Pages Navigation Menu

"À Paris, place au peuple !"

La ville devrait privilégier les centres de santé aux maisons de santé

Cela poursuit l’échange qui vient d’avoir lieu.

J’interviendrai sur les différentes délibérations, à la fois la subvention et la convention à la S.C.M. “Cabinet Rome Batignolles” et à la S.C.M. “Médicale Belleville”. Dans un premier cas, il s’agit de la création d’un cabinet médical et, dans le deuxième cas, de la création d’une maison de santé pluriprofessionnelle.

Évidemment, je ne vais pas voter contre ces délibérations, mais je tenais à insister sur le fait qu’il faut au maximum privilégier les centres de santé. Je voulais réinsister sur la différence qu’il y a entre un cabinet médical privé, même pluridisciplinaire, même s’il s’engage au secteur 1 conventionné, et la différence également avec une maison de santé, même quand elle s’engage à avoir des actions de prévention sur son territoire.

Les différences sont de taille entre centre de santé et maison de santé. La différence est la suivante : c’est à la fois un centre de santé qui suit un but non lucratif, ce qui veut dire que c’est un équipement pluridisciplinaire dans lequel les professionnels de santé sont salariés et assument donc un rôle de service public de santé. C’est-à-dire que les personnes sont accueillies dans un centre de santé au tiers-payant secteur 1 de manière obligatoire et de manière pérenne. A la différence d’une maison de santé qui peut très bien décider d’évoluer différemment, où on n’a pas la même maîtrise, et avoir un but lucratif orienté vers le réseau des honoraires libres et des dépassements d’honoraires. Une maison de santé peut à un moment donné échapper au principe que vous lui fixez.

Mais surtout un centre de santé a bien une action de santé publique de prévention et d’éducation à la santé. C’est inscrit dans les statuts d’un centre de santé. On n’est donc pas dans une logique de politique de soins mais bien plus dans une logique de politique de santé publique sur un territoire, de façon globale avec l’ensemble des acteurs.

Il est fondamental de passer de la logique de soins à la logique de santé. Aujourd’hui, on voit la résurgence de maladies que l’on croyait du passé, qu’il s’agisse de la tuberculose, de la syphilis, de la gale, et l’augmentation de maladies chroniques qui rend du coup impératif d’engager une logique de santé intégrant la prévention sous toutes ses facettes : dépistage, diminution des facteurs des risques, éducation à la santé. C’est aussi la santé environnementale en légitimant pour cela les lanceurs d’alerte qui font le travail dans ce sens.

Seul un centre de santé peut être vraiment le point d’entrée principal de tout un système performant de santé et de protection sociale. Cela permet à la puissance publique de lancer des campagnes beaucoup plus efficaces que la médecine possible avec la tarification à l’acte. Quand on est dans une logique de maison de santé, on est dans une logique finalement où le praticien a besoin d’aller aux soins les plus rentables économiquement.

J’aimerais vraiment que l’on comprenne qu’une vraie politique de gauche progressiste en matière de santé, cela doit être les centres de santé et non les maisons de santé et les cabinets médicaux, même pluridisciplinaires.

Je ne sais pas si j’aurais été convaincante pour la suite mais je souhaite vraiment que l’on insiste dessus. Or, je vois souvent passer des délibérations sur des créations de cabinets médicaux et de maisons de santé, là où on devrait à chaque fois mettre le paquet sur les centres de santé.

Je vous remercie.