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"À Paris, place au peuple !"

Voeu relatif à des mesures ambitieuses pour la généralisation des jardins partagés sur les terrains des bailleurs sociaux

Mme Danielle SIMONNET. – Non, je suis inscrite sur la délibération. J’ai donc droit à 5 minutes.

 

Mme Danielle SIMONNET. – Voilà. Je vous remercie.

Je pense qu’il est réellement important d’encourager le développement des jardins partagés. J’en profiterai pour présenter mon vœu en même temps, bien évidemment, chers collègues, concernant la proposition que nous prenions des propositions bien plus ambitieuses pour la généralisation de jardins partagés sur les terrains des bailleurs sociaux. Pourquoi sur les terrains des bailleurs sociaux ? Parce que cette démarche de jardin partagé sur le terrain des bailleurs sociaux permet non seulement d’être dans la continuité de la réflexion contemporaine sur les communs, mais aussi de reprendre l’héritage des jardins ouvriers. On pourrait aussi faire référence à la tradition médiévale des biens communs. Mais c’est aussi permettre de proposer une autre vision de l’espace public urbain et de la vie en collectivité, toujours avec le principe du partage, de la gratuité et de l’usage de la terre.

Oui, comme cela a été rappelé précédemment, nous en sommes à 125 jardins partagés ouverts au public, principalement sur des terrains qui appartiennent à la Ville, pour 88 d’entre eux. Il y a néanmoins déjà 24 jardins partagés sur des terrains qui appartiennent aux bailleurs sociaux. Finalement, quand on compare avec la ville de New York, c’est assez peu. Je pense que l’on peut aller bien plus loin.

La création de jardins partagés et la création de jardins proposés par la Ville de Paris dans le cadre du programme “Main verte”, repose sur l’initiative de structures associatives qui vont repérer un lieu de type friche, propice à l’installation d’un jardin partagé, et vont réaliser des démarches auprès des services municipaux. Nous avons bien conscience que cette procédure permet, et c’est essentiel, une appropriation collective de l’espace et du projet d’implantation du jardin partagé, parce que, justement, au démarrage, il y a un projet d’associations qui sont pleinement investies dedans. Pour autant, je pense que l’on peut compléter la démarche par des démarches institutionnelles de la Ville et des bailleurs sociaux, qui visent justement à créer les conditions d’émergence de tels projets. Proposer et aménager des lieux aux habitants pour généraliser les jardins partagés.

D’ailleurs, je tiens à saluer, dans les 24 démarches des bailleurs sociaux, des démarches positives engagées, par exemple, par Paris Habitat pour accompagner la création de jardins partagés. Je pense notamment au jardin Santerre, au 107, rue de Reuilly, dans le 12e arrondissement, avec également une démarche de compostage aux pieds d’immeuble en soutien au projet d’un habitant (?) ; au potager de Mathurin dans le 19e arrondissement ; à l’Amiral-Roussin dans le 15e arrondissement ; aux jardins familiaux rue Watteau ; boulevard de l’Hôpital dans le 13e arrondissement ; au jardin de Falbala dans le 14e arrondissement, etc.

Mais il y a d’autres territoires qui vont bien au-delà. Par exemple, la région PACA a publié en 2014 un guide pratique destiné aux bailleurs sociaux, avec pour objectif de favoriser le développement des jardins familiaux dans les programmes immobiliers gérés par les organismes H.L.M. C’est une démarche dont la Ville de Paris pourrait totalement s’inspirer.

Je voudrais également réagir sur le fait que la Ville de Paris communique très souvent sur la démarche de “Parisculteurs”. “Parisculteurs” tend à donner la priorité aux jardins créés sur les toits plutôt qu’en pleine terre. Je ne dis pas que je suis contre les toitures végétalisées, mais je pense que la priorité est d’être sur la pleine terre. Avant de prendre de la terre et de la mettre au-dessus de nos toits, faisons en sorte que partout où des plantations en pleine terre sont possibles, on s’en empare. Cela me semble être la priorité.

Je trouve que, dans ce contexte, il serait intéressant et pertinent d’étudier, avec les bailleurs sociaux, un vaste plan pour des jardins partagés, des jardins à partager visant à créer concrètement les conditions pour que chaque résident du logement social puisse avoir accès à un jardin partagé, et notamment inciter les bailleurs à répertorier l’ensemble des lieux qui pourraient être adaptés à la création d’un jardin partagé. Ce serait déjà une démarche qui inciterait. Que les bailleurs fassent ce travail.

Deuxièmement, que l’on organise des campagnes de porte à porte, des marches exploratoires, des réunions en pied d’immeuble pour solliciter les associations de quartier, les associations de locataires. Appuyons-nous, et cela peut être aussi un vecteur de remobilisation d’associations de locataires, pour informer les habitants de la possibilité qu’ils puissent créer des jardins partagés et mettre en relation les personnes intéressées, permettre la formation des habitants aux rudiments du jardinage, mobiliser les agents afin de suivre la mise en œuvre de ces jardins : expertises techniques, aide à l’organisation en lien avec les gardiens d’immeubles, par exemple.

Voilà tout le projet, de manière globale, qui pourrait être fait autour de jardins partagés via les bailleurs sociaux. C’est l’esprit du vœu que je présente, rattaché à cette délibération.

Je vous remercie.

 

Mme Danielle SIMONNET. – Tant que les locataires de bailleurs de logements sociaux n’ont pas accès aux espaces possibles sur lesquels ils peuvent se projeter pour des jardins partagés. J’ai bien précisé dans mon vœu que des choses se faisaient. Je pense que l’on peut aller plus loin. Mon vœu est pertinent. Je vous remercie, je le maintiens.

 

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