Pages Navigation Menu

"À Paris, place au peuple !"

Intervention sur les modifications des modalités du stationnement payant de surface à Paris

Mon intervention :

Madame la Maire, mes chers collègues. Si l’objectif est réellement de diminuer l’usage de la voiture individuelle de la capitale, on sait pertinemment qu’il y a d’autres leviers que la Ville utilise. On parlera ultérieurement de la question de la piétonisation des voies sur berge que je soutiens amplement ; on pourra parler également du développement des transports en commun, même si je crois que certaines délibérations sont retirées concernant la Traverse.

On ne parle jamais d’ailleurs assez, et c’est fort dommage, de la question pourtant centrale du réaménagement du territoire. Posons-nous la question, pourquoi les personnes ont-elles une voiture à Paris, et je parle des personnes qui ont besoin de l’utiliser quasi quotidiennement, c’est généralement parce qu’elles subissent une distance domicile-travail qui, par ailleurs, les contraint d’utiliser la voiture, du fait aussi de la difficulté de certains transports en commun.

Nous devons penser cet aménagement du territoire, c’est toujours l’impensée de nos politiques où on continue à avoir un aménagement totalement libéral où les classes populaires sont renvoyées dans le 93 pour y dormir et, en même temps, envoyées travailler à l’autre bout de la région Ile-de-France dans d’autres départements. Un certain nombre de Parisiens sont aussi contraints de faire des distances pas possibles dans d’autres départements pour aller travailler, sans qu’il y ait toujours suffisamment de maillage en transport en commun.

La question centrale est celle-là.

Alors, regardons plus attentivement la question du stationnement. Je pense que là, on se moque de nous. On se moque de nous parce que ce n’est pas pour des raisons écologiques que l’on explose le stationnement, sinon on prendrait des mesures également contre les parkings privés.

S’il s’agissait de dissuader l’usage de la voiture, on demanderait au Parlement d’inventer une loi qui matraque en centre urbain les parkings privés, également que le stationnement résidentiel en surface.

Qui est concerné ? Eh bien, ceux qui n’ont pas les moyens de se payer un parking privé sont les plus concernés par la question de l’augmentation des tarifs résidentiels. Donc, ceux qui ont une jolie Mercedes, un beau 4×4, dans les quartiers chics parisiens, ils ne subiront pas la hausse du tarif résidentiel.

Je reprends l’argument dit précédent, on considère que c’est une mesure pour lutter contre les pics de pollution que de rendre gratuit le tarif résidentiel pendant les pics de pollution, pourquoi ne pas le penser sur une durée plus longue, à commencer déjà, par exemple, dès que l’on atteint les premiers seuils d’information.

Finalement, on est dans une stratégie de recherche des recettes. Je vais vous proposer, concernant les parkings, de récupérer une autre recette. Peut-être que cela intéressera notre adjoint en charge des Finances. Je vous propose cadeau, c’est Noël, 45 millions d’euros à récupérer par an, c’est pas mal ! Ce n’est pas négligeable. C’est parfois une petite goutte d’eau par rapport à l’ensemble de nos problématiques de baisse des dotations de l’État. Mais il suffirait de remunicipaliser les parkings, simplement ceux gérés par Vinci et hop ! On récupère les 45 millions d’euros que eux se font dans la poche en termes de bénéfice net sur le dos du contribuable parisien, sur le dos des citoyens parisiens, sur le dos de celles et ceux qui utilisent les parkings Vinci.

De la même manière, ne vous engagez pas à privatiser le contrôle de la verbalisation du stationnement parce que les boîtes privées qui répondront aux marchés d’appels d’offres s’en mettront plein les poches également car il n’y a pas de logique ainsi de générosité d’une entreprise privée. Une entreprise privée est là pour dégager du profit, c’est la règle, c’est la loi, c’est le principe libéral. Donc municipalisons, gardons cela dans le cadre du service public, et pensons à d’autres politiques concernant la réduction et l’abandon de l’usage de la voiture individuelle à Paris.

Je vous remercie.

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *