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"À Paris, place au peuple !"

Intervention sur l’Etablissement Public des Musées

 

 

Mes chers collègues de la majorité, je souhaite vous décerner le prix de l’enfumage. oui, de l’enfumage. Vous osez parler, concernant le budget de l’établissement administratif des Musées, d’un budget en augmentation. Habile. Mais les moyens alloués par la ville, eux sont en baisse !

 

Petit rappel sur le budget de décembre contre lequel j’ai voté : Il diminuait de 1,9 millions d’euros les moyens accordés aux musées municipaux parisiens. “Le déploiement de la réforme tarifaire des musées adoptée en juin 2014 en année pleine permettra en effet d’accroître les ressources propres de l’établissement public et donc son autonomie financière, limitant la contribution de la Ville à son financement.”

 

Revenons donc sur cette réforme tarifaire de juin dernier. Certes vous n’avez pas remis en cause la gratuité des expositions permanentes mais vous avez décidé d’augmenter les tarifs des expositions temporaires et des audioguides. Vous instaurez ainsi une culture à deux vitesse. L’accès des collections permanentes pour les uns, les expositions temporaires pour les autres. Le premier ministre peut bien dénoncer l’apartheid territoriale, mais dans un même territoire une inégalité d’accès à la culture se pérennise, s’aggrave avec ces augmentations.

 

Bien sur, la question des tarifs est loin d‘être d’être le seul problème dans l’accès à la diversification des tarifs. mais la gratuité a bien été instauré comme un des leviers pour y remédier et n’a pas à être réduit à certaines salles. Autant je peux comprendre qu’en début de mandature on ait procédé par étape, autant il est déplorable que pour cette 3ème mandature on ait l’impression d’un renoncement total à faire progresser cette gratuité.

La culture est un bien universel et non marchand réservé à celles et ceux qui en ont les moyens !

 

On est toujours face au même problème de l’accompagnement de l’austérité. Elle fait reporter sur les citoyens usagers le coût des services publics quelque soient leurs revenus, au lieu que les citoyens y participent par le biais de leur contribution à l’impôt progressif, en fonction de l’ensemble de leur revenu.

 

Cette augmentation des tarifs qui ne vise qu’à diminuer les moyens alloués par la ville est un renoncement libéral à engager plus fortement une politique de diversification des publics, au service de  l’appropriation sociale de la culture par toutes et tous. Là où les moyens publics alloués à une démarche d’éducation populaire devraient être centraux, vous n’installez qu’une logique gestionnaire pour un établissement autonome qui devrait tendre à l’autonomie budgétaire !  Sortons des logiques de rentabilité. Un musée, mes chers collègues, n’est pas une entreprise et la culture n’est pas une marchandise.

 

La conséquence c’est la poursuite de la dégradation des conditions de travail, sous effectif, précarité, recours à des externalisations, pression sur les extensions des horaires sans contre parties…

 

Le recours aux augmentations tarifaires n’est pas le seul renoncement libéral à dénoncer.

 

Je le redis ici, la course au mécénat à l’Etablissement public des Musées est une course folle à la marchandisation de la culture. A accepter de privatiser temporairement les salles à vos mécènes que sont les banques, les grandes enseignes, les grandes marques de la téléphonie et j’en passe, vous privatisez la culture, vous la marchandisez. A accepter tous ces logos qui se multiplient sur les catalogues, sur les cartels des oeuvres, sur les panneaux dans les salles, vous rendez la culture dépendante de la publicité et de l’hyperconsumérisme.

 

Quelle négation même de la culture qui émancipe que de l’aliéner au financement publicitaire. Dorénavant, même dans un musée nos regards vont subir le kidnapping du matraquage du logo et de son mécanisme de conditionnement, de manipulation. Car ne nous leurrons pas : Pourquoi les mécènes des grandes entreprises et banques financent nos collections ? Soit par avantage fiscal, soit, en même temps par stratégie marketing, pour capter et fidéliser des clients, pour aaméliorer l’image de leur entreprises…

 

Je terminerai, une fois n’est pas coutume, par citer un socialiste, ancien ministre de la culture que tout le monde ici connaît, qui dénonçait récemment dans un petit ouvrage l’envahissement publicitaire sur nos villes, sur nos vies, il s’agit de Jack Lang :

 

« Impossible, à l’heure actuelle, d’échapper à la publicité. Elle a pris possession de l’espace public comme de notre intimité. »


A Paris, vous la laissez envahir nos musées.

One Comment

  1. merci beaucoup camarade Danielle…….
    c’est parfait……(sourire)

    Abdallah

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