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"À Paris, place au peuple !"

Question d’actualité “ce n’est pas aux collectivités de payer la crise”

Mme Danielle SIMONNET. – Merci, Monsieur le Maire.

A l’heure où les collectivités locales préparent leur budget pour l’année 2012, année qui sera singulière puisque le peuple souverain est appelé aux urnes, nous voulons vous interroger, Monsieur le Maire, sur les conséquences que pourrait avoir un alignement sur les mauvaises solutions qui se profilent ici ou là et qui voudraient faire de l’austérité budgétaire une règle d’or.

La dette est utilisée ici pour justifier, par le Gouvernement, un gel inacceptable des dotations globales de fonctionnement, comme elle est utilisée contre les salariés et employés pour justifier qu’ils payent les pots cassés d’un système à l’agonie.

Le gel annoncé des dotations pour trois ans revient ainsi à imposer aux collectivités locales de renoncer à développer des services publics de qualité, à réduire leurs investissements au service de la solidarité.

Or, ni les citoyens ni les collectivités locales ne doivent payer la crise actuelle, car l’application de cette règle est, non seulement absurde, mais elle revient à faire des collectivités le bras armé d’une politique qui fait payer aux plus fragiles, à ceux qui n’ont que leur revenu comme capital.

Leur dette est un prétexte, elle ne résulte pas d’un État dépensier. La justification de ces plans de rigueur provient de l’idée qu’il n’y aurait pas d’argent, mais nous savons pertinemment que le Gouvernement n’a eu de cesse d’appauvrir les recettes de l’État par les nombreux cadeaux fiscaux faits aux plus riches.

Rappelons par ailleurs que les dettes des collectivités locales, comme celle de Paris, sont modérées, mais surtout qu’elles correspondent à des dépenses d’investissement qui préparent notre avenir.

En imposant le gel des dotations globales de fonctionnement, cela revient de la part de la Droite à se défausser en faisant peser les déficits sur les épaules des collectivités.

Ces dernières doivent supporter de plus en plus de charges, que l’État a décidé de transférer en rognant sur les dotations qui vont avec.

Ces mesures budgétaires s’inscrivent, de plus, dans un contexte de réformes qui ôtent aux collectivités la maîtrise de leurs recettes et limitent grandement leur capacité d’intervention.

Monsieur le Maire, au moment où nous allons préparer notre budget, notre groupe considère que c’est le moment de démontrer qu’une autre répartition des richesses est possible et que l’intérêt général doit s’extraire du diktat de ces marchés financiers

L’austérité aggravera la récession et augmentera au final la dette.

Notre groupe vous demande, Monsieur le Maire, que les budgets dévolus aux services publics, non seulement ne subissent pas de baisse, mais qu’ils soient en augmentation. Ils jouent là un rôle de redistributeur essentiel et atténuateur des inégalités sociales qui se creusent.

Il doit en être ainsi de l’accueil de la petite enfance, des équipements de proximité sportifs, culturels et de jeunesse, comme des centres de santé. Il doit en être ainsi des choix du point de vue de notre politique vis-à-vis des personnels de la Ville.

Sortons de la logique des redéploiements, assumons de créer des postes et revalorisons les salaires.

Le groupe des élus Communistes et élus du Parti de Gauche vous propose ainsi de faire un compte précis des dettes que nous doit l’État, dues au transfert de compétences imposées.

Menons une campagne pour rappeler au Gouvernement et à sa majorité parlementaire ses obligations de compensation intégrale de certaines charges. Ne nous contentons pas de voter demain des budgets en espérant que nos concitoyens ne nous tiendraient pas rigueur de telle ou telle réduction, mais mobilisons au contraire les Parisiennes et les Parisiens contre cette vaste opération de socialisation des pertes avec son corollaire qu’est la privatisation des profits.

Cette logique semble, hélas, plus que jamais d’actualité car, avec la nouvelle gouvernance économique promise par les gouvernements européens et la Commission européenne, les finances publiques seront mises sous tutelle et, à l’image de la Grèce, l’austérité permanente pour les peuples garantira les bénéfices des banques.

Alors, refusons cela et démontrons qu’il n’y a pas de fatalité, et encore moins une seule politique possible, démontrons que nous aussi, à Paris, on peut faire autrement.

Je vous remercie.