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"À Paris, place au peuple !"

Subvention à un festival de greenwashing : quelle aberration

 

 

Mme Danielle SIMONNET.- Ecoutez, Léa FILOCHE, autant je vais continuer à participer aux grèves et aux marches pour le climat, autant je ne mettrai pas “We Love Green” au même niveau. Je n’ai pas le sentiment que “We Love Green” veuille changer le système. “We Love Green” est une manifestation qui montre la capacité à s’adapter au système. On est tout de même sur du “greenwashing” tous azimuts. Je rappelle que pour participer à ce festival, il faut payer 50 euros l’entrée. Il y a 60.000 participants. On a donc un bon budget de 3 millions d’euros. Je ne suis pas complètement sûre que “We Love Green” ait besoin de la subvention de 30.000 euros de la Ville de Paris pour faire venir Booba et plein d’autres artistes qui s’y produisent, sans spécialement avoir un message écolo à porter.

Que ce festival coche les cases – c’est important – de la restauration bio et locale, du recyclage, du tri des mégots, en passant par le choix des “écocups”, de la vaisselle biosourcée recyclable, de l’optimisation de la gestion de l’eau et que l’on demande à ceux qui participent aux concerts de s’engager sur leur empreinte carbone, c’est très bien. Il y a toute une réflexion là-dessus. La Ville devrait imposer une charte et des conditions écolos pour l’organisation des festivals. On ne fait pas une manifestation sur le parvis de l’Hôtel de Ville avec n’importe quel critère. On devrait les fixer. On devrait imposer des règles à l’ensemble des partenaires qui veulent louer les espaces de la Ville et privatiser l’espace public pour des opérations lucratives, parce qu’à 50 euros, on est bien dans le cadre d’une opération lucrative.

Pourquoi donner 30.000 euros ? Est-ce que l’on donne 30.000 euros à la “Fête de l’Humanité” ? Je me tourne vers mes collègues du groupe communiste. A ma connaissance, non. Certes, cela n’a pas lieu à Paris, mais dans le parc de la Courneuve. Mais, croyez-moi, beaucoup de Parisiens vont à la “Fête de l’Humanité”, soit pour s’engager dans la révolution communiste, soit pour voir un certain nombre de concerts tout simplement. Je vois que cela fait se retourner M. Jean-Louis MISSIKA, passionné par la révolution communiste. Vous comprenez ce que je veux dire ? Je pense que “We Love Green”, objectivement, n’a pas besoin de ces 30.000 euros. En revanche, oui, nous pouvons saluer cet engagement écologique. J’imagine que Frédéric HOCQUARD va nous expliquer que, oui, parce qu’il y a un soutien à des jeunes artistes. Peut-être que des conditions peuvent être établies sur la possibilité que les festivals s’installent à Paris.

Je reste dubitative, vous l’aurez compris. Même si ces bonnes pratiques sont à généraliser dans tous les festivals, je ne mettrai pas “We Love Green” au même niveau que les marches pour le climat, mais plutôt comme une démonstration, à un moment donné, d’autre chose.

Je vous remercie.