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"À Paris, place au peuple !"

Défendons la gratuité des transports en commun et de Velib pour tous les moins de 25 ans

 

 

Mme Danielle SIMONNET.- Plusieurs choses. D’abord, se rappeler que la fin de mandature précédente s’était soldée par une rupture de la gratuité, je m’en souviens très bien puisqu’à l’époque j’étais dans le groupe commun élus du parti de gauche et du groupe communiste, et que nous avions à ce moment un grand désaccord sur ce qu’il était convenu de faire quand l’équipe de Bertrand DELANOË et Anne HIDALGO avait décidé de rompre la gratuité pour les personnes âgées et les personnes en situation de handicap.

Finalement, en début de mandature, la Maire de Paris avait opéré une deuxième rupture puisqu’elle avait augmenté les tarifs ; augmenté les tarifs pour les personnes âgées, il ne faut pas avoir la mémoire qui flanche et se souvenir de ce qu’il se passe. Il y a eu une très forte contestation chez les personnes âgées, contre ces hausses de tarifs pour les personnes âgées. C’est après que la gratuité a été restaurée et que la Maire de Paris, face à cette contestation, a promis un grand débat sur la gratuité.

Où a eu lieu à Paris le grand débat sur la gratuité ? Je ne l’ai pas vu. J’ai entendu des petites annonces au moment des vœux, et des annonces qui se confirment enfin, certaines sont néanmoins à saluer, mais il n’y a pas eu de grand débat.

La question de la civilisation de la gratuité est importante tel que le définit Paul ARIÈS. Cela nous sort des rapports marchands, cela répond à l’ensemble des enjeux étroitement liés, que ce soient les enjeux écologiques, le défi climatique qui nous est posé, qui nécessite de repenser complètement notre mode de développement et de sortir du consumérisme et de l’hyper consommation énergétique. En même temps, une redistribution des richesses de fait par la gratuité des biens communs des services. C’est un débat extrêmement important.

J’avais participé aux assises de la gratuité organisées par Paul ARIÈS tout début janvier à Lyon. C’était fort passionnant. Quel dommage que nous n’ayons pas le débat véritablement à Paris, avec les Parisiennes et Parisiens.

Madame la Maire de Paris avait dit, en faisant quand même une commande de rapport, que cela coûtait trop cher de généraliser la gratuité, et donc, fin du débat, on fera juste certaines mesures. Est-ce qu’un jour on nous dira combien coûte la pollution ? Combien coûte la folie de la voiture individuelle ? À combien vous évaluez les 6.000 morts prématurées par an dans l’agglomération parisienne à cause de la pollution ? À combien vous évaluez les coûts de la voirie à cause de la voiture ? À combien vous évaluez les coûts sur les bâtiments et l’ensemble des travaux sur les bâtiments, du fait de la pollution ? Ces coûts ne sont jamais envisagés.

Il faut le rappeler, le coût des transports payé pour les usagers ne représente que 27 %. Ces 27 % pourraient et devraient être pris en charge, notamment par une augmentation conséquente du versement transport des employeurs.

Après, Mme PÉCRESSE, pour répondre à Mme HIDALGO, avait elle aussi commandé ces études, ces rapports. Outre le fait que celui qui avait fait son rapport avait été responsable de grandes privatisations, et par ailleurs avait démissionné de la S.N.C.F. après le terrible accident qui avait été causé par l’insuffisance de personnel dans la maintenance, ce qui est intéressant dans le rapport commandé par Mme PÉCRESSE, c’est qu’il dit qu’en fait il n’y a pas de problème de financement en tant que tel, mais la gratuité finalement provoquerait une saturation du réseau des transports en commun. Fort intéressant.

Cela prouve bien qu’aujourd’hui, il faudrait non seulement développer les transports en commun, mais repenser totalement le mode de déplacement pour réduire les distances domicile – travail, ce que vous ne faites pas parce que vous n’avez jamais pris la question de la Métropole par là où il faut la prendre, c’est-à-dire par l’attaque de la financiarisation de la Métropole, qui spécialise les zones et aggrave les distances domicile – travail avec une spéculation terrifiante.

Revenons-en aux mesures que vous proposez. Depuis 2014, je n’ai cessé de déposer des vœux et des amendements, qui ont été chaque fois rejetés pour, à défaut de généraliser la gratuité, au moins l’étendre à différentes personnes et secteurs de la population.

C’est une bonne chose que de l’étendre à la jeunesse, mais il aurait été préférable de garantir la gratuité, et des transports en commun, et de Vélib’, pas l’un ou l’autre, mais bien les deux, à tous les jeunes de moins de 25 ans. Cela aurait été bien plus lisible et cohérent.

Encore faut-il que Vélib’ marche. J’insiste sur cette gratuité sur Vélib’ pour l’ensemble des jeunes, car c’est quand on est jeune que l’on apprend une nouvelle pratique.

Je terminerai, les modalités de remboursement ce n’est pas possible, parce que les modalités de remboursement envisagées vont être totalement socialement discriminantes.