Pages Navigation Menu

"À Paris, place au peuple !"

Intervention relative au Programme local de l’Habitat modifié et à la mixité sociale

Mon intervention :

Cette délibération est importante mais elle pose pas mal de débats. Il y a plusieurs aspects. D’abord, vous avez l’aspect des suppléments de loyers, de comment on prend en compte la nouvelle loi qui revient sur la loi Boutin sur les suppléments de loyers. Or, dans la délibération, on a le souhait de préserver une mixité dans un certain nombre de quartiers, en essayant d’atténuer et de faire en sorte que 4.000 familles ne soient pas assujetties à l’augmentation de 100 euros de loyer. 

L’objectif de la Ville néanmoins, dans un certain nombre de quartiers, est de faire en sorte de préserver la mixité et de faire en sorte que les familles qui seraient assujetties à un supplément de loyer, notamment de 100 euros, ne soient pas pénalisées par cette mesure et c’est préserver le pouvoir d’achat, notamment de 4.000 foyers parmi les 5.000 concernés.

On est par ailleurs face à des familles qui n’ont pas des gros revenus, puisqu’on est sur les plafonds au-delà de 120, plafonnement des logements sociaux, jusqu’à 150. Si on reprend les terminologies de l’APUR, on est sur les couches plutôt basses des classes moyennes.

Pour moi, ces mesures vont dans le bon sens à ce niveau-là parce qu’il faudrait d’ailleurs repenser complètement le rapport entre le loyer et les revenus. Aujourd’hui les loyers sont calculés en fonction de la nécessité de remboursement du coût du logement sur un certain nombre d’années, et non pas en fonction d’un taux d’effort des familles. Or, on devrait le calculer autrement.

Sur cet aspect, on souhaiterait que la préoccupation de la mixité soit bien plus forte dans les quartiers plutôt aisés, où la préoccupation de la mixité est beaucoup moins conséquente, je pense, alors qu’elle l’est à chaque fois sur les quartiers dits populaires.

Mais quel est le fond du problème auquel ce type de mesure ne répond pas et pour lequel je trouve que la politique menée par la Ville en matière d’habitat ne répond pas ?

Aujourd’hui, la difficulté à laquelle nous sommes confrontés, c’est celle de l’exode continu des couches populaires et moyennes du salariat de la Capitale, du fait de la spéculation immobilière qui continue à exploser. Malgré une politique volontariste de la Ville en faveur du logement social depuis 2001, cet exode a continué sans cesse de chasser ces couches populaires et moyennes.

L’enjeu n’est pas tant, pour moi, de préserver une mixité dans les quartiers populaires que de préserver le peuplement des classes populaires dans l’ensemble de la Capitale. Là, je continue à dire que les ratios entre P.L.A.-I., PLUS et même P.L.A.I.-S PLUS, par rapport au ratio P.L.S., ne correspond pas à ce que nous devrions faire, premièrement.

Deuxièmement, je l’avais d’ores et déjà dit à nouveau lors du débat budgétaire, le recours à l’emprunt qui est le nôtre, celui de la Ville, est certes conséquent en faveur du logement social mais pourrait être beaucoup plus conséquent. Puisque l’ambition de la Ville reste d’atteindre les 25 % de logements sociaux à l’horizon 2025, alors que l’on aurait pu, avec un recours plus conséquent à l’emprunt, atteindre les objectifs dès la fin de mandature.

Finalement, lorsque vous avez une politique de préemption, notamment dans les quartiers populaires, pour essayer de développer du logement social dans des logiques qui sont plus proches de celles de l’autofinancement du logement social que d’assumer un véritable recours à l’emprunt, on est dans une situation où on a réduit dans nos quartiers populaires un grand nombre de logements sociaux nécessaires pour les réhabilitations mais qui en fait ont réduit le nombre de logements accessibles aux catégories populaires.

C’est ainsi que l’on peut expliquer qu’il y a toujours eu cette éviction des classes populaires et moyennes du salariat de la Capitale. Cette problématique de la gentrification de la Capitale et de l’exode n’est jamais suffisamment prise en compte.

Donc globalement, je trouve que l’ensemble de notre politique ne permet pas d’aller dans ce sens, et je ne voterai pas cette délibération.

Je vous remercie.

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *