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"À Paris, place au peuple !"

Intervention sur les crèches confessionnelles

Nos débats sur ce sujet ont conduit la ville à adopter une convention exigeant aux associations de respecter certaines conditions. Ces crèches ont l’obligation d’accueillir des enfants sans discriminations aucunes. Elles se doivent de participer aux commissions d’attribution organisées par les mairies d’arrondissement. Elles se doivent de respecter la laïcité et de n’afficher aucun signe religieux qu’il soit…

 

Sur le papier, les consciences de certains sont sans doute rassurées. Pas les nôtres.

Je souhaiterais, comme en décembre dernier, attirer votre attention sur le financement des structures d’accueil de la Petite Enfance gérés par les AFC, les Associations Familiales Catholiques.

Comme je le disais en novembre dernier, la confédération des AFC est à l’origine de la saisie du tribunal administratif qui a conduit au retrait de l’agrément Education Nationale de SOS Homophobie. Toutes les familles voulant déposer leurs enfants aux haltes-garderies gérées par une AFC doivent adhérer à cette dernière et reçoivent par conséquent le bulletin trimestrielle dans lequel l’AFC a développé son opposition au mariage pour tous, à l’euthanasie ou encore contre le remboursement de l’avortement et contre l’accès à la pilule du lendemain pour les mineurs à l’école…

De fait, en finançant ces crèches, nous les aidons dans cette propagande réactionnaire. Hors de question pour nous de le cautionner ! Dans le contexte de progrès des droits pour tous, ces associations ont accentués le discours de rejet de valeurs républicaines telles que l’égalité en soutenant notamment les maires qui refuseraient de célébrer des mariages entre personnes de même sexe. Sous couvert de liberté de conscience, alors que les agressions ont connu une hausse de 27% par rapport à l’année précédente, elles prennent position contre les actions conduites pour lutter contre les discriminations homophobes.

Bien sûr, la liberté d’expression doit être respectée pour ces AFC comme pour toutes les associations. Mais en finançant ces crèches gérées par les AFC, de fait, nous offrons une surface de visibilité et de développement des AFC auprès des familles parisiennes très importantes, aux dépends des associations familiales laïques. Est-ce là notre choix politique ? En tous les cas ce n’est pas le nôtre !

Prenons conscience, qu’une famille aujourd’hui qui n’a pas de place en crèche municipale dans son arrondissement, est orientée, par les services mêmes des arrondissements, soit vers des crèches confessionnelles loubavitch dans les 11e, 13e, 17e, 18e, 19e et 20e arrondissement de Paris, soit vers des crèches des associations familiales catholiques dans les 14e, 15e et 16e arrondissement.

Ne trouvez-vous pas cela choquant ?

Rappelons-le, nous n’avons rien contre quelque communauté religieuse que ce soit. Si des familles font le choix pour des raisons qui leur sont propres, de vouloir mettre leurs enfants dans ce type de structure, qu’elles se les financent. Nous ne devons pas soutenir cette conception où dès la petite enfance, des enfants devraient être regroupés par appartenance communautaire. Franchement, est-ce bien là notre conception du vivre ensemble que nous voulons promouvoir par nos politiques locales ?

La collectivité, n’a pas à financer avec l’argent du contribuable, des crèches confessionnelles ou communautaires. Cette année encore, comme depuis 2008, nous votons donc contre ces subventions.

La solution, vous la connaissez. Il faut reprendre en régie directe ces crèches associatives (comme celles des entreprises privées) financées par la ville, pour donner la garantie d’un traitement équitable des familles, laïque, respectueux des obligations professionnelles multiples si essentielles quand il s’agit de l’éveil des toutes petits. Seul le service public de la petite enfance peut apporter des solutions universelles respectant la laïcité.