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"À Paris, place au peuple !"

Laïcité : pas de subvention pour l’Institut des Cultures d’Islam

 

Mme Danielle SIMONNET.- Mes chers collègues, sans surprise, comme chaque année, je voterai contre cette délibération.

Non, Madame MÉHAL, je pense qu’il est faux de dire que l’on a créé l’Institut des cultures d’islam pour déconstruire les représentations dans le cadre d’un contexte international difficile. C’est complètement faux. On a construit l’Institut des cultures d’islam pour contourner la loi de 1905 et, par le biais de la confusion entre cultuel et culturel, permettre la création d’une salle de prière. C’était cela, la première motivation. Par ailleurs, je continue à avoir un désaccord sur la partie culturelle. J’estime que nous avons besoin d’un lieu transculturel qui soit ouvert sur le quartier et qu’en aucun cas, les cultures transculturelles ne sont réductibles à une religion.

Pour reprendre votre expression sur le contexte international difficile, il faut justement déconstruire. Pourquoi confessionnaliser l’organisation politique du monde ? Pourquoi réduire la Syrie à une religion ? Je dis ce pays-là, je pourrais en prendre un autre. Et pourquoi réduire les artistes, celles et ceux qui créent, à une appartenance religieuse ? Vous avez des œuvres et des créations qui peuvent être inspirées et liées à une orientation spirituelle. Mais réduire des créations issues de zones géographiques à une appartenance supposée religieuse, je pense que c’est une erreur. Je reste profondément laïque et universaliste. Et donc, je ne fais pas d’assignation à résidence religieuse, quel que soit l’endroit du monde et quels que soient les quartiers de Paris. Je pense que, justement, la culture est là pour émanciper. L’émancipation, c’est justement par l’organisation de la rencontre et des rencontres multiples, sans assignation à résidence communautaire quelle qu’elle soit.

Une fois que l’on a dit cela, à l’ICI, il se passe des choses passionnantes. Il y a une programmation très intéressante, loin d’être réductible à une religion. Parmi les artistes qui exposent, ils n’ont pas forcément un rapport avec l’islam. En revanche, il y a une autre difficulté dans ce lieu. Ce lieu a, lui aussi, du mal à trouver sa connexion avec le quartier. Il a du mal à avoir suffisamment de projets d’échange. Je ne dis pas qu’il n’y en a pas. Je rêve que l’ICI se transforme en centre transculturel avec des actions d’éducation populaire et d’appropriation sociale de la culture. Je sais, c’est redondant par rapport à ce que j’ai dit sur le “Centquatre”, mais, pour moi, ce sont des réflexions similaires.

Je vous remercie.