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"À Paris, place au peuple !"

Intervention et vote contre le budget 2017

Les vœux que j’ai défendus :

Mon intervention : 

Mme Danielle SIMONNET. – Mes chers collègues, 4 milliards, oui, 4 milliards, voilà la dette du quinquennat de François HOLLANDE à la Ville de Paris. 4 milliards, voilà ce qu’il doit à la collectivité parisienne.

Oui, Monsieur BARGETON, vous ne pouvez même pas nier ce fait : il est là. La dette de l’Etat due à Paris, qui était de 1,3 milliard d’euros sous Bertrand DELANOË et sous le mandat, le quinquennat de Nicolas SARKOZY, s’élève aujourd’hui à 5,3 milliards, soit 4 milliards cumulés sous le quinquennat de François HOLLANDE. C’est l’équivalent de la moitié d’un budget annuel.

Heureusement, maintenant, vous commencez à nouveau enfin à revendiquer le remboursement de cette dette, alors que vous aviez décidé d’effacer l’ardoise une fois HOLLANDE arrivé au pouvoir.

Vous déplorez la baisse des dotations de l’Etat mais vous n’avez pris aucune mesure, aucune initiative pour organiser un réel rapport de force afin de s’y opposer. La baisse des dotations cumulées à la hausse des contributions de péréquation est telle qu’aujourd’hui la Ville doit quasiment autofinancer l’ensemble de ses politiques publiques.

La Ville s’est enfin décidé depuis 2015 à augmenter les D.M.T.O., les taxes sur les transactions immobilières. Si elle l’avait fait depuis le début du quinquennat comme je le demandais ainsi que d’autres groupes, on aurait pu améliorer la qualité des services publics et le soutien aux associations de façon bien plus conséquente. Les mesures sur l’encaissement des loyers issus du conventionnement par ailleurs ne constituent qu’un “one touch”. Attention, car ce n’est pas cela qui permet de penser l’avenir.

Si Paris, ville riche, du fait de la spéculation immobilière et de la gentrification qui s’est aggravée, peut soutenir le choc de ces baisses, la majorité des collectivités sont aujourd’hui en état d’asphyxie. Paris devrait d’autant plus prendre la tête d’une opposition réelle à ces politiques d’austérité, imposées par les gouvernements successifs et les injonctions de Bruxelles.

Résultat : la Ville de Paris applique des coups de rabot sur l’ensemble de ces dépenses cette année comme l’année précédente, et ce sera pire encore l’année suivante.

Non sans cynisme, les dépenses sociales liées à l’aide sociale à l’enfance pour les mineurs isolés étrangers, pour le R.S.A. et la prise en charge des personnes âgées, sont fortement diminuées, au nom d’une soi-disante amélioration de la situation économique. Mais où habitez-vous ? D’où provenez-vous ? Comment pouvez-vous considérer que la situation sociale sur la capitale ainsi que sur l’ensemble du territoire national s’améliore ?

Dans les faits, par exemple, 80 % des jeunes sollicitant une prise en charge M.I.E. se voient refuser, près d’un ayant droit sur deux – pardon – au R.S.A. y renonce, et souvent faute d’informations ou du fait d’un manque de suivi social. Quand on sait que la situation des personnes âgées se dégrade par un manque de capacité d’accueil et d’effectifs dans les E.H.P.A.D. parisiens, comment osez-vous baisser les moyens alloués à la politique sociale de la capitale ?

Concernant la situation de la Ville, je ne donnerai pas tous les détails qu’il y a dans cet excellent tract de la C.G.T. que, je l’espère, vous avez tous lu avant d’arriver, et qui montre bien que d’un point de vue du personnel, s’il y a eu 253 créations d’emplois pour pallier notamment la création des nouveaux équipements, ils n’ont été faits que par redéploiement puisque nous avons dans ce budget, dans le volet emploi, 253 suppressions de postes.

Et que se passe-il ? Il y a une souffrance au travail qui s’aggrave dans l’ensemble des directions de la Ville de Paris. Oui, une souffrance au travail du fait de l’insuffisance des moyens et effectifs humains et de la précarité persistante et du renforcement des tâches …

Je conclus. Je conclus, chers collègues. Le soutien aux associations est fortement impacté. En premier lieu, les subventions de fonctionnement au mépris de l’autonomie des libertés associatives et juste une phrase sur le logement, si vous me permettez.

Vraiment, quand on entend les rangs de la droite, s’étouffer parce qu’on fait du logement social et crier aux classes moyennes et leur accès à Paris. La gentrification de la capitale exclut les couches populaires et moyennes du salariat du fait même de la spéculation immobilière et de l’insuffisance de la politique en faveur de logement social. En effet, on pourrait bien plus assumer un recours plus conséquent à l’emprunt pour développer plus encore le logement social.

Je vous le dis et le redis, derrière le mot “classe moyenne” qu’entendez-vous ? Dans les définitions de l’A.P.U.R., vous avez une grande partie des personnes qui sont considérées comme classe moyenne et qui sont éligibles au logement social.

Bref, pour toutes ces raisons, comme les années précédentes je voterai contre ce budget.

Je vous en remercie.

One Comment

  1. Bravo, encore Bravo
    Bonne année
    Don Pablo

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