emprise foncière échapperait à une démarche de démocratie participative ?

Donc voilà pourquoi je ne voterai pas pour cette délibération mais, s’il vous plaît, dans ce débat-là, qu’il n’y ait pas de dérapages dans les insinuations sur les désaccords que nous pouvons avoir.

Je vous en remercie.

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