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"À Paris, place au peuple !"

Intervention sur l’aménagement des berges de Seine

Mon intervention :

Mme Danielle SIMONNET. – Ecoutez, mes chers collègues, c’est vraiment le débat récurrent et pourtant, je le dis et le redis, face aux problèmes majeurs de santé publique, il faut réduire la place de la voiture dans la Capitale et, oui, la piétonisation des berges sur Seine fait partie de ces projets de grande ambition qui doivent y contribuer.

Bien évidemment, dans le rapport d’observation définitif de la Chambre régionale des comptes, qui concerne – précisons-le – seulement la première phase de l’opération d’aménagement des berges de Seine de 2010 à 2013, il y a des éléments contradictoires.

Vous dites, Monsieur POZZO di BORGO, et d’autres collègues avant vous, qu’il faudrait plus de pensée cohérente entre la Ville et la Région Ile-de-France. Mais bien sûr, et là, je suis tout à fait d’accord avec vous, il serait temps que la Région Ile-de-France ait une vision un peu plus cohérente sur la façon dont elle doit mettre en œuvre la réduction de la voiture dans la Métropole du Grand Paris.

Mais cela se traduit dans quoi ? Dans quelles mesures prises par la Région ? L’augmentation du tarif des transports en commun décidée avec le Gouvernement récemment ? Non, vous le savez bien.

Y a-t-il une volonté, dans le réaménagement du territoire par exemple, pour exiger de Neuilly de cesser d’être un ghetto de riches et pour permettre de réduire les distances domicile/travail en pensant la mixité d’activités sur l’ensemble des territoires pour réduire les distances subies ? Non, rien, il n’y a aucune mesure sur l’aménagement du territoire prise par la Région Ile-de-France allant dans ce sens.

Concernant la question de la santé publique, dans l’impact dans la lutte contre la pollution, nous avons besoin de temps long pour évaluer l’impact des mesures de la piétonisation des voies sur berge. Car oui, comme le dit le rapport de la Chambre régionale des comptes, on voit une diminution forte évidemment de la pollution sur les voies, néanmoins, on constate un report de pollution augmenté sur certaines voies qui ont été l’objet du déplacement du trafic.

Mais parce qu’on doit penser cette action dans le temps long, c’est une planification dont l’objectif est la réduction de l’utilisation de la voiture individuelle en centre-ville. Par conséquent, évidemment, la dégradation des conditions de circulation automobile dans la Capitale procède et participe de la bataille pour que les uns et les autres essaient de cesser d’utiliser la voiture individuelle.

Je pense donc que nous n’avons pas encore suffisamment de recul en termes de temps pour en voir l’impact, même si je continue à penser, tout en soutenant la piétonisation des voies sur berge, qu’en aucun cas cela ne peut être cette unique mesure qui contribue à dissuader de l’usage de la voiture.

Maintenant, dans ce rapport il y a d’autres éléments forts intéressants qui mériteraient de grandes réflexions de la Ville. Concernant les animations, le rapport est quand même assez sévère : imprécision du cahier des charges, difficulté d’évaluer les prestations rendues, abandon des recettes de partenariat liées aux prestations d’animation. Il y a quand même de sacrées zones d’ombre, par exemple quand on lit, page 26 du rapport, que selon toute vraisemblance, les recettes de partenariat obtenues dans le cadre du marché et abandonnées à la société mandataire ont été incluses dans la facturation faite à la Ville de Paris par la société et imputées pour la partie mise en œuvre de la programmation censée traduire des dépenses d’animation sans pour autant que l’équipement payé n’appartienne à la Ville.

On voit bien qu’il y a pas mal de choses à penser dans l’ensemble des marchés qui ont été passés, où il me semble que les intérêts privés ont certainement pris un peu le dessus même si tout cela s’est fait dans un attachement à la gratuité – et c’est très bien – mais avec d’autres activités à caractère lucratif.

J’aimerais que, concernant les animations, il n’y ait pas simplement une réflexion sur la manière de mettre en place une occupation piétonnière, qui pourrait relever simplement de l’occupationnel. J’aimerais aussi qu’on réfléchisse à la façon dont véritablement on pense à la réappropriation des voies sur Seine pas simplement comme des lieux de programmations plaquées, artistiques, culturelles et sportives, en menant une vraie réflexion avec des démarches d’éducation populaire et qui permettent à un certain nombre d’associations innovantes d’ailleurs, créatives, de pouvoir aussi donner à partager, à vivre ensemble, ce qu’elles font.

J’ai l’impression que l’on a des prestataires de l’événementiel avec lesquels on fait des marchés et où il y a quand même une opacité sur les sommes engagées – qui sont colossales – et des associations à qui on demande de bricoler des choses avec des bouts de chandelle dans les quartiers populaires.

Or il y aurait la possibilité que l’ensemble des Parisiens se réapproprient les berges sur Seine, Et je terminerai, et que des associations d’éducation populaire très novatrices des quartiers populaires avec leurs habitants puissent proposer en partage les activités sur les voies sur berges.

Je vous remercie.

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