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"À Paris, place au peuple !"

Intervention relative à l’appel à projet “Inventons la métropole du Grand Paris”

Mon intervention :

Mme Danielle SIMONNET. – L’appel à projets “Inventons la Métropole du Grand Paris”, dans son vocable, est un bel exercice de novlangue libéral. On a tous les jolis mots magnifiques qui entourent toutes les délibérations liées à la métropolisation et l’Arc de l’Innovation. Evidemment, on retrouve l’attractivité du territoire, qui est le point central. Il faut donc absolument que notre Métropole soit attractive. Et donc, ça veut dire qu’il faut absolument qu’elle soit concurrente avec les autres territoires. Et en fait, je n’adhère absolument pas à cela. Je pense que tant que nous aurons cette conception de l’aménagement du territoire, de mise en compétition et en concurrence des métropoles entre elles, nous aurons un aménagement du territoire qui sera inégal.

Attractivité du territoire pour la Métropole du Grand Paris signifie qu’il faut attirer des activités économiques au détriment d’autres territoires. Voilà le problème fondamental. Au lieu de créer de l’activité, de créer du développement d’un territoire, on essaie d’attirer à l’encontre des autres. Bien.

Ceci étant dit, quel est notre objectif sur la Métropole du Grand Paris, par rapport à ces appels à projets économiques et urbains d’innovation ouverte, ce qui veut tout dire et rien dire ? On a le choix : soit on fait un appel à projets qu’on va évaluer en fonction de vrais critères socio-environnementaux, pour des projets qui permettent par exemple de contribuer à renforcer les mixités d’activités sur les territoires, à renforcer aussi les activités qui manquent et qui répondent à des besoins, qui présentent des innovations en terme de contribution à la transition énergétique, et cela, pourquoi pas ? Mais on peut aussi ajouter un autre critère, parce qu’on a le choix, sur les sites, qu’il s’agisse des 61 sites proposés ou des 8 qui sont pour tout ou partie propriété de la Ville de Paris.

On pourrait choisir que ces sites-là ne soient pas vendus dans le cadre de ces appels à projets mais fassent tous l’objet d’un bail emphytéotique. Et ainsi, il y a un critère supplémentaire à l’innovation sociale et écologique de ces appels à projets, c’est celle de la maîtrise du foncier, le fait qu’on garde la main du foncier sur ces appels à projets afin que “Inventons la Métropole du Grand Paris” ne soit pas “allez, c’est la fête des investisseurs privés et la fête des nouvelles recettes pour la Métropole du Grand Paris”, avec évidemment toujours la logique de la métropolisation, qui fait qu’il y a toujours une concentration au cœur de la Métropole. Et là, cela tombe bien, parce que pour la vente, forcément, la vente du foncier rapporte toujours plus au cœur de la Capitale, puisque c’est là que le foncier coûte le plus.

Je regrette donc qu’à chaque fois qu’on parle d’innovation, d’innovation ouverte, de tout cela, il n’y ait pas cette volonté d’innover dans la rupture avec les logiques néolibérales, et donc innover en protégeant le foncier.

Alors que par ailleurs, dans les faits, dans les différents projets “Réinventer Paris”, “Réinventer la Seine”, j’en passe, certains ont pu être faits dans le cadre d’un projet de bail emphytéotique. On pourrait le mettre comme règle pérenne pour l’ensemble de ces appels à projets. Voilà ma contribution.

Je vous remercie.

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