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"À Paris, place au peuple !"

Une rue au nom de Maximilien Robespierre ?

Mes chers collègues, oui, revoilà un débat qui se poursuit à Paris depuis plusieurs décennies et sur lequel nous sommes déjà intervenus. Je pense notamment à mon cher collègue Alexis CORBIÈRE.

Franchement, comment expliquer que celui qui, le premier, formula dans un discours de 1790 notre triptyque républicain “liberté, égalité, fraternité”;

Comment expliquer que celui qui sans soute fut la figure la plus connue de la grande Révolution française, fondatrice de notre République ; Comment expliquer que celui qui intervint pour la fin du colonialisme à l’assemblée nationale pour l’émancipation des juifs, pour le droit de vote des comédiens qui étaient alors exclus? ;Comment expliquer que celui qui porta haut les exigences d’égalité de la Révolution française ; Bref, évidemment, il s’agit de Maximilien Robespierre.

Comment expliquer que cet ancien député de Paris n’ait pas une rue, une place, un lieu de mémoire en son nom? Comme vous le savez, pour sauver les archives de Robespierre de leur mise aux enchères, l’Etat a préempté pour 700.000 euros pour sauver ce patrimoine national. De nombreux historiens réputés ont interpellé le maire de Paris à ce sujet.

Il y a un an, vous nous avez dit que ce personnage historique n’était pas consensuel, mais qu’on approuve ou non totalement son rôle historique dans la Révolution française, et quelle que soit la place exacte qu’on lui attribue dans la Révolution française, il fut un personnage central de la Révolution française et de notre République.

Alors n’oubliez pas, par ailleurs, que nous célébrons en ce moment la Commune de Paris et que je vous rappelle il y a toujours une rue Thiers à Paris, notamment dans le 16e arrondissement.

Je conclus : nous demandons à travers ce vœu du groupe communiste et élus du parti de gauche que soit nommée une rue ou une place à Maximilien Robespierre, où un groupe de réflexion soit créé pour que Paris honore dignement, dans les meilleures conditions, ce personnage majeur de la grande Révolution et de la République française.

Je vous remercie.

Au nom du groupe socialiste, Jean Pierre Caffet, son Président, intervient contre le vœu. Dans son argumentation, contre le fait que l’on honore la mémoire de Robespierre, il invoque le caractère non consuel de la demande. Il ajoute que Robespierre, à l’initiative de la référence à « l’ëtre suprême et l’immortalité de l’âme », ne défendait pas la laïcité. Certes, Robespierre était déiste. Mais le culte de l’être suprême renvoyait aux idéaux des lumières, à la défense inconditionnelle de la liberté, d’expression, de culte. Certes, à l’époque il y avait débat avec la référencet au culte de la raison. Mais il s’agissait pour Robespierre de trouver un absolu qui soit une « sanction transcendante dans le domaine politique ». Le culte de l’Être suprême se traduisait par une série de fêtes civiques, destinées à réunir périodiquement les citoyens et à « refonder » la Cité autour des valeurs surtout sociales et abstraites comme l’Amitié, la Fraternité, le Genre Humain, l’Enfance, la Jeunesse ou le Bonheur, la fraternité et surtout le genre humain avec des traductions très concrètes comme l’abolition de l’esclavage. Bref, défendre l’idée de la vertu républicaine. N’ayant plus que quelques secondes pour lui répondre, voilà ce que j’ai pu exprimer :

Mme Danielle SIMONNET. – Mes chers collègues, certains ont voté une place Jean-Paul-II. Franchement, faisait-elle consensus ?

Du point de vue de la laïcité, cela ne vous posait aucun souci, moi beaucoup, sans parler du droit des femmes, des homosexuels, de la lutte contre le sida…..

Que l’on ne soit toujours pas capable d’honorer quelqu’un qui fut l’un des fondateurs de la République n’est pas glorieux de la part de cette assemblée.

Ce débat va donc se poursuivre et nous savons que les historiens aussi continueront à le mener avec nous.