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"À Paris, place au peuple !"

Finançons les centres de santé plutôt que les cabinets médicaux privés

 

 

Mme Danielle SIMONNET.- Le sujet que je souhaite aborder n’est pas nouveau. C’est toujours la distinction dans notre politique en matière de santé entre les centres de santé, les maisons de santé et les cabinets médicaux privés. Nous sommes dans un contexte de grève des urgences qui pose évidemment la question de l’amont, même si ce n’est pas que cela. La problématique des urgences est aussi, d’abord et avant tout, le problème des sous-effectifs dans l’hôpital public, le problème de la suppression de services, de la suppression de lits et de lits d’aval. Tout cela est dicté par des logiques austéritaires qui font que la souffrance du personnel hospitalier est extrêmement préoccupante et qu’elle s’aggrave d’année en année. Hélas, les gouvernements successifs, et tout particulièrement celui-là, sont totalement sourds à la problématique.

Néanmoins, notre politique en matière de santé devrait donc penser – nous y reviendrons, car il y a d’autres vœux sur la question de l’A.P.-H.P. et l’action des urgences – la complémentarité entre la médecine de ville et les hôpitaux qui devraient être repositionnés en hôpitaux de proximité. Quelle médecine de ville souhaitons-nous ?

Nous allons attribuer une subvention d’investissement de 45.000 euros au G.I.E. I.P.S.O. pour la réalisation de travaux d’aménagement d’un local situé au 73 rue de Montreuil dans le 11e arrondissement. Ces moyens financiers vont servir à l’acquisition d’équipements et à la création d’un cabinet médical de soins de premiers secours, secteur 1. Par ailleurs, nous sommes dans le cadre de critères que nous avons fixés : au moins trois professionnels de santé en secteur 1.

Nous ne sommes pas les seuls financeurs : si la Ville de Paris met 45.000 euros, il y a aussi une subvention de la Région Ile-de-France à hauteur de 200.000 euros, tandis que l’équipe médicale propre va mettre, elle, 1.340.000 euros. Cela fait donc beaucoup d’argent public mis dans les travaux d’aménagement d’un local privé – le propriétaire est privé, c’est un bailleur privé. Il y a en retour une charte et un engagement : notamment, mener des actions de santé publique sur le territoire parisien.

J’aimerais, Madame l’Adjointe, savoir quelles sont les évaluations de ces actions de santé faites sur les cabinets médicaux qui ont déjà été accompagnés et aidés. Qui fait ces évaluations d’action ? Est-ce une structure indépendante ? Est-ce simplement l’ARS qui fait son évaluation ? Comment la Ville fonctionne par rapport à cela ?

Je voudrais réinsister et préciser que la différence entre un centre de santé ou un cabinet médical privé est importante. Evidemment que ce cabinet médical, face au déficit de santé de médecine de ville, va être utile – je ne le remets pas en cause. Un centre de santé, c’est une politique de prévention de santé publique ; un cabinet médical, c’est beaucoup plus une politique de soin à l’acte. Ce n’est pas la même approche : dans l’un, vous avez des salariés rémunérés et qui peuvent aussi intervenir sur différents publics et aussi hors de leur local ; dans l’autre, les professionnels sont payés à l’acte, sont rémunérés aux consultations effectuées. Cela amène une logique de santé qui n’est pas du tout la même avec l’ensemble des partenaires, même si cela n’interdit pas à des cabinets médicaux privés d’avoir des gens extrêmement dévoués pour l’intérêt général et d’aller au-delà de la simple logique de rétribution à l’acte et d’intéressement.

Il est important de comprendre qu’il y a deux conceptions différentes entre les centres de santé et la médecine en cabinet médical, même lorsqu’il y a plusieurs professionnels. J’ai toujours le sentiment que nous avons plus souvent des délibérations sous cette forme que sur les centres de santé dont la forme serait, selon moi, vraiment à privilégier.

Je vous remercie.