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"À Paris, place au peuple !"

Intervention sur la subvention et la convention avec l’association “Vers Paris sans Sida” (19e)

Mon intervention :

Mme Danielle SIMONNET. – Mes chers collègues, bien sûr, je voterai également pour cette délibération, car nous savons que l’on peut avoir un monde sans Sida. On peut faire disparaître le Sida, c’est possible, sans vaccin, grâce aux traitements, mais il faut de l’argent pour que tout le monde ait accès aux traitements. Et d’ailleurs, en ce moment, sachez qu’il y a environ 3.200 personnes meurent chaque jour du Sida dans le monde, tout simplement par manque de volonté politique.

En France, on n’a pas d’excuses, parce qu’on a la Sécurité sociale. Et en France, cet héritage de 1945 peut permettre que tout le monde ait droit aux traitements. Pourtant cela ne suffit pas, il y a besoin de faire bien d’autres actions.

Comme la délibération le rappelle, l’épidémie reste concentrée dans deux groupes. Un groupe qui concerne 38 % de migrants, et donc il y a besoin d’actions spécifiques, et depuis de nombreuses années la Ville soutient les actions spécifiques en direction de ces publics. Dans la délibération, le projet de l’association “Vers Paris sans Sida” vise aussi à travailler avec ces publics.

Là-dessus je voudrais dénoncer avec vigueur une des conséquences indirectes de la mesure de Mme PÉCRESSE, quand elle refuse toute aide aux personnes sans papiers concernant les transports. Comprenez que dans les conséquences indirectes d’une telle disposition, il y a aussi notamment l’accès aux soins, l’accès à des actions de prévention, et on voit bien toute l’aberration de mesures discriminatoires comme cela.

Le deuxième groupe, il est écrit dans la délibération, 50 % sont des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, et évidemment comme mes collègues l’ont rappelé, les affiches montrant des homosexuels 200 fois plus fragiles que les personnes hétérosexuelles face à l’épidémie du Sida et au risque de transmission, eh bien ces affiches menées par le Ministère, par le Gouvernement étaient nécessaires.

Je suis comme mes chers collègues, non seulement choquée mais aussi scandalisée par la réaction d’un certain nombre de maires, et je voudrais vous citer une phrase hallucinante de l’indignation des associations familiales catholiques, on en parlera tout à l’heure, qui gèrent notamment certaines crèches municipales parisiennes que nous finançons.

Les associations familiales catholiques demandaient aux maires de retirer ces affiches et déclaraient “On se voit obligé de parler homosexualité en famille”.

Wouah… Wouah… Oui, ces affiches, il faut vraiment continuer à les coller et j’espère que la délibération que nous allons voter permettra aussi de redoubler les campagnes de sensibilisation et ce type d’affiches qui auront pour conséquence indirecte que l’on parle de l’homosexualité en famille.

Quelle émancipation pour toutes et tous que l’on parle enfin de l’ensemble des sexualités en famille, pour le droit d’aimer de toutes les façons possibles.

Mes chers collègues, oui, quelle honte pour ces maires d’Aulnay, d’Angers, qui ont interdit ces affiches, qui ont d’emblée été remplacées par des publicités sexistes d’Uber, vous imaginez la provocation, qui posaient bien plus de problèmes de débat en famille, parce qu’on voyait des femmes réduites à de purs objets.

Pour terminer, je voudrais dire que cette délibération, le seul regret que j’ai, c’est que dans ce projet que je soutiens totalement de l’association “Vers Paris sans Sida”, du fait sans doute d’une insuffisance de moyens alloués par les pouvoirs publics à tous les niveaux, la structure doit reposer en partie sur les dons privés.

Cette recherche d’argent privé pour pouvoir mener l’ensemble de ces actions de communication, alors que j’estime que sur un enjeu aussi majeur de santé publique, on devrait être capable d’assumer un financement 100 % public pour atteindre ces objectifs.

Vous l’aurez compris, cela n’est pas une critique sur la délibération mais plus globalement sur l’insuffisance des moyens que nous allouons à la santé pour l’ensemble de nos objectifs.

J’espère, mes chers collègues, que nous serons unanimes dans ce Conseil pour adopter cette délibération.

Je vous remercie.

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