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"À Paris, place au peuple !"

Nouveau Plan climat Air énergie de Paris

Se donner l’objectif d’une ville neutre en carbone et 100 % d’énergies renouvelables en 2050 est une nécessité absolue dans la lutte contre le dérèglement climatique.

Si je partage les objectifs, je ne peux que regretter l’absence d’objectifs opérationnels précis. Nous avons besoin de planifier nos politiques publiques. Oui, nous avons besoin d’une planification écologique.

La défense de notre écosystème exige que l’on sorte des énergies carbonées, mais aussi du nucléaire. Le nucléaire est une énergie dangereuse, aux déchets que nous ne savons toujours pas traiter, comme en témoigne le scandale de Bure. Qui plus est, c’est une énergie coûteuse.

Je tiens à remercier et féliciter les nombreux Parisiennes et Parisiens qui ont participé à la votation citoyenne pour la sortie nucléaire, initiée par la France insoumise et à laquelle ont participé nombre d’écologistes et militants anti-nucléaires. A Paris, ne croyons pas que le tout électrique soit la solution. Il n’existe pas de véhicule propre. Pour atteindre la neutralité carbone, soit une différence nulle entre les émissions de gaz à effet de serre et les émissions absorbées ou évitées, il faut assumer de toujours plus réduire l’emprise de la voiture.

Et là, je voudrais faire une parenthèse sur les voies sur berges – nous aurons le débat demain. Moi, je soutiens la piétonnisation des voies sur berges. Je trouve totalement irresponsable l’acharnement des Républicains contre la piétonnisation des voies sur berge et la défense du tout voiture.

Il faut sortir du tout voiture, diesel et essence, mais pas pour aller au tout voiture individuelle électrique. Il faut au contraire diminuer l’usage de la voiture individuelle au profit des circulations douces et des transports publics, qu’il s’agisse des personnes comme des marchandises.

Nous sommes dans un contexte bien particulier : demain aura lieu une grande bataille du rail. Elle ne se terminera pas demain. Elle commence de manière forte, symbolique, demain. Cette bataille du rail, c’est la bataille de toutes les citoyennes et de tous les citoyens. Ce n’est pas simplement la bataille des cheminots. C’est notre bataille à toutes et tous.

L’ANAPROFER base ses propositions sur un constat : si l’on assurait les deux tiers des transports français par le rail, on économiserait plus d’énergie que n’en produit le nucléaire. Or la libéralisation des transports a fait augmenter les émissions de gaz à effet de serre de 20 % en Union Européenne.

Le Gouvernement s’attaque au statut des cheminots, uniquement, pour une seule raison : accélérer la mise en concurrence du rail comme l’exigent les directives libérales européennes, auxquelles la France devrait désobéir. Il faut non seulement être solidaire de l’ensemble des territoires ruraux contre la fermeture des petites lignes, mais il faut que Paris exprime son attachement au fret ferroviaire pour que les camions soient enfin mis sur les trains.

Oui, je partage l’objectif de la gratuité des transports, que j’avais défendu en 2014. C’est un objectif essentiel, mais je refuse qu’il soit financé par un péage urbain, comme l’a proposé hier Mme Hidalgo, qui viserait à faire payer celles et ceux qui subissent d’ores et déjà la spéculation immobilière et sont relégués toujours plus loin à l’extérieur du périphérique. C’est l’enjeu de notre politique en faveur des transports publics.

Concernant la sobriété énergétique, j’estime qu’il faut accélérer et amplifier tout ce qui relève de la réhabilitation des rénovations énergétiques du logement social. Nous avons besoin d’un comité de suivi et d’évaluation car il y a trop de cas à Paris où les bailleurs sociaux, notamment Paris Habitat, ont recours à des marchés à des entreprises le moins cher possible, pour des travaux souvent mal faits, des charges qui augmentent, pour des fenêtres qui, au final, sont non hermétiques. Nous devons continuer cette bataille pour la sobriété énergétique mais nous devons instaurer un contrôle citoyen dans la façon dont c’est réalisé.

Concernant la création des énergies renouvelables, il faut être beaucoup plus ambitieux dans le développement à la fois de la géothermie, des panneaux solaires et aussi innover les énergies renouvelables “via” la Seine.

Pour finir, il faut assumer de ralentir la vie en ville. Nous avons eu le débat hier sur la question du travail du dimanche. Il est totalement anti-écologique de vouloir que, le dimanche, la vie soit finalement comme les autres jours de la semaine.

En voulant travailler le dimanche et en voulant la généralisation du travail dominical, nous courons derrière la société de consommation. Par ailleurs, nous allons, de fait, à l’encontre d’une nécessité de sobriété énergétique de l’ensemble de nos dépenses et avoir une autre conception du rapport de la ville.

Il y a évidemment de nombreux autres sujets que je n’aurais pas le temps d’aborder. J’aimerais cependant aborder, au moins en clin d’œil, la question de la défense de l’agriculture bio et en circuit court : je déposerai un vœu sur la question d’EuropaCity qui me semble nécessaire. Paris doit penser le territoire plus général.

Pour terminer, si nous voulons une Ville qui réduise totalement son empreinte carbone, elle doit permettre de repenser l’aménagement du territoire pour réduire les distances domicile-travail. Cette question est essentielle.

Je trouve, hélas, que nous ne débattons jamais de cette question centrale.

Je vous remercie.