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"À Paris, place au peuple !"

Intervention sur le rapport relatif à l’Espace des Blancs Manteaux

 

Mes cher-e-s collègues, à la lecture du rapport, on ne peut qu’être plus que surpris par un tel “bidouillage” et c’est l’expression la plus soft que j’ai trouvée, sur la gestion de cet espace !

 

D’abord je félicite l’actuel Maire du 4e, Christophe Girard, qui dès sa prise de fonction a voulu y mettre de l’ordre, sans tenir compte de l’appartenance politique similaire à la sienne de l’ancienne maire en fonction.

 

Mais ce dossier pose selon moi beaucoup de questions !

 

L’instruction étant en cours, je ne me prononcerai que sur le rapport. Mais Madame Bertinotti est clairement visée, et sans doute pas seulement, car la mairie de Paris est seule de pleine exercice et non la mairie d’arrondissement.

D’abord sur la forme :

Comment est-il possible que pendant tant d’années, 9 ans !,  la mairie du 4e ait pu ainsi gérer cet espace avec tant d’irrégularités ?

Quelle inertie, 34 années sans réévaluation des tarifs ! Une administration local qui ferme les yeux sur ces bidouillages, une inspection qui au début se contente des réponses de la mairie d’arrondissement à un questionnaire ! Une défaillance de contrôle de la mairie centrale stupéfiante !

 

La mairie du 4ème arrondissement, moyennant le versement de la redevance d’occupation dans la caisse publique, mettait l’espace des Blancs manteaux à la disposition du comité des fêtes pour l’organisation d’une manifestation. A son tour, le comité des fêtes mettait l’équipement à la disposition de l’organisateur de la manifestation, moyennant le paiement d’une somme d’argent supérieure à la redevance d’occupation. Avec l’argent collecté, le comité des fêtes finançait des manifestations d’animation locales…. Puis ce fut l’association “La Ruche du 4” qui se substitua au comité des fêtes….

 

Mais que faisaient le comité des fêtes puis l’association “La Ruche du 4” de l’argent collecté ? Aucun compte précis ? Aucune programmation transmise ? Qui présidait  le comité des fêtes puis la “Ruche du 4”? Y avait-il un lien entre les membres de leurs bureau et le parti de la Maire ? D’ailleurs le parti de la Maire a t-il réservé la salle des Blancs manteaux durant cette période et si oui, à quel tarif ?

Sur le fond :

Il est inacceptable que la réponse à ces irrégularités soit l’alignement des tarifs sur les prix du marché ! Il est nécessaire de distinguer les publics qui réservent : s’il s’agit d’associations, de partis, de syndicats, des prix préférentiels doivent s’appliquer. Car les associations, les syndicats et les partis politiques sont trois piliers essentiels de notre fonctionnement démocratique. Il est temps qu’on s’interroge sur le problème d’accès aux salles des partis politiques, qui est une base de la vie démocratique. Aujourd’hui les partis n’ont accès qu’aux préaux d’école pour y tenir des  “réunions de compte rendu de mandat” si ils ont des élus et que ces élus réservent les salles.

 

Si les manifestations sont lucratives ou totalement privées, on peut trouver normal d’appliquer les prix du marché. Et en même temps, est-ce le rôle d’un équipement public d’être loué pour des manifestations lucratives ? Aussi, il y a un gros problème à Paris pour les manifestations privées, par exemple pour des manifestations familiales, amicales : il n’y a pas  de salle abordable.

 

Aussi, au sujet de la création de l’intéressement à 75% des recettes de location des salles gérées par les conseils d’arrondissement, quel scandale ! On encourage la location lucrative des équipements au lieu de penser logique de service public, utile au développement de l’animation de la vie locale culturelle et démocratique, au service de l’intérêt général.

 

Le rapport de la Chambre Régionale des comptes émet deux recommandations :

  • La 1ère est totalement libérale ! Elle suggère de réviser régulièrement les tarifs afin qu’ils correspondent aux prix du marché ! On court derrière la spéculation des tarifs des salles ! L’espace des blancs manteaux est-il un équipement public au service de l’animation locale et de l’implication citoyenne ou bien un équipement public qu’il convient de gérer comme une entreprise d’accueil événementiel privée en dehors des horaires d’utilisation en semaine des scolaires et associations sportives ?
  • La 2nde invite à renforcer le dispositif de contrôle interne afin de mieux prévenir les risques d’irrégularités entre les services de la Ville de Paris et les mairies d’arrondissement.

 

Je considère qu’il faudrait surtout un contrôle démocratique citoyen dans le pilotage des ces équipements !

 

Contre les irrégularités, les dérives de corruption possible, tous ce qui gangrène notre fonctionnement démocratique du fait de collusion possible avec des intérêts privés, la meilleure garantie de transparence, c’est le contrôle citoyen, c’est la démocratie jusqu’au bout.

 

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