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"À Paris, place au peuple !"

Nos déchets sont de l’or pour les multinationales : n’accompagnons pas le capitalisme vert

 

Mme Danielle SIMONNET.- Écoutez, mes chers collègues, c’est un bel exemple de capitalisme vert ! Comme ont pu le dire mes collègues des groupes Communistes et Ecologistes, on se retrouve avec un éco-organisme qui dépend des entreprises qui tirent profit du développement des emballages. Ceux qui développent les emballages, qui font du profit sur le développement des emballages, vont permettre à d’autres de collecter de l’argent public pour s’occuper de ces emballages. On est vraiment sur ce cercle vicieux ; c’est tout le symbole du capitalisme vert, en capacité de s’adapter pour faire en sorte à chaque fois de capter des profits. Nos déchets sont aussi de l’or pour ces multinationales, pour ces entreprises et pour ces intérêts privés.

Nous, la Ville de Paris, que devons-nous faire là-dedans ? Nous ne devons pas accompagner le capitalisme vert. Notre logique sur les déchets ne doit pas être celle-là.

En 2014, en début de mandature, quand j’avais proposé le premier vœu pour que l’on s’engage dans la démarche zéro déchet et que l’on reprenne les principes défendus par le collectif “Zero Waste”, ce n’était pas pour que l’on fasse du capitalisme vert ! Il y a évidemment tout un tas de batailles à mener nationalement sur la question de la suppression et de la réduction des emballages à la source car le meilleur déchet, c’est celui que l’on ne fait pas. Cela veut dire que l’on devrait beaucoup plus aider des coopératives, des commerces qui permettent d’acheter sans emballage, mais que cela ne soit pas seulement des commerces aux politiques tarifaires non adaptées. Cela veut dire aussi travailler sur des coopératives beaucoup plus sociales. Cela veut dire aussi avoir un mode de collecte des déchets en régie directe, une régie publique des déchets, de tous les déchets.

Hélas, dans la seconde mandature 2008-2014, alors qu’il y avait la municipalisation de l’eau et la création d’une régie publique de l’eau, il y avait dans le même temps – on faisait déjà, à l’époque, du macronisme avant Macron ! – l’aggravation de la privatisation de la collecte des déchets. Cette logique se poursuit et c’est fort regrettable.

Non, je ne voterai pas cette délibération. Je suis convaincue que la démarche zéro déchet qui doit être la nôtre passe par des régies directes, lesquelles augmentent vraiment nos capacités de tri, de réduction. C’est aussi adossé à la logique d’appeler, au bout du bout, à sortir de la logique tout incinérateur. Tout se tient : le fait que l’on continue à vouloir mettre 2 milliards d’euros dans l’usine d’incinération d’Ivry pour Suez Environnement participe aussi de cette logique complètement aberrante.

Il me semble important… J’espère que, dans une autre mandature, les citoyens et les citoyennes seront bien plus impliqués par le politique ou pourront se saisir d’outils pour exiger que la question des déchets puisse s’émanciper des intérêts privés.

Je vous remercie.