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"À Paris, place au peuple !"

Voeu contre la criminalisation des citoyen-ne-s qui viennent en aide aux exilés

Conseil de Paris des 30 et 31 janvier et 1er février 2017

Sur proposition de Danielle Simonnet

Voeu contre la criminalisation des citoyen-ne-s qui viennent en aide aux exilés

 

Considérant que Cédric Herrou, agriculteur de la vallée du Roya, a comparu le 4 janvier dernier au tribunal de Nice pour “aide à l’entrée, au séjour et à la circulation d’étrangers en situation irrégulière” avec un  risque d’être condamné à huit mois de prison avec sursis pour être venu en aide à des réfugiés,

 

Considérant que, pour avoir été vu en compagnie de 3 Erythréens mineurs qu’il avait recueillis, il a été arrêté le 18 janvier, le procureur de la République de Nice ayant ordonné à une trentaine de gardes mobiles armés d’arrêter ces trois mineurs, hébergés par Cédric Herrou dans l’attente, depuis plus d’un mois, d’une prise en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance,

 

Considérant que le domicile de Cédric Herrou a alors été perquisitionné par une vingtaine de gendarmes armés et casqués, ses occupants menottés, et que son frère, une autre citoyenne solidaire, ainsi que les 3 mineurs qu’il accueillait, ont été arrêtés,

 

Considérant que Cédric Herrou a alors subi 36 heures de garde à vue, avant d’être libéré,

 

Considérant que Lisa Giachino, journaliste rédactrice en chef du journal L’Âge de faire, a été dans la nuit du 19 au 20 janvier placée en garde à vue à Menton, après avoir été arrêtée pour “aide aux migrants” alors qu’elle réalisait un reportage dans la vallée de la Roya, dans le cadre d’un dossier consacré à “Cette France qui accueille”,

 

Considérant que le procureur de la République de Nice a précisé que “Elle a été placée en garde à vue pour faire la démonstration qu’elle réalisait bien un reportage, et non une aide aux migrants.”,

 

Considérant que lorsqu’elle a été libérée, les policiers ont intimé à la journaliste de ne plus être vue en compagnie de migrants, et lui ont recommandé de demander une autorisation à la préfecture pour son prochain reportage,

 

Considérant que le citoyen parisien Houssam El Assimi a été à deux reprises traîné dans les tribunaux pour avoir participé à une manifestation le 12 août, puis pour s’être retrouvé le 30 septembre à Stalingrad aux côté des migrants évacués par les forces de police,

 

Considérant que dans les deux cas les témoignages vidéos attestent qu’il n’a commis aucune violence mais témoigné de sa solidarité avec les exilés,

 

Considérant qu’il a bien été arrêté car connu par les services de police comme un soutien actif des actions de solidarité avec les exilés,

 

Considérant que Houssam El Assimi a été relaxé lors de son premier procès mais que son deuxième procès a été ajourné au 5 août,

 

Considérant que s’il est impératif de résoudre les causes pour lesquelles des centaines de milliers de réfugiés sont contraints de partir de régions en guerre ou en péril économique grave, la France se doit d’accueillir dignement celles et ceux qui arrivent aujourd’hui sur notre sol,

 

Considérant qu’il est scandaleux que l’Etat criminalise ceux qui font preuve de solidarité en aidant et en hébergeant des migrants,

 

Considérant que l’on assiste, au delà des exemples présentés, à une politique plus globale d’intimidation des militants mise en oeuvre, qui déshonore la république quand ces mêmes citoyens, eux, l’honorent,

 

Sur proposition de Danielle Simonnet, le Conseil de Paris émet le voeu que la Maire de Paris interpelle le gouvernement pour que cesse cette politique répressive envers les réfugié-e-s et celles et ceux qui pallient une mission de solidarité que l’Etat se devrait d’assurer.

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