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"À Paris, place au peuple !"

Vœu pour retirer le titre de citoyenne d’honneur de la Ville de Paris à Aung San Suu Kyi

Présentation du Vœu : 

Mes chers collègues, est-ce que cela vous dérange que je puisse présenter mon vœu ?

(Brouhaha dans la salle…)

Mes chers collègues, les Rohingyas, minorité musulmane de Birmanie, ont été visés en 2017 par une répression collective de l’armée birmane qui a fait des milliers de morts et poussé des centaines de milliers de personnes à l’exil, dont 200.000 enfants. Un objectif de nettoyage ethnique, selon les termes mêmes de l’Onu, et poursuivi par les autorités depuis le retrait collectif de la nationalité birmane aux Rohingyas en 1982 par la junte militaire.

A l’approche de la mousson, les 900.000 Rohingyas désormais réfugiés sur le territoire bangladais, dont 585.000 sont entassés dans le plus grand camp de déplacés au monde, sont plus que jamais exposés à des risques majeurs d’épidémie et de catastrophes naturelles comme les glissements de terrain.

Face à cette répression, Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix et citoyenne d’honneur de Paris, a non seulement fait preuve d’un silence accablant mais a repris à son compte la propagande de l’armée birmane en accusant les Rohingyas d’être des terroristes. Cette attitude inacceptable ne saurait être excusée par le fait que le Gouvernement auquel appartient Aung San Suu Kyi est lui-même sous pression de l’armée et d’une société au sein de laquelle le racisme anti-Rohingyas a été développé depuis des décennies.

Le musée de l’Holocauste de Washington a, pour les motifs énumérés ci-dessus, eu le courage de retirer le 7 mars dernier à Aung SAN SUU KYI un prix décerné pour son combat contre la dictature et en faveur des libertés, tout en réitérant ses appels à la dirigeante à user de son autorité morale pour répondre de cette situation.

Notre Assemblée, qui a le devoir d’exprimer la solidarité de Paris à l’ensemble des victimes d’atteinte aux droits humains les plus fondamentaux, ne peut rester silencieuse face à l’attitude d’Aung San Suu Kyi qui porte atteinte à la valeur même du titre de citoyen et citoyenne d’honneur de Paris que la Ville lui avait décerné.

C’est pour cela que je vous propose d’adopter ce vœu par lequel le Conseil de Paris s’engage à retirer à Aung San Suu Kyi le titre de Citoyenne d’honneur de la Ville de Paris.

L’exécutif me demande de retirer mon vœu, prétextant que le titre de “Citoyen d’honneur” a été accordé dans un autre contexte… Bref, une mauvaise excuse pour ne pas avoir à reconnaître la situation actuelle…

Mme Danielle SIMONNET. – Non, parce que je pense que ce titre, justement, n’honore plus les principes de la Ville de Paris. Vous ne pouvez pas faire cette distinction temporelle.

 

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