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"À Paris, place au peuple !"

Plan de soutien de l’accueil individuel / Assistantes maternelles

Je trouve que cette délibération présente une politique qui est extrêmement nécessaire et utile à la Ville de Paris. Néanmoins, j’ai un certain nombre de questions pour l’instant sans réponse à la lecture de la délibération, mais peut-être que ma collègue pourra compléter.

Il me semble qu’il faut que nous disposions d’analyses plus fines de la situation. Il est dit dans la délibération que 53 % des tout-petits Parisiens étaient accueillis en structure collective d’accueil de la petite enfance. C’est une bonne chose, nous sommes un département très bien placé à l’échelle de la moyenne nationale dans l’accueil de la petite enfance.

Néanmoins, plutôt que de faire de l’auto satisfecit, pour quelles raisons 47 % des autres tout-petits parisiens ne sont-ils pas accueillis dans les structures de la petite enfance ? Est-ce par le choix délibéré des parents ? Est-ce par manque de places ? Combien d’enfants n’ont pas de places faute de places ? J’imagine que la situation est différente d’un arrondissement à un autre.

Quand il s’agit de “choix”, qui garde les tout-petits ? Est-ce dans le cadre des solidarités familiales ? Est-ce plutôt l’homme ou plutôt la femme ? Ce sont des éléments qui sont importants pour nous aussi, en termes de contribution à l’émancipation des femmes, de savoir ce qu’il en est dans la réalité.

Ensuite, vous dites dans cette délibération que 12 % des 3.200 assistantes maternelles sont en inactivité totale. Là aussi, je souhaiterais savoir – sans doute ces données vous manquent à vous aussi et il faudra travailler dans ce sens pour affiner notre compréhension de la problématique – si 12 % des 3.200 assistantes maternelles sont en inactivité totale, est-ce que c’est parce que les parents, qui souhaitaient un mode de garde, ont trouvé leur solution dans les structures collectives de crèches et qu’elles en sont satisfaites ou est-ce que c’était trop coûteux ? Pour quelles raisons ?

Il me semble que c’est important que l’on puisse savoir de manière plus précise, même si je salue le fait que vous ayez fait un travail autour de 1.000 familles et professionnels associés à travers différentes rencontres dédiées, des questionnaires, des ateliers spécifiques de discussions pour mieux comprendre les besoins réciproques des parents et des assistantes maternelles. Vous avez essayé de faire un travail qualitatif sur ces 1.000 personnes et je pense que nous avons aussi besoin d’un travail sans doute plus exhaustif et quantitatif.

Maintenant, concernant les trois priorités que vous vous êtes fixées, je souhaite vraiment insister sur le fait que la Maison d’assistantes maternelles est totalement nécessaire. C’est une forme alternative entre la crèche et l’assistante maternelle à domicile qui permet justement, comme cela a été dit précédemment, de casser l’isolement du professionnel, dont beaucoup d’assistantes maternelles souffrent. On sait que ce sont des problématiques équivalentes concernant les aides à domicile. Il faut à tout prix pour ces professions que la collectivité parisienne contribue au fait de permettre à la fois aux professionnels de se retrouver, de pouvoir se former et échanger sur leurs pratiques, et en même temps permettre aussi beaucoup plus de cadres de socialisation entre les tout-petits, de rencontres, d’activités qui peuvent être ponctuellement mutualisées. Il me semble que c’est extrêmement important.

Il y a aussi un travail à poursuivre avec les organisations syndicales car il y a une augmentation du nombre de démarches en direction des Prud’hommes des assistantes maternelles, parce que je pense qu’elles commencent à prendre bien confiance en elles et elles ont bien raison de ne pas accepter n’importe quoi de la part des familles. Ce qui signifie que nous devons aussi insister dans les réunions, lorsque nous présentons les différents modes de garde, sur la responsabilité des familles de respecter le Code du travail et de bien soutenir les assistantes maternelles pour que leurs droits soient respectés.

Maintenant, vous savez mon attachement au fait que l’on puisse se lancer vers un vrai service public de la petite enfance. Ce vrai service public de la petite enfance, à mon sens, ne peut pas se satisfaire d’être simplement le meilleur département sur l’ensemble du territoire. S’il n’y a toujours que 53 % des tout-petits qui sont accueillis en structure collective, c’est qu’il y a encore une grande marge de progression à faire.

Je vous remercie.