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"À Paris, place au peuple !"

Vœu pour une étude indépendante d’opportunité de municipaliser la collecte des déchets et de Trilib

Mme Danielle SIMONNET. – Comme c’est mon avant-dernière intervention de cette séance, et que j’ai bien entendu tout à l’heure l’intervention de Pascal JULIEN qui regrettait et souhaitait plus de spectacle, je me permets très solennellement de vous inviter, toutes et tous, à ma prochaine conférence gesticulée sur “Paris vendue”, le 30 novembre, au cirque Romanès. C’est gratuit et le cirque Romanès est un cirque sans animaux. On pourra donc tous se retrouver. Vous imaginez que le thème “Paris vendue” est tout à fait à propos par rapport à cette délibération que nous avons à débattre et au vœu que je présente.

Evidemment, je me retrouve à travers l’intervention de M. BÉGUÉ, qui déplore et dit ne pas comprendre pourquoi la collecte des déchets par le biais de Trilib’ va se faire avec une entreprise privée, et pourquoi on ne remunicipalise pas la collecte des déchets dans les arrondissements où elle est en lien avec le privé. J’ai peut-être une réponse : peut-être que notre majorité municipale n’assume pas la logique des biens communs et peut-être qu’une “macronisation” libérale l’a contaminée, et ce, depuis fort longtemps. Mais vous allez dire : peut-être est-ce une interprétation tout à fait personnelle.

Pourtant, quand on regarde un peu mieux la situation… Regardons franchement les choses. Nous savons que la collecte des déchets, quand elle est faite par le privé, la tonne de déchets coûte 15 euros plus cher que lorsqu’elle est collectée par le public. On l’a vu quand on a municipalisé l’eau. La régie publique de l’eau a permis de mettre un coup d’arrêt à l’évolution progressive du prix de l’eau et, au contraire, de pouvoir baisser l’eau. Pourquoi ? Parce que lorsqu’on est en régie publique, notre objectif est de préserver justement ces communs, de faire l’intérêt général et non pas de rechercher à accumuler du profit pour les intérêts privés de quelques-uns. Il me semble donc important d’entendre ce débat, et peut-être qu’un jour, on sortira de la logique complètement libérale et dogmatique là-dessus.

Concernant le futur marché Trilib’, c’est également bien dommage puisque l’on met en place un nouveau mobilier urbain pour promouvoir le tri des déchets. Il va être soumis à un appel d’offres confiant la collecte à une entreprise privée, alors que ce mobilier sera la propriété de la Ville de Paris et que les conducteurs de la DPE ont toutes les compétences pour assurer cette mission. Il n’y a aucune étude comparative qui a pu nous démontrer que ce serait beaucoup plus intéressant de le faire par le privé, à part si l’on souhaite – et que ce soit un objectif – maltraiter les salariés. Parce que là, par contre, on a une bonne expérience. A travers Vélib’, Streeteo, on voit à quel point le recours à ces entreprises privées nous offre une garantie : les salariés sont maltraités à l’arrivée.

J’espère que ce n’est pas cet objectif cynique qui serait recherché, même si je me souviens de discussions étranges, en 2008, dans le groupe Socialiste auquel j’appartenais, qui nous expliquait que, finalement, la collecte des déchets, si elle était gérée dans la moitié des arrondissements par le public et dans la moitié des arrondissements par le privé, cela permettait de ne pas être otage des grèves des syndicats. Ce discours-là, je le trouvais totalement regrettable hier. Je ne l’ai pas entendu dans cette assemblée. Il n’est visiblement toujours pas assumé publiquement, mais je crains, hélas, que ce ne soit la réelle motivation dans cette affaire, et c’est tout à fait déplorable.

Je terminerai mon intervention par conclure sur le vœu que je présente. Je souhaite que l’on commande une réelle évaluation comparative, indépendante, entre la collecte en régie directe et en marché privé, et que l’on engage un vaste débat, une concertation citoyenne, une concertation avec les représentants du personnel de la propreté et de l’assainissement, pour réexaminer l’opportunité de poursuivre la délégation au privé d’une partie de la collecte, ou de la remunicipalisation partielle ou totale sur Paris. Je n’entre pas dans les détails, mais cela tombe sous le sens quand on regarde la situation et l’évolution des arrondissements du centre de Paris, qui vont devenir un seul et même arrondissement. Certains anciens arrondissements sont en privé, les autres en public. En plus, il s’agit là d’une problématique de réduction de la circulation, donc avoir toutes ces collectes en horaires différents est une aberration.

Je souhaite aussi, dans ce vœu, que nous envisagions notamment la municipalisation de la collecte de Trilib’ et que l’on affirme qu’à l’issue de l’étude indépendante et des concertations, la Ville de Paris pourra s’engager dans la municipalisation et annule tout de suite les appels d’offres engagés, afin de permettre d’abord et avant tout un réel choix politique éclairé.

Je vous remercie bien.

 

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