Pages Navigation Menu

"À Paris, place au peuple !"

Parkings : privatiser, c’est bloquer la politique

 

 

Mme Danielle SIMONNET.- Je remercie la maire du 10e, qui par son intervention montre bien que cette délibération relative au parking ne saurait être appréhendée simplement sous l’angle du parking, mais de bien voir l’ensemble de ce qui se joue dans ce quartier, les besoins qui s’y expriment et les nécessités de repenser l’aménagement de ce quartier.

Oui, finalement, cette délibération est emblématique même si elle pourrait passer inaperçue dans la masse de toutes les concessions, délégations et privatisations, franchement contradictions et abandons de cette majorité. Le parking Alban-Satragne est situé en haut du Faubourg-Saint-Denis, juste avant le boulevard Magenta, et s’étend sous le jardin public qui conduit à la médiathèque Françoise Sagan, ou plutôt qui devrait y conduire, car tout a été fait pour cloisonner ce morceau de ville.

C’est un lieu où se mêlent plusieurs publics, plusieurs populations. On a des réfugiés, des sans-abri qui se reposent sur les bancs du jardin Alban-Satragne, mais hélas les accès côté médiathèque ont été fermés alors qu’il y avait un accueil dans la médiathèque de livres en français facile qui avait été pensé, très fortement mis en avant à l’ouverture de cet équipement, car cet équipement se voulait vraiment ouvert sur la ville et sur les publics vulnérables, celles et ceux qui viennent de loin, sont tout juste arrivés et vont se poser dans ce jardin.

A priori, vous allez me dire, quel rapport avec le parking ? Outre le fait que la privatisation fait ici comme ailleurs les affaires, plus du Cac 40 que des Parisiennes et des Parisiens, cela nous prive de revenus qui vont dans les caisses des grands groupes, mais aussi de la maîtrise complète d’équipements qui sont insérés dans un espace public. Privatiser, c’est bloquer une politique.

Là, vous proposez que le groupe Indigo continue à emporter cette exploitation. Je voudrais attirer votre attention, le groupe Indigo sur l’exploitation des parkings municipaux, c’est grosso modo 40 millions d’euros de bénéfice net par an qui vont dans leur poche. Donc, qui ne vont pas dans les caisses de la Ville, qui ne vont pas dans les caisses des Parisiennes et Parisiens, qui ne vont pas financer des aménagements publics.

Il faut comprendre que le recours au privé nous coûte cher. Votre logique de délégation de service public, de marché, de concession, etc., nous coûte un pognon dingue, et ce pognon dingue, c’est 40 millions d’euros pour les parkings.

En gardant le parking Alban-Satragne géré par le public, on pourrait aller plus loin que ce que vient d’évoquer la maire du 10e. Oui, on pourrait totalement revoir ses accès, voire ses usages. Le jardin pourrait et doit être agrandi, les rues qui le longent rendues piétonnes, des toilettes et les douches pourraient être installées pour les personnes qui attendent un toit, leurs droits et leurs papiers. La ville pourrait être bien meilleure, et leur vie à elles et eux pourrait l’être aussi.

Mais non, à chaque fois l’important ce n’est pas de faire de la politique pour les gens, ce qui compte c’est de faire des concessions et toujours plus d’argent pour les mêmes.

Il est temps de reconquérir la ville. Cela commence par ces morceaux de souterrains ici comme ailleurs. C’est pour cela que je ne voterai pas cette délibération, je ne voterai pas ce recours au privé.

Je ne sais pas les voix que vous entendez dehors, si ce sont celles de ceux qui occupent le gymnase Roquépine sans doute. En tout cas, je sais qu’ils devaient venir ce matin. Mais, faisons la ville pour aussi ces personnes-là au lieu de la faire pour de grands groupes privés qui se gavent sur notre dos, sur la ville, alors que justement il y a de quoi trouver de l’argent en gérant nous-mêmes pour répondre à l’intérêt général. Je vous remercie.