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"À Paris, place au peuple !"

Amendement relatif au financement par le département de lait infantile pour les PMI

 

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Mme Danielle SIMONNET.- Souffrez, souffrez que la question de l’urgence sociale et de l’aide alimentaire mérite bien cinq minutes, mais je ne les prendrai peut-être pas dans leur globalité. Ecoutez, on est face à une urgence sociale qui ne fait que commencer. A la fois la période du confinement pour tout un tas de femmes et d’hommes s’est traduite par une perte totale des revenus ou une perte partielle, rendant la situation du quotidien extrêmement difficile.

Sur Paris, on a pu voir énormément d’initiatives de solidarité citoyenne extrêmement fortes, d’auto-organisation, qui ont vraiment montré à quel point les Parisiennes et les Parisiens sont solidaires. Mais prenons d’abord conscience que toutes ces initiatives solidaires d’auto-organisation et les initiatives de solidarité révèlent à quel point les politiques gouvernementales, nationales, et aussi nos politiques municipales, sont en dessous de tout et ne répondent pas à cette urgence sociale. Le premier problème sur lequel cela doit nous faire réfléchir, c’est bien celui-là.

Voilà pourquoi il me semble extrêmement important de continuer à promouvoir d’autres mesures à l’échelle nationale pour faire en sorte de protéger les hommes et les femmes de l’ensemble des risques, mais également de penser dans nos politiques municipales ce qui pourrait y répondre. D’abord, je continue à défendre que l’exonération des loyers pour toutes celles et ceux qui ont perdu totalement ou partiellement leurs revenus, est une mesure urgente à prendre, comme l’ont fait d’autres villes, comme Berlin, comme Barcelone, comme Lisbonne.

Maintenant, il y a nécessité, évidemment, d’augmenter ces aides alimentaires. Alors je soutiendrai, bien évidemment, cette délibération et je souhaite attirer votre attention sur un amendement budgétaire qui n’a pas pu être satisfait hier, mais sur lequel j’aimerais que l’Exécutif se penche le plus rapidement possible. Nous avons quelques structures qui se préoccupent de l’aide alimentaire et qui ont anticipé la question des tout-petits. Je pense notamment au “Restos du Cœur”, je pense à “Paris Tout P’tits”. Ce qui remonte du terrain, c’est que, hélas, c’est encore insuffisant malgré leurs efforts totalement remarquables. Il ne s’agit bien évidemment pas de les critiquer.

J’ai été en contact avec des femmes bénévoles auprès de la cellule “Covidom” de l’AP-HP et de la Croix-Rouge, et qui, pendant le confinement, ont pris conscience que des femmes qui venaient d’accoucher pouvaient se retrouver confrontés à des grandes difficultés. A la fois parce que, dans certaines maternités, on a pu leur dire, les dissuader d’allaiter parce qu’il y avait des grandes incertitudes sur le Covid et sa transmission. Ensuite, vous avez des femmes qui, parce qu’elles s’alimentent insuffisamment du fait de leur précarité, ont eu des blocages de leur lactation et ont été donc confrontées à devoir acheter du lait premier âge, et se retrouvent dans une situation où elles ne peuvent pas payer ce lait premier âge. On a donc des femmes qui ont des nourrissons, des nourrissons qu’elles ont “nourris” un jour sur deux avec de l’eau de cuisson du riz. Voilà, ça se passe à Paris, ça se passe aussi dans le 93, mais ça se passe aussi dans notre capitale, dans les quartiers populaires. Evidemment, autour des nourrissons, donc des enfants de moins de trois ans, il y a aussi toutes les problématiques des produits d’hygiène, des couches-culottes, des petits pots. Tout cela coûte très cher.

Et donc, ces trois femmes ont mené une action vraiment extraordinaire, parce qu’elles ont été capables dans un temps record de monter une association “MaMaMa”, de contacter les grands groupes industriels, de pouvoir collecter des dons, mais avec des quantités – c’est en tonnes que ça se… voilà -, de trouver un local pour les stocker, d’avoir des négociations avec des transporteurs, et elles ont pu organiser les livraisons. Ce qu’elles ont constaté, c’est que dans nos P.M.I., les P.M.I. n’ont pas de ligne budgétaire pour acheter les produits de première nécessité pour les nourrissons. Et donc, elles ont commencé un travail de partenariat dans le 93, et elles commencent à le mettre en place, et elles ont des contacts sur Paris. Parce que les P.M.I. sont, en fait, nos services publics sont les premiers en contact avec les femmes qui subissent cette très grande précarité. Et donc, l’idée, c’est, tant que la collectivité parisienne n’a pas anticipé comment permettre aux P.M.I. de pouvoir répondre à ces demandes d’urgence vitales, terribles pour les tout-petits, de faire en sorte de construire des partenariats pour qu’elles puissent, elles, s’occuper de la livraison à domicile, y compris des familles si c’est trop compliqué pour les P.M.I. de le gérer. Elles ont même créé un numéro de téléphone exprès pour.

Je terminerai pour dire que le département du 93 a d’ores et déjà alloué une subvention à cette association pour qu’elle puisse immédiatement poursuivre son engagement dans le 93. Il faut vraiment qu’au niveau de Paris, on prenne aussi la mesure et que l’on puisse aussi travailler avec les “Restos du Cœur”, “Paris Tout P’tits” et “MaMaMa” pour pouvoir vraiment anticiper cette question des tout-petits.

Je vous remercie.