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"À Paris, place au peuple !"

Intervention sur l’Hôtel-Dieu

Mon intervention :

Mme Danielle SIMONNET. – Mme SIMONNET est très en colère sur l’Hôtel-Dieu parce que, franchement, oh oui ! Vraiment très en colère, car c’est vraiment du “foutage de gueule”, on va se le dire concrètement. Que se passe-t-il ? Nous venons d’apprendre, il y a à peine deux semaines, qu’était en cours le dépeçage définitif pour mars, réduisant à un cinquième de sa surface, celle dédiée aux soins à l’Hôtel-Dieu. On a d’abord une accélération dans l’opacité : 23 novembre dernier, un marché d’appel d’offres de maîtrise d’œuvre est publié pour la restructuration de l’Hôtel-Dieu, avec un calendrier accéléré pour une réception des offres au 19 décembre et un début des travaux possibles dès mars 2017, sans aucune concertation. On a pu y découvrir la nouvelle programmation architecturale très éloignée de celle déjà insatisfaisante présentée en juin 2016 et datant de février 2016, et toujours pas débattue ici.

On a donc des soins réduits à un cinquième de la surface de l’hôpital. Cette nouvelle programmation prévoit en effet de réduire la surface accordée aux soins à seulement un cinquième de cette surface totale, soit seulement 10.000 mètres carrés puisque 20.000 mètres carrés sont prévus pour des activités administratives de bureau, de recherche, dans le cadre de l’Institut hospitalo-universitaire. Un village de Potemkine, une vitrine santé sans soins avec hébergement de “start-up” de santé.

Puis on a aussi 20.000 mètres carrés alloués à la Ville de Paris en vue d’une valorisation, sans que ni les Conseillers de Paris ni les professionnels de santé, et encore moins les habitants, ne soient tenus informés du projet. Qu’y-a-t-il derrière ce terme “valorisation” ?

Je termine. Gabegie totale d’argent public, qui plus est parce que le programme prévoit de détruire les services refaits à neuf il y a peu, comme les urgences, la radiologie, le médico judiciaire. A cette gabegie d’argent public s’ajoutent des centaines de millions d’euros alloués à des programmistes, cabinets en tout genre et formation au “lean management”.

Dans ce vœu, Madame la Maire, j’exige que la Ville de Paris interpelle l’A.P.-H.P. pour qu’elle renonce au marché d’appel d’offres et qu’un vrai débat ait lieu enfin, pour un projet complémentaire au service d’un hôpital de proximité en plein cœur de Paris.

Je rappelle la situation de sursaturation de l’ensemble des urgences dans la Capitale, alors que dans le même temps les urgences de l’Hôtel-Dieu sont en sous-activité puisque les pompiers n’y interviennent toujours pas.

Je ne redis pas aussi l’ensemble des propositions que d’autres Conseillers de Paris ici même, comme moi, ont pu faire concernant des actions répondant aux urgences humanitaires dans l’enceinte de l’hôpital.

Tout cela pour dire que cette situation au niveau de l’Hôtel-Dieu est catastrophique. J’aimerais bien savoir qu’est-ce que la Ville peut donner comme explication sur son projet de participer à ce dépeçage de l’hôpital public.

Je vous remercie.

Mme Danielle SIMONNET. – Madame la Maire, je ne suis absolument pas convaincue, ni par vos propos, ni par les propos de M. JOMIER.

Tout simplement parce que les 20.000 mètres carrés de valorisation alloués par la Ville de Paris, comme par hasard c’est l’emprise face à Notre-Dame qui reprend intégralement les locaux de l’Hôtel-Dieu qui avaient été refaits à neuf il y a moins de 5 ans.

Quelle est la nécessité de détruire les locaux, justement, de soin et notamment les urgences pour ce soi-disant projet de revalorisation ?

En plus, vous parlez du conseil de surveillance. Quel projet a été présenté au conseil de surveillance ? Celui qui date de février 2016 ou celui qu’on découvre dans le marché d’appel d’offres ? Vous dites que vous allez faire un concertation avec tout le monde. Quel bonheur !

Mais cela fait combien d’années que j’interviens ici, déjà face à M. Jean-Marie LE GUEN, qui est d’ailleurs bien souvent absent dans cette Assemblée ? M. JOMIER a repris vraiment la bonne suite après M. LE GUEN, dans la même philosophie. Excusez-moi, mais combien de fois ? A chaque fois, il a fallu l’imposer, le débat ! Jamais nous ne l’avez organisé ni anticipé ! Vous savez, Madame la Maire, je pense que l’on peut donner un bon exemple quand on se met en colère, parce qu’il peut y avoir des colères salutaires. Il y a des saines colères, oui, tout à fait, et qui sont utiles parce que je continue à considérer, Madame la Maire, que sur l’Hôtel-Dieu, le jour où enfin l’A.P.-H.P. décidera d’étudier le projet complémentaire, pour un hôpital de santé public, on avancera.

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