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"À Paris, place au peuple !"

Paris doit être exemplaire contre la souffrance animale

 

 

Mme Danielle SIMONNET.- Merci. Mes chers collègues, je voudrais commencer mon intervention en exprimant mon soutien à la présidente de l’association Paris Zoopolis, Amandine. Alors qu’elle participe au nom de son association à un groupe de travail ministériel lancé par M. de RUGY sur le bien-être animal dans les cirques, la voilà menacée de mort, par téléphone, par un directeur de cirque. C’est totalement inacceptable et j’espère véritablement que la justice va être saisie et que ce sera jugé, parce que ces menaces de mort et ce harcèlement sont totalement scandaleux.

Je voudrais dire également, profiter puisque je suis sur Paris Zoopolis, huit mois après le vote sur le groupe de travail sur la stèle “Animaux en guerre” qui avait été un combat aussi très fortement porté par l’association Paris Zoopolis, je voudrais savoir mes chers collègues, où on en est, puisqu’il avait été dit par l’adjointe en charge de la mémoire qu’il y aurait rapidement, sans tarder, une réunion de travail avec l’ensemble des partenaires.

L’association Zoopolis, qui a porté cette bataille pour la reconnaissance du rôle des animaux, n’a toujours pas été associée. Est-ce que les réunions ont eu lieu sans cette association, ou est-ce que les réunions n’ont toujours pas eu lieu ? C’est la première chose.

Concernant cette délibération sur le lancement d’un appel à projets 2019 sur la sensibilité des Parisiennes et Parisiens à la place des animaux en ville et leur bien-être, je voudrais savoir quelle est l’enveloppe, le montant global de cette délibération, puisque cela ne nous est pas communiqué et combien de projets sont envisagés d’être soutenus ?

C’est toujours compliqué pour les associations lorsqu’un appel à projets de ce type est lancé si elles ne savent pas quelle est l’enveloppe, quels sont le montant et le niveau, et donc quelle ambition elles peuvent avoir dans la présentation de leur projet.

Sur le fond, il me semble extrêmement important que la question de la prise en compte de la souffrance animale évolue, et qu’enfin l’ensemble des pouvoirs publics et l’ensemble de l’opinion publique, mais là je pense que l’opinion publique est bien en avance par rapport aux décideurs, reconnaissent que les animaux sont des êtres sensibles et que cette bataille est aussi une question liée au respect de la biodiversité, des animaux en voie de disparition dont on doit refuser le commerce, la chasse, le braconnage, et aussi une prise en compte du fait que les animaux ne sont pas des objets, des objets de loisirs ou des objets à consommer, des utilitaires pour l’homme, et comprendre que l’on doit faire évoluer ce regard.

Je dirai une magnifique citation que j’ai retrouvée de Louise Michel, pour qui cette question était une question de fond, de civilisation, et qui disait déjà à l’époque : “plus l’homme est féroce envers la bête, plus il est rampant devant les hommes qui le dominent”. On voit bien toute l’importance d’un point de vue civilisationnel que nous devons accorder au respect des animaux.

Cet appel à projets est bienvenu, parce que les associations peuvent être porteuses de projets pour faire changer nos regards, les mentalités. Il faudrait aussi que ce soit assorti de prises de décisions et d’engagements forts de la Ville.

Revenons sur la question des cirques. Je ne comprends pas que nous ne soyons toujours pas en capacité d’interdire les cirques avec animaux à Paris. J’ai bien entendu tout le débat juridique, ce n’est pas nous, c’est l’État, c’est la préfecture, c’est ceci, c’est cela… Espérons que le groupe ministériel puisse enfin faire évoluer le législateur sur le sujet, mais on pourrait déjà au niveau de la Ville décider de ne plus distribuer les places offertes par les cirques avec animaux.

Deuxième chose, une étude vient de paraître sur laquelle il y a une petite communication sur l’évolution de la capacité des chercheurs à comprendre la sensibilité des poissons. Cela les a fait beaucoup rire dans l’hémicycle et dans les réseaux sociaux quand j’étais intervenue pour l’interdiction de la pêche à Paris étant donné que l’on ne peut ni manger ni vendre les poissons. Autant arrêter la pêche, puisqu’il s’agit juste de considérer les poissons comme des objets de loisirs. On les sort de l’eau avec un hameçon, au leur fait mal, on les blesse, puis on les rejette dans l’eau en espérant qu’ils vivent. On sait pertinemment que même avec des méthodes de pêche “no killing”, bien sûr qu’une souffrance animale est produite.

Il me semble important que la Ville soit exemplaire. J’avais proposé à d’autres conseils, lorsque nous débattions de ces questions, qu’il y ait véritablement une direction de la condition animale, avec un adjoint ou une adjointe sur la question des animaux en ville, parce que ce thème à mon avis est transversal.

Je terminerai par l’enjeu à Paris, même si ce n’est pas sur Paris qu’il y a des fermes de 1.000 vaches, de X 1.000 cochons ou de poulets en batterie, pourtant à Paris comme ailleurs on mange. À Paris comme ailleurs, notre rapport à la consommation interroge notre rapport à la condition animale et donc à l’ensemble du vivant. Je pense qu’il faut continuer, je terminerai par cela, à développer les menus végétariens, pas simplement un jour ou deux par semaine, mais tous les jours. Je vous remercie.