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"À Paris, place au peuple !"

Intervention sur la convention pluriannuelle avec des associations gestionnaires d’établissements de la petite enfance

Mon intervention :

concernant la délibération qui nous est soumise aujourd’hui, je vais voter contre et je vais vous expliquer pourquoi. Oui, je reconnais que, dans cette délibération portant sur les conventions pluriannuelles d’objectifs avec les associations gestionnaires d’établissements de la petite enfance à Paris, il y a de belles progressions à saluer et je les salue, notamment la volonté de faire en sorte que ces structures atteignent une part de 50 % d’alimentation bio et durable d’ici à 2020 – c’est important -, le fait qu’il y ait des améliorations notables sur les conditions de travail des professionnels, notamment l’instauration de cette nouvelle prime mensuelle de 100 euros nets en direction des auxiliaires de puériculture recrutés au sein des structures associatives.

Je tiens aussi à saluer l’accompagnement des structures pour la nécessaire mise en place des plans de mise en sécurité, extrêmement importants. Et il faut saluer le fait qu’on ne laisse pas les structures seules à devoir gérer cela. Et pourtant, je voterai contre. Je voterai contre parce que, parmi les 124 associations qui gèrent un total de 264 établissements d’accueil de la petite enfance, comme vous le savez, il y a environ 32 établissements qui sont gérés par des structures professionnelles. Il s’agit des crèches confessionnelles, soit les crèches confessionnelles des associations familiales catholiques, vous savez, celles dont je parlais tout à l’heure, ces associations si réactionnaires qu’elles s’offusquent de considérer qu’en famille, on devrait parler de l’homosexualité. Il faut savoir que ces 32 établissements, qui gèrent environ 1.700 places, bénéficient d’environ 3,3 millions d’euros par an de moyens alloués par la Ville de Paris.

J’estime que le principe de base de la laïcité veut que l’argent public aille à des structures soit publiques, et vous savez mon attachement à un service public de la petite enfance, soit au moins à des structures associatives néanmoins laïques. C’est un principe essentiel. Et je déplore que, dans la même délibération, vous mêliez les signatures de conventions avec l’ensemble des associations, la grande majorité qui sont laïques, et cette poignée que nous héritons, déjà depuis 2001, des mandatures précédentes et qui, elles, ne sont absolument pas laïques. Vous allez me dire : oui, mais il y a justement la convention, la charte laïcité et puis, elles participent aux structures d’accueil de la petite enfance. Et je connais toute la petite musique qui va avec. Ben oui, sauf qu’il y a du pipeau derrière tout cela.

Vous savez très bien que lorsque les structures participent aux commissions d’attribution des places en crèche, quand elles arrivent à cette étape-là, généralement, plus des trois-quarts des capacités d’accueil sont déjà pourvues par un rapport communautaire et qui fait que les structures dans le 19e arrondissement vont avoir leur propre autorecrutement à caractère communautaire par le biais des associations familiales Loubavitch, et lorsque vous êtes dans le 15e arrondissement, il y a le recrutement à grande majorité communautaire des associations familiales catholiques.

Donc les familles qui n’ont pas trouvé de place dans les structures municipales de la petite enfance et qui viennent toquer aux portes, à la limite, vont pouvoir se voir présenter leur dossier dans les commissions d’attribution pour les quelques places restantes et vont devoir, elles, subir et se soumettre au fait que leurs enfants aillent dans des structures de regroupement communautaire. Je ne suis pas pour interdire les structures de petite enfance à regroupement communautaire. J’estime qu’il est de la liberté totale des familles de choisir ce mode de garde si elles estiment que, dès la petite enfance, il ne faut surtout pas mettre leurs enfants dans un cadre mixte où l’on rencontre tout le monde, mais dans un cadre à caractère communautaire. Mais, à ce moment-là, c’est aux familles de se le payer – point barre – et pas à l’argent public de financer des structures confessionnelles communautaristes.

Non, monsieur, je ne m’emballe pas. Je reste bien dans le sujet. Le sujet, c’est : quelle conception on a du service public de la petite enfance et quelle conception on a de la laïcité ? Alors, je sais que, dans vos rangs, la conception de la laïcité est à géométrie variable. Je suis persuadée que s’il y avait des crèches confessionnelles musulmanes, votre réaction aurait été sans doute bien différente de la part de bons nombre d’élus. Eh bien, moi, je ne fais pas de distinction et, pour moi, la laïcité s’applique de la même manière, quels que soient les cultes. Je suis pour une stricte séparation. Et l’argent public doit aller à des structures publiques et laïques. Quand elles sont associatives, elles doivent être laïques.

Voilà la raison pour laquelle je voterai contre cette délibération.

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