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"À Paris, place au peuple !"

Question d’actualité – Paris : décidons nous-mêmes !

 

Mme Danielle SIMONNET.- Merci, Madame la Maire.

Face aux échanges que l’on vient d’avoir, j’ai une proposition de solution : la solution c’est le peuple, la solution c’est le vote, la solution c’est le référendum. C’est le référendum, Monsieur BOURNAZEL et Madame la Maire, lorsqu’il y a justement des décisions qui doivent être prises et qui ne correspondent pas à des engagements de mandature. Parce que, Madame la Maire, nombre de décisions, qui engagent notre ville et son avenir, ne faisaient pas partie de vos engagements de mandature. Pourquoi refusez-vous aux Parisiennes et aux Parisiens de s’exprimer sur ces sujets nouveaux et vitaux pour notre ville ?

François RUFFIN, député de la France insoumise, profitait hier des questions d’actualité au Gouvernement à l’Assemblée nationale pour interpeller sur l’enjeu du référendum. Une alerte. Pour sauver l’Aéroport de Paris mais pas que. La démocratie ne saurait se limiter à voter et à déléguer le pouvoir à une poignée qui, durant un mandat, décide pour d’autres. Le peuple va pouvoir – nous sommes nombreux à l’espérer – reprendre son destin en main.

Le Gouvernement veut vendre Aéroport de Paris ? Eh bien on va l’en empêcher. On signera, nous signerons, 4,7 millions de signatures devront permettre l’organisation d’un référendum. Évidemment, ce n’est pas encore le référendum d’initiative citoyenne demandé et revendiqué par les Gilets jaunes, et approuvé par une large majorité dans notre pays selon toutes les enquêtes d’opinion, mais c’est bien grâce à eux que ce référendum va avoir lieu. Il doit en appeler d’autres parce que l’urgence climatique et sociale exige de toutes autres mesures.

Eh bien, à Paris aussi, Madame la Maire.

Vous n’étiez pas favorable aux Jeux Olympiques, quand vous étiez candidate, et vous avez changé d’avis, après avoir été élue, sous la pression du président de la République. Eh bien que le peuple tranche !

Vous voulez imposer la tour Triangle énergivore, les tours de Bercy-Charenton. Nous voulons décider nous-mêmes. Aux citoyens de choisir et de décider.

Vous voulez sacrifier le Tunnel des artisans, frigidaire naturel, bien commun exceptionnel et précieux. Nous voulons décider nous-mêmes.

Vous voulez vendre la moindre friche, terrain d’éducation physique, dent creuse, au mépris de la préservation des espaces en pleine terre, alors que nos quartiers populaires vont prendre de plein fouet les canicules et le changement climatique. Nous voulons décider nous-mêmes.

Vous voulez imposer des panneaux numériques publicitaires énergivores qui vont aggraver le matraquage publicitaire. Nous voulons décider nous-mêmes.

Vous refusez de prendre des arrêtés anti-expulsion et de réquisition des logements vides ou d’user de votre droit d’expropriation. Nous voulons décider nous-mêmes.

Vous laissez Vélib’ dans les mains d’un opérateur privé Smoovengo, incompétent avec le fiasco que l’on connaît et qui piétine le droit du travail, au lieu de municipaliser ce service public. Nous voulons décider nous-mêmes.

Vous vous êtes empêtrés dans le chaos du “free-floating” ? Eh bien oui, décidons nous-mêmes.

Vous avez décidé de confier les PV à des entreprises voyous, de dépecer l’Hôtel-Dieu pour le tourisme VIP d’un restaurant gastronomique, et même livrer nos crématoriums au marché, comme si les cendres de nos morts étaient des marchandises. Eh bien non ! Nous voulons décider nous-mêmes.

Quand et comment, Madame la Maire, allez-vous consulter sur tous ces projets sur lesquels jamais vous n’avez reçu de mandat ?

Je vous remercie.

 

Mme Danielle SIMONNET.- Quel mépris dans votre dernière phrase, Madame ! Quel mépris dans votre dernière phrase ! Je n’ai absolument aucune leçon à recevoir de vous et vous seriez bien inspirée d’apprendre avec un peu plus d’humilité quelles sont les méthodes de l’éducation populaire avant de porter de tels jugements.

Madame la Maire, votre démocratie participative, vos budgets participatifs se réduisent à la consultation du peuple de Paris sur le secondaire, tandis que vous décidez seule de l’essentiel. Ou bien vous consultez sur des projets déjà bouclés, ficelés ou vous mettez en concurrence sur juste une partie du budget d’investissements (5 %) tandis que, pour le reste, vous décidez bien sûr sans eux.

Alors oui, Madame, mes chers collègues, ayez le courage de la démocratie. Vous n’avez pas le courage et simplement même le respect de votre mandat. Ayez le respect du mandat. A qui vous le devez, vous qui l’exercez ? Que vous demandent celles et ceux qui vous ont fait représentants ? Et aussi bien celles et ceux qui ont perdu confiance dans les institutions ? C’est la démocratie, rien que la démocratie. Toutes et tous vous disent et continueront à vous le dire : ils veulent décider eux-mêmes, nous voulons décider nous-mêmes.

Donc cessez de prendre des décisions importantes sans jamais demander l’avis. Et sur les grands dossiers, qui ont pu faire débat ici – pas toujours parce que c’étaient des débats organisés mais bien souvent parce que nous avions par le biais de vœux, les uns et les autres, amené les sujets sur la table – sur ces grands sujets-là, vous n’avez pas consulté, vous n’avez pas concerté.

Alors oui, Madame la Maire, le temps des simulacres démocratiques et des budgets participatifs réduits à 5 % est révolu. Le référendum d’initiative citoyenne et le référendum d’initiative local n’existent pas encore en droit, mais rien ne justifie que les Parisiennes et les Parisiens ne puissent pas s’exprimer. Que le peuple reprenne son destin en main et je pense qu’il en prendra le chemin.