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"À Paris, place au peuple !"

Sur la Communication transport du Maire de Paris

Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Le débat des transports à Paris est un débat fondamental, aux enjeux sociaux et écologiques d’importance. Mais la question des transports, c’est aussi l’une des conditions de l’émancipation, car elle peut être un obstacle, quand elle est mal organisée, à l’accès à l’emploi ou à d’autres activités indispensables.

Ce débat sur les transports, il nous faut le mener en le situant dans le débat sur l’ensemble de l’agglomération d’Ile-de-France et en le replaçant également dans le débat lié à l’aménagement du territoire.

Tout d’abord, oui, nous sommes favorables à une tarification unique pour toute la Région Ile-de-France, car, convenons-en, la tarification par zones est une forme de double peine qui s’applique proportionnellement le plus aux classes populaires, reléguées au plus loin de la région Ile-de-France, du fait de loyers trop chers à Paris, et qui se retrouvent à devoir effectuer des temps de transport pour aller du domicile au travail bien plus importants que la population parisienne.

Cette tarification unique, pour nous, relève du principe républicain de l’égalité des droits.

Regardez le prix du timbre. Le prix du timbre unique, pour nous, est important. Quel que soit l’endroit où l’on habite et la distance que parcourt un courrier, le timbre est le même pour toute enveloppe.

Sur la question des transports, le principe doit être le même.

Dans le précédent mandat, la Gauche arrivant au S.T.I.F. avait, parmi ses premières mesures, supprimé les zones 7 et 8, mais il reste maintenant à organiser le un passe supplémentaire, car ceux qui achètent un passe Navigo des zones 1 à 6 déboursent mensuellement 123,60 euros quand un passe Navigo des zones 1 et 2 est de 60,40 euros par mois. Cela reste du simple au double et ce n’est pas acceptable.

A cette égalité, qui passe par la mise en place d’une tarification unique, nous souhaitons également une égalité sur les horaires. Nous pensons qu’il est indispensable que, partout en Ile-de-France, les horaires soient les mêmes.

Faire que les horaires de bus soient alignés sur les horaires du RER et du métro, c’est un plan qui peut être mis en place en quelques mois, contrairement à tous les projets d’infrastructure lourde, qui nécessitent des années entre le vote de la décision et la fin des travaux.

Mais nous devons aussi être porteurs d’une ambition plus grande. L’égalité, c’est aussi la justice sociale. En région P.A.C.A., la liste Front de Gauche a fait campagne pour la gratuité des T.E.R. A Grabels, par exemple, le maire René REVOL a mis en place une desserte gratuite sur la ville de transports en commun.

Aux deux, on expliquait à chaque fois que cela ne fonctionnerait pas, que budgétairement, c’était impossible. Or, c’est tout le contraire qui s’est passé. On a eu une augmentation de la fréquentation, on a eu un changement de comportements, plus respectueux; Donc, oui, nous devons avancer sur cette question de la gratuité.

Evidemment, nous divergeons sur qui doit payer cette tarification unique, nous le disons aux rangs de l’U.M.P. : les employeurs doivent payer de façon plus conséquente et il y a une bataille politique pour l’augmentation du versement transport qui est essentielle. Il faut pour cela que les parlementaires la prennent à bras-le-corps.

Au moment où l’emporte trop souvent l’idée des exonérations comme solution, nous préconisons pour notre part une plus juste imposition car la solidarité n’existe pas s’il n’y a pas de redistribution et, pour redistribuer, il faut commencer par prendre l’argent là où il est.

En plus de cette bataille, sur la question de la tarification unique et de qui doit la payer, il nous faut continuer la bataille pour améliorer les transports, dans le sens d’une amélioration des services publics. C’est là que le bât blesse, car concrètement, à la S.N.C.F. et à la R.A.T.P. par exemple, en ce moment, il faut le constater, ce n’est pas toujours une politique du service public qui est suivie.

Les syndicats, souvent, tirent la sonnette d’alarme et nous montrent bien que la course à la réduction des coûts conduit souvent à une dégradation préoccupante des transports, et notamment une réduction des budgets mis pour la maintenance, une réduction des moyens humains, une réduction qui fait que la sécurité des transports et la qualité des transports sont souvent sacrifiés sur l’autel du profit.

Cette question des transports, je le disais tout à l’heure, c’est aussi toute la question de notre aménagement qui doit être pensé. Il faut prendre à bras-le-corps la lutte contre l’étalement urbain, qui repousse toujours plus les plus pauvres que l’on exclut des centres urbains du fait des loyers trop élevés.Il nous faut prendre à bras-le-corps cette lutte contre la sectorisation et la spécialisation de l’espace.

Ici on travaille, ici on dort, ici on consomme, ce n’est plus possible.

Nous savons pertinemment qu’il nous faut absolument relocaliser l’emploi, relocaliser le logement pour remettre de la mixité sociale, c’est ainsi que l’on réduira les déplacements subis avec un objectif de kilomètre zéro domicile-travail.C’est ainsi que la Ville de Paris pourra concrètement lutter également contre le “tout voiture” en défendant une réduction des temps de transport, pour l’ensemble des citoyennes et des citoyens de la région Ile-de-France.

Je vous remercie.