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"À Paris, place au peuple !"

Sur la crise du logement

Mme Danielle SIMONNET.- J’en profiterai d’abord pour rappeler à M. Jean-Louis MISSIKA, suite à la réponse qu’il m’a faite précédemment concernant les mètres carrés de bureaux vides, où vous disiez qu’il n’y en avait pas dans Paris. Alors, il faudrait peut-être regarder dans votre majorité, votre Exécutif avec M. Ian BROSSAT – normalement, il est assis à côté de vous – et que vous essayez de voir pour que les vœux de l’Exécutif soient raccord. En effet, dans le vœu de l’Exécutif précédemment proposé par Ian BROSSAT, il y a un considérant qui dit “considérant l’objectif parisien de transformer 250.000 mètres carrés de bureaux vides en logements d’ici 2020”. En même temps, c’est peut-être le moment ou jamais, 2020, c’est bientôt, que vous preniez conscience qu’il y a beaucoup de mètres carrés de bureaux vides.

Pour en revenir maintenant sur la délibération dont il était question, je dirai à Monsieur Éric AZIÈRE, non, il n’y a pas trop de logements sociaux ni dans Paris ni dans cet arrondissement. C’est faux. Je ne sais pas comment vous expliquez la situation dans laquelle nous sommes. Au contraire, il n’y a pas assez de logements sociaux et, dans ce projet, il n’y a pas assez de logements réellement sociaux, très sociaux. Parce que cette majorité qui continue à faire 30 % de logements P.L.S. parmi les logements sociaux, cela amène à ce que votre construction de logements sociaux n’a pas absorbé la disparition de loyers accessibles dans le parc privé. Vous n’avez pas su l’absorber.

Et voilà pourquoi vous avez totalement contribué à la gentrification de Paris, et il n’y a plus 36 % d’ouvriers employés, il n’y en a plus que 25. Votre seule réponse de l’Exécutif est de dire si cela n’avait pas été nous, cela aurait été pire encore. Sans doute, avec d’autres majorités, c’eut été pire, mais reconnaissez que, pour faire rêver et redonner sens à la politique, dire que nous, nous incarnons les moins pire, on fait mieux. Soit on a la volonté et on aspire à faire une ville qui réponde à l’exigence de justice sociale et climatique, et à ce moment-là, on se donne d’autres ambitions.

Bien sûr, justement avec cette délibération, je trouve également que nous manquons d’ambition. La Ville manque d’ambition. J’estime que ce projet d’éco-quartier pose des problèmes de densification qui ne respectent pas l’urgence écologique, et aussi l’histoire du lieu et l’urbanisme du quartier.

Mais cela pose aussi et surtout des problèmes de justice sociale dans la programmation du projet. Oui, nous n’avons pas assez de logements et de logements vraiment sociaux, et trop peu de prise en compte de l’écosystème qui s’était développé. Je rappelle que l’écosystème qui s’était développé, c’est par exemple l’association B.A.M. qui, de fait, se fait dégager de ce lieu. Je regrette le sectarisme du groupe Communiste à l’égard de mon vœu. Il devrait se féliciter que nous soyons plusieurs groupes à défendre une même association, mais pour information du groupe Communiste, à chaque fois que je défends un vœu qui concerne une association, je fais relire ce vœu par l’association. Donc, c’est une conception, une façon d’agir et de faire.

Donc, sur trois hectares et demi, il eut été possible de penser autrement le projet. Je vous remercie.