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"À Paris, place au peuple !"

Intervention sur le Mobilier Urbain d’Information / Publicités

Mme Danielle SIMONNET. – Moi aussi, je voterai contre cette délibération. Franchement, reprenons un peu l’historique, donc.

Le contrat de concession est cassé juridiquement. Résultat : vous voulez nous imposer une concession à titre provisoire, sans mise en concurrence, le temps que le règlement local de publicité soit révisé et qu’on puisse, par la suite, intégrer – enfin, pour vous – des panneaux numériques, sachant que ce sont justement les panneaux numériques qui ont été la raison qui a fait que le marché initial avait été cassé.

Voilà la boucle dans laquelle vous voulez nous enfermer à travers cette délibération. Donc, sur la forme, c’est totalement déplorable.

Encore une fois, sur la forme, je tiens à exprimer, comme l’a fait Jacques BOUTAULT précédemment, que je trouve totalement inacceptable que JCDecaux ait pu menacer, voire même faire une mise en demeure à l’encontre de R.A.P., l’association de  résistance à l’agression publicitaire, exigeant de R.A.P. de retirer les éléments qui justement permettaient d’informer les citoyens et les citoyennes sur ces 15 % de panneaux que JCDecaux voulait réserver aux écrans numériques.

Finalement, R.A.P a joué son rôle associatif de lanceur d’alerte, et les voilà qui ont été mis en demeure de retirer ces informations sur leur site, JCDecaux invoquant la directive “secret des affaires” ! Vous vous rendez compte !

Voilà jusqu’où va le lobby JCDecaux, voilà jusqu’où vont ces lobbys publicitaires, jusqu’à remettre en cause les libertés fondamentales de la vie associative d’informer les citoyennes et citoyens, qu’ils puissent avoir un regard critique sur les politiques conduites en leur nom.

Et voilà ce que vous allez de fait cautionner à travers cette délibération.

Je vais vous dire, on n’a pas besoin de changer les panneaux M.U.I par ailleurs, même si le contrat, là, est provisoire, par la suite on n’aura pas besoin de les changer.

Finalement, JCDecaux essaie de nous faire croire à l’obsolescence démodée, que la Ville intelligente devrait renouveler de fait tout de suite ces panneaux dans une gabegie totalement contraire au Plan Climat, parce que si l’on détruit ces panneaux et qu’on en reconstruit d’autres, cela a une empreinte carbone, mais en plus 15 % de panneaux numériques par la suite, c’est une empreinte carbone décuplée !

Il faut savoir que la consommation numérique d’un panneau est 7 fois plus énergivore qu’un panneau non numérique.

Et encore, il y a les panneaux avec deux faces numériques, là c’est 13 fois plus.

Il faut savoir que dans le nouveau parc prévu par la suite, on nous présente comme quoi il y aurait une baisse de 30 % de consommation. Sauf que les panneaux numériques, eux, vont absorber, alors qu’ils ne représentent que 15 %, les deux-tiers de la consommation énergétique du total.

Donc, franchement, ces 244 futurs panneaux numériques, si on les mettait en panneaux déroulants tout simples, on pourrait réduire de 70 % l’empreinte énergétique, l’empreinte carbone de tout cela.

Evidemment que je suis totalement contre cette délibération, et contre ce qu’elle prépare par la suite à travers ces panneaux numériques.

Mais surtout, ces panneaux M.U.I sont censés être pour de l’information municipale et seulement accessoirement de la publicité.

Et les associations, notamment R.A.P., ont fait un travail fort intéressant à ce propos, pour nous montrer que bien souvent, finalement, sur les panneaux M.U.I., sur la face visible par les voitures, on met la publicité, et c’est sur la face piéton que l’on met l’information municipale.

Jusque-là vous pourriez me dire, c’est pertinent puisque l’information affiche publicitaire, c’est un grand slogan, les véhicules peuvent la voir, alors que l’information municipale, c’est pour les piétons, il est donc normal d’orienter ce panneau-là.

Mais finalement en termes de visibilité de la publicité, on se rend compte que même en regardant ces deux faces, celle pour les voitures est bien plus exposée. En plus, on se rend compte que sur pas mal de panneaux, les faces pas côté voiture, ce sont souvent des faces côté mur, donc c’est forcément extrêmement pratique. La publicité n’est absolument pas sur une donnée accessoire.

Pour toutes ces raisons, je voterai contre cette délibération, et mes chers collègues, oui, il serait temps qu’enfin nos panneaux d’informations municipaux s’émancipent de la publicité et permettent une ville émancipée de la publicité.