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"À Paris, place au peuple !"

Opposition aux partenariats avec Mastercard pour le financement d’expositions culturelles

Si je retrouve mon intervention… Ce serait dommage, un sujet comme celui-ci ! Pour lequel vous êtes tous ravis d’en appeler au soutien des intérêts privés, puisque d’année en année dans cette Assemblée il y a deux éléments totalement corrélés, à savoir la baisse des dotations de l’Etat parfaitement corrélée, de fait, à la nécessité d’augmenter les entrées par le biais de finances privées.

Je ne retrouve pas mon intervention ; c’est fort dommageable, n’est-ce pas ? Il va donc falloir improviser. Je suis toujours farouchement opposée à ces recours aux intérêts privés. Je cherche mon hologramme et je ne le trouve pas.

Les patrons, non, Monsieur, on peut discuter de cela ; je ne pense pas que les patrons, en soit, soient des pourris, mais c’est un vaste sujet. Je pense en revanche que le système dans lequel nous sommes, oui, pousse à la recherche d’un profit maximum, et je suis fortement attachée à une politique publique qui défend l’intérêt général, qui s’appuie justement sur la redistribution des richesses produites et qui permet à l’ensemble des citoyens d’exercer leur souveraineté par le biais de leurs représentants que nous sommes et de pouvoir défendre l’intérêt général.

Je viens de l’imprimer, en plus, cette intervention. Mais vous en avez donc compris le sens. Un autre ? Il est possible que je sois inscrite dans d’autres délibérations à la suite de ce Conseil mais j’ai encore trois minutes avant de pouvoir retrouver ma feuille. La situation n’est pas totalement désespérée, même si elle le semble, n’est-ce pas ! Peut-être quelques petits éléments puisqu’ils n’avaient pas été rédigés mais quelques petits éléments, voilà.

Nous allons récupérer de Mastercard 50.000 euros pour les expositions que la Ville organise dans la salle Saint-Jean. En échange, Mastercard bénéficie d’une visibilité de Mastercard sur les documents de communication de la Ville, estimée à une valeur de 25.000 euros, d’une mise à disposition d’espaces pour des événements, cocktails, invitations à des événements d’une valeur de 25.000 euros.

Mes interrogations sont donc les suivantes, mes chers collègues, puisque vous a été suspendus au suspense de cette intervention. Interrogations : de quels avantages fiscaux bénéficie Mastercard en contrepartie de ce genre de contrat ? Est-ce que ce sont les mêmes avantages qu’un mécénat ?

Il est clair que Mastercard sort gagnant de cet accord et qu’une fois de plus on se désengage de nos politiques culturelles au profit des entreprises privées, car oui, je souhaiterais que nos politiques culturelles ne dépendent pas de ces mécénats et conventions de partenariat. J’ai toujours dénoncé ce genre de partenariat qui constitue une manière supplémentaire pour les intérêts privés de mettre la main sur nos politiques et dans le cas présent sur notre culture et d’en dégager des profits. Il révèle dans le même temps la baisse de nos dépenses publiques et le lien direct entre austérité et privatisation.

Oui, je souhaite plutôt que l’on rompe avec ce genre de contrat de partenariat. Vous vous souvenez que j’étais intervenue assez régulièrement sur les musées de la Ville et les conventions de partenariat qu’il pouvait y avoir, et qui faisait que d’année en année la présence visible des entreprises privées était de plus en plus forte. Au départ, c’était un petit logo apposé en petit, en bas d’une à fiche, et maintenant elles ont la possibilité d’avoir, pour les œuvres rénovées, notamment par la participation à ces rénovations de partenariats privés, carrément leur logo en dessous du cartel de l’œuvre.

Ainsi, oui, je souhaite que nous mettions fin à cette dépendance de nos politiques culturelles à ces conventions de partenariat. Je préférerais voir les élus qui cumulent avec un poste de député, dénoncer ces partenariats à l’Assemblée nationale et exiger une autre évolution fiscale.

Je vous remercie.