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"À Paris, place au peuple !"

Intervention sur le nouveau programme pluriannuel d’accès à l’emploi titulaire

Mon intervention :

Mme Danielle SIMONNET. – Vous ne serez pas surpris si je vous dis que je me retrouve totalement dans les propos de ma collègue Raphaëlle PRIMET.

On est dans une situation qui reste problématique. Le nombre d’emplois précaires à la Ville de Paris, ainsi que dans l’ensemble des trois fonctions publiques nationalement, est un véritable problème. D’abord parce que la situation d’emploi précaire ne permet pas aux agents de se projeter et donc de s’impliquer correctement dans le collectif de travail et que cela pèse et dégrade la qualité du service public.

Il est donc nécessaire d’être ambitieux dans la politique de titularisation de l’ensemble des précaires, à la Ville de Paris comme ailleurs. Or cette délibération nous montre que nous sommes bien en deçà de la satisfaction nécessaire des besoins.

Je ne reviens pas sur le précédent plan, ma collègue étant revenue là-dessus, et je vais m’arrêter à ce qui est prévu. Vous dites dans cette délibération que 846 agents ont été recensés comme étant éligibles au programme. Sur combien de précaires ? Il eut été fort utile que la délibération précise le nombre de non-vacataires à la Ville de Paris et je suis persuadée que bon nombre de collègues ici n’ont pas forcément une bonne maîtrise – celle-ci n’est pas si facile à avoir, c’est compliqué – de l’ensemble des conditions qu’il faut avoir pour être éligible dans le cadre de la loi Sauvadet.

Parmi ces précaires qui ne font pas partie des éligibles, combien ne sont pas éligibles parce qu’ils sont par exemple de nationalité étrangère ? Ou combien ne sont pas éligibles parce que par exemple ils sont en temps incomplet ? Voilà des précisions qu’il serait nécessaire à avoir parce que d’autres mesures peuvent aussi être faites pour néanmoins sortir de la précarité.

Les personnes de nationalité étrangère qui ne peuvent pas accéder au titre de fonctionnaire peuvent très bien sortir néanmoins d’une précarité en accédant à un C.D.I. Les temps incomplets peuvent être repensés, recalculés afin de leur permettre d’accéder à des temps complets qui ensuite leur permettent dans un deuxième temps d’accéder à l’éligibilité pour devenir titulaires. C’est ainsi une bonne partie du travail qui a été effectuée, notamment sur les agents de ménage.

Je salue ce travail et je salue aussi tout le travail qui a été mené, pas simplement par les services mais aussi par les organisations syndicales et par les agents de ménage eux-mêmes car il en a fallu, des batailles, pour arriver à ce résultat.

Ensuite, on découvre que pour ces 846 agents, il n’y aura que 248 postes. Pourquoi si peu d’ambition ? Evidemment, nous saluons la priorité donnée aux agents de ménage, mais pourquoi laisser ainsi encore dans la précarité autant d’agents – 248 postes pour 846 agents ? Je trouve que vraiment la Ville fait les choses au rabais quand on sait que ces 846 agents étaient déjà finalement bien peu de chose parmi les plus de 6.000 agents non-titulaires qui travaillent avec dévouement pour servir le service public municipal à Paris.

Vous le comprendrez, je trouve que les engagements de la Ville sont vraiment en deçà de ce qui est nécessaire dans une période et un contexte ou tant de néolibéraux veulent s’attaquer au statut de fonctionnaire, veulent réduire les effectifs.

Vous n’êtes pas sans savoir par ailleurs que la souffrance au travail ne cesse d’exploser dans l’ensemble des Directions de la Ville de Paris. Montrer une volonté un peu plus déterminée pour éradiquer la précarité à la Ville, voilà ce qui aurait été une politique à la hauteur des attentes et de la communication que vous en faites.

Je vous remercie.

 

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