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"À Paris, place au peuple !"

Intervention relative aux panneaux publicitaires

Ah là là, mais par quoi commencer ?

En fait, je vais peut-être commencer par chanter une petite chanson à M. Jean-Baptiste de FROMENT, une petite chanson de M. FROMET, tiens. Parce que franchement vous êtes… Par ailleurs, il n’y a pas que vous ; je pense qu’à part le groupe Europe Ecologie-Les Verts, tout le monde est en train, comme le chante Frédéric FROMET : “Tomber dans le panneau de J.C. Decaux…” Vraiment, je vous invite à écouter cette chanson.

Ah, ça vous réveille. Je la refais ? “Tomber dans le panneau de J.C. Decaux.” Ah, tout de suite j’ai une attention beaucoup plus forte. Je vais pouvoir continuer mon propos. Ecoutez, quand j’entends tout ce violon sur la ville intelligente, ce violon sur la vie intelligente, sur la ville innovante, tout cela pour quoi ? Pour nous abrutir plus encore avec des panneaux numériques qui vont nous conditionner dans la publicité encore plus et consommer d’autant plus d’énergie alors que tout le monde, une intervention avant ou après, reprendra le violon de la nécessité de réduire nos consommations énergétiques. Quelle hypocrisie, tout cela !

D’abord, par cette délibération, on veut nous faire croire qu’on va réduire la “pub” dans l’espace public, mais il n’en est rien. Evidemment, c’est la fin des panneaux de 8 mètres carrés, c’est la fin de l’articulation avec Vélib’, mais c’est 15 % du parc en panneaux numériques. Eh bien c’est un matraquage, vis-à-vis duquel le passant n’a plus le droit à la réception. En effet, un panneau numérique ne demande pas votre autorisation ; votre œil est tout de suite attiré et capté par le panneau numérique.

C’est bien pour cela que la “pub” sur écran est interdite dans le Règlement local de publicité. On va donc voter une délibération illégale ! C’est quand même dingue. A quoi cela sert d’avoir fait un Règlement local de publicité pour qu’on vote une délibération qui le contredit ?

La consommation énergétique est considérable, cela a été dit par d’autres collègues avant moi. Pour 15 % du parc en panneaux numériques, on consomme les deux tiers de la consommation totale. Surtout, ces panneaux SOMUPI devaient d’abord et avant tout être des panneaux au service de l’information municipale. Or on voit bien que la part publicitaire dessus prend totalement le pas.

J’ai lu, moi, avec attention les vœux du groupe Communiste contre les publicités sexistes et toutes les publicités de fait aussi dégradantes qui encouragent les discriminations ; bien sûr, je voterai ce vœu. Le corps des femmes n’est pas une marchandise, il ne doit pas être exploité comme un objet au service du consumérisme.

Mais je vous le dis, le meilleur moyen de lutter contre les “pubs” sexistes, contre les publicités discriminantes et dégradantes, c’est d’interdire les “pubs”, tout court ! L’émancipation, c’est interdire la “pub”. Eh oui, une ville sans “pub” ! D’autres villes l’ont fait. Il faut absolument sortir de ce conditionnement. C’est non seulement du consumérisme mais aussi un conditionnement à toute la culture dominante, qui vise à nous réduire non plus en tant que citoyens mais en tant que consommateurs. C’est une aliénation qui nous impose l’incorporation de comportements de “valeurs” et de toute l’idéologie dominante qui va avec. C’est le vecteur même de la reproduction du système et de sa domination patriarcale, par ailleurs. C’est cela, le rôle de la publicité dans l’espace public. C’est fait aussi pour nous divertir, pour ne pas avoir à penser et pour se comporter simplement tel que le système a besoin que l’on se comporte.

Oui, l’émancipation est une ville intelligente. C’est une ville qui contribuerait à nous désaliéner de cette société productiviste qui vise à nous réduire au rôle de consommateurs. Le propre même d’une publicité, c’est de nous conditionner à des stéréotypes et de les reproduire pour que justement on ne s’en émancipe pas.

On a parlé de cela mais, en aparté, j’en parlais avec ma collègue, qui disait qu’elle aurait pu aussi aborder la question des enfants et de la malbouffe. Vous voyez bien comment le consumérisme conditionne dès le plus jeune âge à des comportements alimentaires qui vont ensuite provoquer notamment des problèmes d’obésité. C’est donc une question d’émancipation, une question de santé publique, une question écologique, une question de santé, citoyenne, démocratique. Il faut sortir de cet envahissement publicitaire.

Je serai conséquente, je voterai contre cette délibération.

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