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"À Paris, place au peuple !"

Intervention sur le Plan de lutte contre la pollution

Mes cher-e-s collègues, nous sommes d’accord sur le constat : la pollution liée au trafic routier est une question de santé publique majeure. Nous sommes d’accord sur un objectif, réduire et assumer des interdictions pour les véhicules les plus polluants. Mais nous sommes en total désaccord sur la méthode pour y arriver.

 

La réponse principale de la majorité pour accompagner l’abandon des véhicules polluants dans Paris est d’engager des aides sans aucun critères sociaux et qui vont générer une profonde injustice sociale.

 

Pourquoi quelqu’un qui aurait déjà renoncé à sa voiture polluante ne pourrait-il pas bénéficier de la gratuité prévue pour un an sur le Pass Navigo ou leur abonnement vélib ? Qui aura les moyens de s’acheter une voiture électrique et de bénéficier de l’aide ? Pas ceux qui ont aujourd’hui des voitures polluantes anciennes et diesel ! Ce sont les mêmes d’ailleurs qui n’ont pas les moyens de se payer un parking souterrain et subissent les hausses de tarif du stationnement…Votre politique est vraiment antisociale, comment se peut-il que vous n’entendiez pas le ras-le-bol qui monte depuis début janvier ?

 

A juste titre, beaucoup d’autres élu-e-s franciliens, y compris PS dénoncent une aggravation de la fracture territoriale. La lutte contre la pollution ne doit pas se traduire par l’instauration d’une “no-go-zone” parisienne aux classes populaires qui n’ont pas choisi d’habiter loin de Paris ou loin de leur lieu de travail. Je vous passe tous les aspects aberrants des nomenclatures relatives aux voitures polluantes qui ne prennent pas en compte l’année de fabrication mais l’année d’immatriculation, mais il y aurait de quoi dire.

 

Quand donc la majorité municipale parisienne et du conseil régional Ile-de-France prendront-elles conscience que le problème central est celui de l’aménagement du territoire ? De l’impérieuse nécessité de réduire les distances domicile-travail pour réduire les déplacements subis, en créant dans chaque bassin de vie la mixité d’activités, emplois, logements, services publics, commerce, etc.

 

Votre réponse mes chers collègues s’accompagne qui plus est de l’illusion du tout électrique, de l’illusion de la voiture individuelle.

 

La voiture électrique individuelle n’est ni sociale, ni écologique. Il n’existe pas de “voiture verte”, tout comme le “capitalisme vert” est un mensonge ne serait-ce que du fait des batteries au lithium. Après des années où les gouvernements PS et UMP se sont bien plantés dans le lobbying pro diesel, vous voilà à jouer les VRP de Bolloré et des voitures électriques ! On sait pourtant que la recherche, si on l’émancipait des intérêts privés des lobbies pétroliers et pro-nucléaires pourrait nous amener d’autres réponses conforme à l’impératif de sobriété énergétique.  Il faut réellement s’attaquer à réduire le trafic routier, en permettant concrètement les alternatives à la voiture.  Et la gratuité des transports en commun est bien plus opérante que l’illusion de la voiture soit disant verte individuelle !

 

Je défends dans mon vœu l’extension progressive de la gratuité des transports en commun, l’instauration de critères sociaux aux aides pour l’achat d’un véhicule électrique, et la mise en place d’un dispositif « sécurité mobilité», permettant de façon transitoire aux personnes aux faibles revenus ne pouvant acquérir un véhicule électrique à la place de leur véhicule ancien et polluant, d’avoir accès à un parc de véhicule en prêt gratuit. En cohérence, je vous demande dans un autre voeu d’exiger le retrait de la loi Macron qui vise à encourager le développement des cars en concurrence du service public ferroviaire.

 

Il faut à la fois sortir de l’écologie punitive pour les plus bas revenus et du mirage des voitures « écologiques » qui n’existent pas. Vous ne faites ni l’un ni l’autre, je n’approuverai pas votre plan d’actions.

 

je vous remercie.

 

Le vœu que j’ai défendu dans ce lien.

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