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"À Paris, place au peuple !"

Voeu relatif aux catégories B

Mes chers collègues, le débat relatif à la traduction à Paris de la réforme de la catégorie B est un débat capital, car il concerne 15.000 agents.

Nous ne devons pas l’aborder sous l’angle d’un débat technique ou d’un débat tellement contraint par les décrets d’application, que nous n’aurions pas de marge de manoeuvre.

Penser les perspectives de carrière et les rémunérations des personnels de la Ville de Paris, c’est contribuer concrètement, en cette période de crise, à défendre les salaires et le pouvoir d’achat. C’est également défendre la qualité des services rendus aux Parisiennes et aux Parisiens par le respect des agents qui y contribuent. La réforme de la catégorie B substitue aux 3 grilles précédentes, une seule, dite “Nouvel Eespace Statutaire” qui prend acte du rallongement de la durée des cotisations.

Cette réforme est appliquée dans un contexte particulier de grandes inquiétudes ne l’oublions pas.

La logique libérale du Gouvernement reste celle de l’obsession de la réduction des déficits publics, mais non pas en recherchant à augmenter les recettes de l’État, mais au contraire en accélérant la défiscalisation des plus riches ! On a pu admirer avec quel talent le Gouvernement a fait son tour de passe-passe : grosse communication autour du bouclier fiscal supprimé, si impopulaire, mais dans le même temps, silence radio sur la suppression en cours sur l’impôt sur les grandes fortunes.

Résultat : c’est toujours aux mêmes de payer, notamment les fonctionnaires dont on réduit le nombre en supprimant le renouvellement des départs en retraite, et les salaires et des carrières des fonctionnaires que l’on veut geler et bloquer. Et au final, le pouvoir d’achat qui baisse quand les salaires n’augmentent pas, alors que toutes les factures, elles, montent en flèche : l’électricité, l’alimentaire, le loyer. Peu importe la dégradation des services publics engendrée, ils sont de toute façon voués à la marchandisation.

Cette politique est largement encouragée par l’Union européenne et le F.M.I. On en voit les résultats catastrophiques en Grèce ou encore au Portugal et ce qui s’annonce n’a rien de réjouissant. Je parle du pacte de stabilité ou pacte pour l’euro que l’on pourrait rebaptiser « le pacte des libéraux ».

Pour permettre aux États déficitaires d’emprunter, ils doivent accepter les pires plans d’austérité. Pour rétablir la mainmise du FMI, de la Commission européenne et de la BCE sur les budgets et les politiques des États-membres, le mécanisme qui est en train de se mettre en place va faire l’objet d’une simple révision simplifiée du traité de Lisbonne. Eh oui, sans référendum ! Et nous pouvons nous y opposer. Les députés européens du Ffront de Gauche ont voté contre ; les députés socialistes et les députés d’Europe écologie les Verts auraient pu voter contre également.

Alors, on ne le dira jamais assez, il n’y a pas de fatalité et encore moins une seule politique possible.

Face à ce constat, nous ne sommes pas impuissants. Des résistances nationales et municipales peuvent s’organiser en soutenant des politiques alternatives.

Notre ville, la Ville de Paris par exemple, peut jouer un rôle de bouclier social et décider de s’engager volontairement dans la hausse des salaires de ses agents. Nous disposons de marges de manoeuvre importantes, notre dialogue social doit être exemplaire, mais pour l’heure, nous pensons qu’il y a encore beaucoup à faire.

Sachons qu’à Paris, ce sont 32.000 des catégories C et B qui sont concernés par les bas salaires. Prenons le problème d’abord de la catégorie C. Certains agents de la catégorie C effectuent de fait le même travail que des agents de la catégorie B, nous devons leur permettre d’accéder à la catégorie B. C’est ce que propose le groupe communiste et des élu-e-s du Parti de Gauche , ce serait là l’honneur de la Mairie de Paris de reconnaître le travail de sces agents.

S’agissant de la catégorie B, nous pouvons décider d’augmenter de 50 % par an sur deux ans le ratio de promus promouvables.

Ainsi, tout en restant dans le cadre de la réforme de la catégorie B, nous pouvons réellement faire progresser les carrières des agents de façon volontariste en permettant à l’intégralité des fonctionnaires de la catégorie B de changer de grade. Cela nous permettrait de rattraper la perte de pouvoir d’achat subie par les agents dont les salaires sont nivelés vers le bas depuis 20 ans.

De nombreuses villes, de gauche bien sûr, s’engagent sur les 100 % promus promouvables. La Ville de Paris doit également s’y engager.

Par ailleurs, faisons attention, mes chers collègues, à ne pas organiser nous-mêmes une politique de mise en concurrence des agents entre eux. Ce ne doit pas être là notre logique politique. Nous savons pertinemment que des agents de la Ville, anciens, peu rodés aux nouvelles technologies, peuvent avoir du mal à progresser face à des agents nouvellement entrés et surdiplômés.

Dans les rapports entre ratios de promotion par concours et ratios au choix, soyons beaucoup plus attentifs à ceux-là.

Pour finir, il nous semble, au niveau du groupe Communiste et élu-e-s du Parti de Gauche, que les choix des ratios promuis/promouvables ne doivent plus, à Paris, relever seulement du pouvoir du Maire par arrêté. Ce ratio devrait faire l’objet de négociation en C.T.P.

Aussi, comme c’est le cas dans de nombreuses villes de gauche et également dans des villes de droite, il devrait être soumis à un débat et au vote de notre Conseil de Paris. Notre politique vis-à-vis des personnels de la Ville est partie intégrante de notre politique vis-à-vis des Parisiennes et des Parisiens. Faisons sur ce sujet le choix du débat démocratique, toujours, le choix du débat démocratique, encore.

Le groupe Communistes et élu-e-s du Parti de Gauche reviendra sur ces questions d’importance dans les séances à venir et il vous sera présenté un amendement voeu concernant la catégorie C et la catégorie B.

Je vous remercie.