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"À Paris, place au peuple !"

Paris au défi de la justice climatique : décrétons la fin du greenwashing pour l’écologie populaire !

Paris au défi de la justice climatique : décrétons la fin du greenwashing pour l’écologie populaire !

Climat. Quelques jours de canicules auront suffi à nous rappeler combien notre ville est peu résiliente et au fond totalement impréparée à l’urgence climatique. L’écologie de l’Hôtel de Ville qu’on peut résumer à l’expression qui lui colle désormais à la peau – greenwashing, n’est en effet qu’une stratégie de communication au service des lobbys qui se partagent Paris.

 

Pour ce Conseil de Paris, il sera ainsi question de “rafraîchissement urbain”. Comme ces choses-là sont mignonnement dites ! Rafraîchissement urbain ! Pourquoi pas urbanisme de la fraîcheur? Ou bien encore implémentation de la fraîcheur de vivre métropolitaine? Derrière ces mots creux, avatars inutiles les uns des autres, toujours une seule et même réalité : à qui profite le crime?

 

Car la politique de bétonisation municipale, d’attractivité économique et de croissance à tout prix est autant climaticide qu’elle est profitable : avec le réchauffement climatique, le rafraîchissement de Paris est un business d’avenir ! Et donc un business qui ne doit surtout pas servir l’intérêt général, selon la logique néolibérale qui sert d’alpha et d’oméga à l’Hôtel de Ville ! Le réseau de froid de la Ville de Paris, le plus important d’Europe, sera donc à nouveau laissé entre les mains du CAC40 plutôt que d’être repris en mains par notre collectivité.

 

Pire, la proposition de la majorité en faveur d’une ville soi-disant résiliente consiste à augmenter très fortement le réseau de froid comme le prévoit la délibération sur le schéma directeur du réseau de production, stockage et distribution d’énergie frigorifique. Il s’agit d’élargir à tout le territoire parisien le périmètre opérationnel, de multiplier par deux chaque année les nouveaux abonnés et d’augmenter fortement les bâtiments à raccorder, et le tout délégué au privé donc.  Ne pas bénéficier d’une maîtrise publique des réseaux et de la distribution du froid est irresponsable ! Même si le réseau présente des avantages par rapport aux climatisations autonomes, la production de froid pose des problèmes de consommation énergétique et de rejets de chaleur. La ville ferait mieux de s’engager dans une logique de décroissance visant à diminuer la consommation énergétique. L’énergéticien privé ne cherche qu’à maximiser son profit et les dividendes des actionnaires, surtout pas à réduire nos dépenses énergétiques ! De plus, de nouveaux réseaux réduisent les espaces en pleine terre qui à leur tour augmentent les besoins en climatisation, quelle spirale infernale : le serpent de la croissance se mord la queue et la ville continue de brûler. Folie !

 

Mais l’Hôtel de Ville nous parle de cohérence. Quelle cohérence? La mairie entend créer une cohérence avec le réseau de chaleur urbain ? Son objectif est-il que Engie qui est majoritaire au sein de la CPCU et qui détient la Délégation de Service Public de distribution de chaleur urbaine emporte le marché de Climespace ? La CPCU ne cesse de faire des travaux dans Paris pour augmenter les indemnités de retour que la ville devra lui rembourser à la fin de la DSP. On en serait selon la Cour des Comptes à plus de 160M€ d’investissements à rembourser auxquels s’ajoutent les 160M€ de fonds de retraite non approvisionnés qui n’existent qu’en écriture comptable que la ville devra aussi prendre à sa charge. La ville est-elle prise à la gorge par Engie qu’elle n’a pas su contrôler, comme avec Bolloré et Autolib ? Est-ce pour cette raison qu’elle escompte de bonnes négociations via la DSP Climespace ? Les contribuables parisiens qui subissent tous les travaux et en paieront la facture (en plus des surfacturations opérées par Engie) ont le droit de savoir ! Nous avons collectivement le pouvoir de faire d’autres choix. Il y a des alternatives, la remunicipalisation au service d’une logique de sobriété énergétique !

 

Mais en attendant, l’injustice perdure à Paris, l’injustice sociale et climatique, car elle ne font qu’un. Remarquez où sont les projets de verdissement et de plantations de la mairie de Paris : Hidalgo c’est l’écologie Trocadéro, avec son projet de connexion du jardin avec le Champs de Mars pour les JO 2024 ; ce sont ses grandiloquentes “forêts urbaines”  de quelques dizaines d’arbres sur le parvis de l’Hôtel de Ville ou derrière l’Opéra, c’est à dire devant les Grands Magasins ! Un peu de vert en plus dans les quartiers bourgeois et touristiques, mais ailleurs toujours plus de béton, de bitume et de gentrification.

