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"À Paris, place au peuple !"

Sur la contamination au plomb

Mme Danielle SIMONNET.- Madame la Maire, avec le changement climatique et l’effondrement des écosystèmes, la santé environnementale est au cœur de la question écologique et aux racines de la justice sociale.

Avec l’incendie de Notre-Dame, Paris n’a pas seulement connu une tragédie, ce 15 avril. Notre ville a aussi traversé le brouillard volontaire d’un mensonge en réunion, révélé par une journaliste de Mediapart, Pascale PASCARIELLO. Grâce à son travail et à celui d’associations lanceuses d’alertes, notre conscience du risque en termes de santé environnementale a été éveillée. “Libération” nous apprend ainsi : “Le 6 mai, réunion en catimini dans les bureaux de l’A.R.S. Le laboratoire de la préfecture de police de Paris vient de présenter les résultats des premiers prélèvements devant la Ville de Paris, le Centre antipoison, la Caisse régionale d’Assurance Maladie et la Direction générale du travail. Les autorités, toutes, sont présentes, donc informées, mais décident, à l’issue de la réunion, de ne pas rendre l’information publique. Mediapart accède aux résultats et les publie le 4 juillet. Les taux de concentration seraient 400 à 700 fois supérieurs au seuil autorisé. Le ministre de la Culture avait sollicité un bureau d’études spécialisé dans la dépollution qui préconisait un confinement total de la cathédrale et la décontamination du plomb. Le projet a été enterré, au risque d’une grave crise sanitaire”. Pourquoi, là aussi, la Ville n’a rien dit ? Comment est-ce possible, Madame la Maire, Madame l’adjointe à la santé, que la Mairie de Paris ait décidé de dissimuler des informations vitales pour la santé publique ? Est-on aujourd’hui sorti du mensonge ?

Le 3 juillet, une station d’épuration, Seine-Aval, du Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne, est en feu. Il s’agit d’un site Seveso “seuil haut”. Des tonnes de poissons morts jonchent la Seine dans les jours qui suivent. L’association “Robin des Bois” alerte à nouveau. La Seine était alors en période d’étiage. Les égouts de l’Ouest parisien venaient de recevoir de lourdes charges de poussière de plomb après, notamment, l’incendie de Notre-Dame. De plus, l’usine du SIAAP en question avait fait l’objet de 4 mises en demeure du préfet des Yvelines en 2018. Pourtant, du côté des représentants de la Ville de Paris au sein du SIAAP, qui siègent dans cette assemblée aussi bien du côté de la majorité que de son opposition, silence radio. Est-on encore dans le déni ?

La semaine dernière, l’usine Lubrizol, site Seveso “seuil haut”, est consumée par les flammes. A nouveau, mensonge et déni. Vous n’êtes, bien sûr, pas en cause cette fois. Mais cette série de catastrophes le long de la Seine, comme un emballement du système néolibéral, avec des réglementations allégées, des moyens de contrôle sans cesse affaiblis pour des profits qui détruisent tout sur leur passage, nous rappellent à vos fautes et à la nécessité de reconsidérer totalement notre rapport à l’environnement. La Seine est un bien commun. Elle est un fleuve vivant. Notre santé et nos vies sont affectées, et dépendent de cet environnement. Elles sont liées à la santé des rivières, des sols et de toute la biosphère.