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"À Paris, place au peuple !"

L’état préoccupant du mal logement en Ile de France

L’état préoccupant du mal logement en Ile de France

Mardi 8 Octobre, j’assistais à la présentation du rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre sur l’état du mal logement en Ile de France.

Édifiante, tant les chiffres et les réalités humaines qu’ils recouvrent sont alarmants à l’échelle de la France entière mais tout particulièrement en Ile de France.

Pour illustrer cet état des lieux, trois intervenants se sont succédés : Frédérique Mozere, directrice adjointe de la direction de l’animation territoriale, Eric Constantin directeur de l’Agence ile de France et enfin Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre.

Le premier constat choquant est posé : parmi les 4 millions de personnes mal logées dans notre pays , 1,2 million vivent dans la région la plus riche de France.

Les ménages avec de faibles revenus sont les plus pénalisés.

En quarante ans, alors que les revenus ont été multipliés par 7,2, les prix d’achat l’ont été par 13,9 et les prix à la location par 10,1. La hausse des prix des loyers rend l’accès au logement de plus en plus difficile et notamment à Paris, alors qu’un grand nombre de logements sont vacants.

En 2015, on comptait 570 000 logements inoccupés en IdF soit 10% du parc immobilier. Un taux qui passe à 17% à Paris avec 232 000 logements inoccupés. Celui-ci monte jusqu’à 26% dans les 4 arrondissements centraux ! Notamment avec le développement de Airbnb

Qu’attendons nous pour réquisitionner ces logements vides pour en faire des logements sociaux ?

Macron et son gouvernement sont bien décidé à détruire le modèle HLM, en s’attaquant à son financement via les APL. Il faut donc un rapport de force conséquent pour exiger le transfert aux communes et notamment à la Ville de Paris de la compétence en matière d’application de la loi de réquisition.

La fondation Abbé Pierre lors de cette matinée a interpellé les candidat-e-s aux municipales (je crois bien avoir été la seule présente dans la salle) pour leur demander que la priorité soit donnée aux logements sociaux PLAI (prêt locatif aidé d’intégration) puis aux logements PLUS (prêt locatif à usage social) et non aux logements PLS (prêt locatif social) qui sont prévus pour les revenus les plus confortables.

Il n’y a pas assez de logements sociaux qui sont créés ! Je partage tout à fait leur vision.

Depuis le début de la mandature je dénonce cette réservation de 30% faite aux PLS qui crée de fait une discrimination à l’encontre des catégories populaires. 90% des demandeurs de logements sociaux sont éligibles aux PLAI et PLUS mais seuls 70% des logements leur sont adaptés (avec néanmoins des loyers qui restent trop élevés pour beaucoup).

Par ailleurs, la crise de l’accueil des exilés se traduit de façon terrible à Paris avec plus de 3000 personnes dans des bidonvilles indignes aux portes de Paris. L’inaction du gouvernement, à qui incombe la responsabilité de l’hébergement, est criminelle. Mais je ne cesse de le répéter de conseil en conseil : La ville doit assumer d’agir bien plus face à cette urgence humanitaire : Les locaux des mairies d’arrondissement du centre, libérés par la fusion des 4 premiers arrondissement en une mairie, pourraient utilement servir pour la mise à l’abri.

Aussi, alors que plus de la moitié des locaux de l’Hôtel Dieu sont inoccupés, il est inacceptable que l’AP-HP et la ville privilégient d’y accueillir un restaurant gastronomique de luxe !

La crise de l’hébergement, c’est en grande partie la crise de l’accès au logement social. La fondation Abbé Pierre, comme d’autres associations, défend le « logement d’abord », car la meilleure méthode pour réduire le sans abrisme c’est de fournir «un bail et une clé» et non condamner à un parcours dans les dispositifs d’hébergement d’urgence. Il est temps de changer de posture pour en finir avec la logique prescriptive d’assistance, de contrat et de contrôle, au travers de laquelle «le logement se mérite».

Le logement, la mise à l’abri et la protection des personnes dans le besoin, doivent être des droits inconditionnels.

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