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"À Paris, place au peuple !"

Il ne faut pas bétonner les bords de Seine

La délibération prévue pour un projet de bétonisation des terrains de bords de Seine en face de la Maison de la Radio a finalement été retirée de l’ordre du jour. Mon projet de voeu qui s’y opposait avait largement été diffusé par l’association France Nature Environnement et l’association “La Seine n’est pas à vendre s’y était également opposée. face à ces contestations et le caractère complètement en dehors des clous de différentes réglementation, l’exécutif a préféré retirer la délibération. reste à être vigilant qu’il n’essaye pas de représenter le projet autrement.

Je suis intervenue sur la délibération relative à une “Extension mineure du périmètre de protection des rives de la Seine au titre du patrimoine mondial de l’UNESCO et création d’une zone tampon unique pour les sites « Paris, rives de la Seine » et Tour S”. J’ai également soutenu le voeu de Yves Contassot (Générations) qui proposait : « La zone tampon est agrandie pour intégrer les quais hauts côté fleuve et les quais bas de la Seine sur l’intégralité du bief intramuros ». Hélas, il a été rejeté.

 

 

Mme Danielle SIMONNET.- Je voterai l’amendement et le vœu qui viennent d’être présentés par M. CONTASSOT, parce qu’il me semble essentiel de regarder la Seine autrement que comme elle l’a été, hélas, par cette assemblée à travers plusieurs délibérations, l’une ayant été retirée de l’ordre du jour de ce Conseil, l’autre de l’ordre du jour d’un Conseil précédent. Il faut à tout prix prendre conscience qu’avec l’aggravation du réchauffement climatique, non seulement les fleuves et les cours d’eau sont des biens communs naturels à préserver, mais aussi d’indispensables couloirs de ventilation et de rafraîchissement des quartiers denses de Paris. Premièrement.

Deuxièmement, la Seine, patrimoine de l’UNESCO, est un fleuve qu’il faut préserver de toute bétonisation. Il ne faut donc pas penser simplement à des extensions mineures des zones tampon. Oui, je souscris au fait d’étendre la zone tampon à l’ensemble du fleuve, qu’il s’agisse des quais hauts de la Seine, côté fleuve, comme des quais bas. Cela me semble nécessaire parce que toute la Seine relève du patrimoine mondial, pas simplement certains morceaux à certains endroits et pas à d’autres. Autrement, ce n’est pas cohérent.

Je voudrais revenir sur la délibération qui nous avait été présentée, puis a été retirée. C’était la DU 13. Dans le cadre du projet “Réinventer la Seine”, sous le prétexte du terme “innovation”, on était en train d’opérer une grande régression datant d’avant le président de Gaulle. Souvenez-vous, le général de Gaulle avait fait construire le grand bâtiment de la maison de la Radio. L’esprit de l’architecte, à l’époque, était de ne pas construire jusqu’à la Seine et de préserver le terrain, sur lequel il y a en partie des parkings, pour garder la possibilité de faire un grand parvis jusqu’aux berges du fleuve. Les terrains avaient été expropriés pour garder cette continuité et cette vue. A l’époque, ce n’était pas pour des raisons écologiques, mais pour des raisons architecturales et de rapport au fleuve et aux monuments dans la ville.

Or, à travers le projet “En Seine”, il avait été prévu de faire financer une partie du projet sur les parkings par la construction d’un bâtiment lucratif, spéculatif. Sous couvert d’enseignement, il s’agit tout de même d’une école privée. Pour l’autofinancement, c’est toujours la même règle : on veut absolument autofinancer les projets. Du coup, c’est la spéculation qui prend le pas sur la ville pour financer d’autres projets, ce qui est une aberration. C’est ainsi que l’on se rend compte que la spéculation a pris le pas dans Paris. On a bétonné là où il faudrait, au contraire, reconquérir les berges de Seine au sens d’une reconquête citoyenne écologique, à travers un accès non bétonné de la Seine. Je rappelle un autre projet, où il avait été question de faire carrément des ponts centres commerciaux au-dessus de la Seine. Mais quelle folie !

J’ai bien vu que les délibérations avaient été retirées, mais, par voie de presse, on nous annonce qu’elles sont retirées pour être mieux reposées à d’autres moments. Il en est de même pour le projet sur la place Mazas. Il faut cesser ces folies. Paris est une ville extrêmement dense. On a libéré les voies sur berges de la voiture. Ce n’est pas pour bétonner les bords de Seine dans différents projets de construction.

Il me semble donc extrêmement important de voter l’amendement et le vœu qui ont été présentés.

Je vous remercie.

 

Vœu pour la préservation des terrains de bords de Seine en face de la Maison de la Radio rattaché à la délibération DU13

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