 

Contre cette double injustice sociale et écologique, je souhaite porter la voie des oublié-e-s de la mairie de Paris, dire leur refus de la spéculation et de l’hyperdensification de leurs quartiers : exigeons de nouveaux espaces verts de pleine terre dans les quartiers populaires où les îlots de chaleur sont les plus importants, préservons l’impasse Boutron dans le 10e, zone en friche que la mairie veut bétonner ; préservons l’îlot Netter-Debergue dans le 12e où après avoir arraché des arbres dans le but de bétonner, la Mairie et la RATP ont installé un “Marché Pop” qui rend la vie infernale aux riverains, aux oiseaux, aux humains et aux non humains ; préservons le quartier Poissonniers-Ordener où un projet gigantesque menace de densifier et de gentrifier tout un morceau du 18e encore très populaire qui mérite du vert et de la respiration, pas du béton et du m2 à 12.000€ ; préservons la butte Bergeyre où il est prévu d’arracher des arbres pour servir les promoteurs alors que ce lieu est un véritable trésor d’histoire et de verdure au cœur du 19e!

 

Greenwashing toujours, la mairie nous propose aussi à ce Conseil de Paris une nouvelle fable d’Orientation d’Aménagement et de Programmation (non contraignante, comme les désormais fameuses clauses environnementales de l’accord de libre échange du Mercosur !), alors que les précédentes orientations n’ont pas été appliquées ! Depuis 2006, avec l’adoption du PLU et du Projet d’Aménagement et de Développement Durable (PADD) les orientations d’urbanisme et d’aménagement qui avaient été retenues pour l’ensemble de la commune exigeaient une « densification mesurée de la ville ». Mais dans les faits, la ville a profité des modifications du PLU, notamment celle de 2016, contestée en justice par les associations environnementales, pour y déroger et bétonner à tout va. 

 

Il est temps de faire des études de bilan : combien de surfaces dévégétalisées (d’espaces verts perdus?), artificialisées depuis 2006, et notamment depuis 2014 le début de mandature ? Où en sommes nous réellement des surfaces publiques et privées de pleine terre ? Il faut exiger une parfaite transparence. Qu’en est-il du bilan des matériaux choisis ? Quelles études d’impacts sur le choix imposé des tours ? 

 

Au nom de l’écologie et contre le greenwashing municipal, je voterai contre l’hypocrite lancement de cette Orientation d’Aménagement et de Programmation pour le Climat qui sera sans effets. Au nom de l’écologie et pour que cesse les mensonges de l’Hôtel de Ville je demanderai à travers un voeu que l’observatoire du PLU se réunisse enfin de nouveau pour présenter un bilan sur l’imperméabilisation des sols urbains, la végétalisation de la ville, la réalité de la préservation des espaces publics et privés en pleine terre, et pour qu’un programme des études préalables à une modification ou une révision générale du PLU fasse l’objet d’une délibération d’un conseil de Paris à la rentrée 2019.

 

Au nom de tous les oublié-e-s, au nom d’une écologie qui n’oublie personne et qui ne se résout pas à voir la ville populaire mourir, à voir les friches et la nature en ville à disparaître, je continue de me battre. Au nom des Parisiennes et des Parisien qui ne veulent pas d’une ville sans moineaux alors qu’en dix ans les trois quarts d’entre eux ont disparu, privés de leurs écosystèmes par une politique qui ne fait faire que vendre et bétonner la ville, je propose la création d’une cellule de crise composée de citoyen-ne-s volontaires, de représentant-e-s d’associations, de chercheur-e-s et d’élu-e-s pour établir un plan d’urgence en faveur de la sauvegarde de ces oiseaux qui font aussi vivre notre ville.

 

Le défi est immense face aux injustices et aux urgences, face aux inégalités qui détruisent le vivre-ensemble et finalement la vie avec l’extinction des espèces. J’essaie de faire ma part dans une institution aujourd’hui verrouillée, comme toutes les institutions politiques. Mais je sais que le défi ne pourra être relevé que par l’irruption citoyenne, seule capable de reprendre le contrôle sur la ville, sur nos vies. L’heure est venue, une grande et belle lutte commune nous attend !

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