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"À Paris, place au peuple !"

Solidarité avec la bibliothèque Louise Michel victime de harcèlement LGBTphobe

 

Mme Danielle SIMONNET.-

Mes chers collègues, j’avais également, en avril dernier, présenté un vœu en soutien à l’équipe de la bibliothèque Louise-Michel et à l’association “Queer Week”, pour dénoncer la vague de harcèlement en ligne qui avait été subie par toute l’équipe de cette bibliothèque du 20e arrondissement qui avait eu le courage d’organiser une lecture de contes non genrés par des “drag-queens” dans le cadre de la “Queer Week”. Il me semblait important que nous exprimions à l’époque – et nous l’avons tous fait – notre soutien moral, matériel et financier à la manifestation qui avait eu lieu et notre condamnation de la haine LGBT-phobe qui s’était déversée. Il y avait eu un comité de soutien de l’”Association des bibliothécaires de France” à la bibliothèque Louise-Michel. Il y avait eu toute une dynamique autour de l’ensemble des acteurs de la lecture pour saluer le travail fait et la nécessité de porter plainte.

Et donc, nous voilà, avec cette délibération, à la plainte. C’est vrai que je ne comprends pas pourquoi – l’Exécutif va peut-être nous donner des éléments – on est sur une plainte avec “les propos constitutifs de diffamations publiques envers un corps constitué”, “les propos constitutifs d’injure publique envers un corps constitué”. Pourquoi la qualification de LGBT-phobie ne peut être retenue dans la procédure ? Or, notre engagement, c’était, je pense, l’esprit des vœux et de la mobilisation du Conseil de Paris, à l’époque, où nous trouvions scandaleux ce qui s’était passé. Mais, en même temps, nous étions confortés sur la nécessité de continuer à amplifier les actions sur les questions de genre, sur la lutte contre toutes les formes de LGBT-phobie. Un procès entre dans le cadre de cette bataille des consciences, parce qu’un procès a aussi une vertu pédagogique pour que l’on comprenne bien que les LGBT-phobies, ce n’est pas une opinion, mais un délit. Et donc, ils sont redevables non seulement d’injures, mais d’injures LGBT-phobes. C’est pourquoi je ne comprends pas.

Je voudrais terminer par une belle citation de Louise Michel, puisqu’il s’agit de la bibliothèque qui porte son nom. Elle disait : “Chacun cherche sa route. Nous cherchons la nôtre et nous pensons que le jour où le règne de la liberté et de l’égalité sera arrivé, le genre humain sera heureux”. Eh bien, oui, nous travaillons, nous militons et nous nous engageons, toutes et tous ici, même si l’on peut en avoir une conception différente, au service de l’émancipation et particulièrement de l’émancipation pour le bonheur. Cela passe par le respect des identités de genre, des orientations sexuelles de chacune et de chacun. Je ne suis pas d’accord avec tout ce que j’ai entendu depuis le début des interventions. Ce n’est pas une question de choix. On ne choisit pas forcément son identité de genre et son orientation sexuelle. En revanche, que chacun soit libre de vivre tel qu’il est, telle qu’elle est, tel qu’il/elle souhaite être aimée.

Je vous remercie.