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"À Paris, place au peuple !"

Périphérique : n’ayons pas une vision de la ville hégémonique

Mon intervention en 2 minutes sur le rapport sur l’avenir du périphérique :

 

Mme Danielle SIMONNET.- Merci.

La pollution de l’air tue deux fois plus que ce que l’on pensait : 6.000 morts prématurés par an à cause de la pollution et des particules fines dans notre agglomération. Urgence, nous avons moins de 10 ans pour tout changer : réduire la vitesse, supprimer une voie, la végétaliser, réserver une voie aux transports en commun. Bien. Mais est-ce suffisant ? Certainement pas.

Qu’est-ce que le périphérique ? C’est d’abord l’héritage des fortifications de Paris, des octrois d’avant la constituante révolutionnaire. Le périphérique devra disparaître, mais pas pour contribuer à une annexion des territoires limitrophes. N’ayons pas une vision de la ville hégémonique. Supprimer le périphérique doit être un objectif, mais ce n’est pas l’aboutissement d’un réaménagement du territoire, de changements radicaux. La circulation automobile ne disparaîtra pas par magie, ni annexion par gentrification, ni fracture par relégation, ni report de la pollution. Il faut réduire le trafic et sortir de l’illusion du mythe consumériste de la voiture individuelle. Comment ? Pas avec la voiture autonome et les taxis volants, mais avec trois pistes.

Premièrement, par un aménagement du territoire visant à réduire les déplacements subis, donc par la rupture des politiques d’attractivité du territoire qui concentrent tous les moyens dans le cœur de la Métropole et relèguent les populations toujours plus loin. Il faut enfin assumer ce que veut dire l’objectif d’une Métropole polycentrique.

Deuxièmement, vous parlez de covoiturage pour réduire par deux le nombre de voitures. Assumez d’abord le débat sur les V.T.C. Combien roulent à vide ? D’ailleurs, combien sont-ils ? Pourquoi la loi LOM va-t-elle protéger cette concurrence déloyale aux taxis que constitue l’ubérisation ? Roissy-en-France et Le Mesnil-Amelot ont interdit par arrêté le stationnement des V.T.C et l’arrêt. A quand Paris ?

Troisièmement, permettre réellement l’alternative à la voiture dans les déplacements, donc bien plus de transports en commun : trains, métro, trams, bus. Ce n’est pas par la privatisation engagée que l’on va y contribuer. Il faut un vrai plan de pistes cyclables, avec des pistes cyclables en continuité.

Mes chers collègues écologistes, le bilan de votre adjoint, ex-candidat tête de liste de 2014, est calamiteux en la matière. C’est un vrai problème.

Voilà de quoi penser avec l’ensemble des communes limitrophes un aménagement du territoire radicalement différent.