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"À Paris, place au peuple !"

Marché Vélib’ : Remboursement des abonnés


Mes chers collègues, le fiasco des Vélib’ était totalement prévisible. C’est d’abord et avant tout le fiasco des choix libéraux.

Etape numéro 1 : la Ville ne s’était absolument pas préoccupée de la reprise des salariés de la filiale “Cyclocity” de JC Decaux à “Smoovengo”. J’aurais aimé, quand il y a eu ce scandale, qu’un peu plus d’élus de ce Conseil de Paris s’en préoccupent, parce qu’on était bien seul, élus Communistes et France insoumise, et parfois élus Ecologistes, à les soutenir, uniquement.

Jamais aucun autre élu, je ne vous ai jamais vu à aucune des mobilisations, aucun des rassemblements. Vous avez posé une question, quasiment à la fin des négociations, point barre, Monsieur DUBUS. Donc c’est la première chose.

Rien que dans l’écriture du cahier des charges du marché d’appel d’offres, la Ville n’avait pas exigé une disposition sur la reprise des salariés, et ne s’était pas assurée de cet élément.

Deuxième chose : la difficulté du changement des stations, des véhicules et du dispositif était-elle à ce point non prévisible ? Est-ce qu’au moment du marché, ceux qui siègent à la Commission d’appels d’offres n’étaient-ils pas en capacité d’étudier les dossiers, de se poser cette question ? L’offre de “Smoovengo” et l’offre de JC Decaux “Cyclocity” étaient-elles équivalentes ? Les structures derrière étaient-elles de nature équivalente ? Quel était le passif de “Smoovengo” ? “Smoovengo” était-elle une entreprise qui avait une énorme expérience, à taille correspondante à l’enjeu et le challenge parisiens, et même plus large que Paris, puisque nous avons étendu et élargi le problème ? Je ne pense pas.

Troisième chose : quelle information les usagers et les abonnés ont-ils eue ? Une information totalement insuffisante. Des stations en fonctionnement mal localisées ou faussement localisées, aucune communication précise aux usagers, le nombre de fois où vous n’avez pas de vélo, le nombre de fois où vous n’arrivez pas à les décrocher, où on vous compte des heures qui ne sont pas rémunérées. Ces éléments n’étaient-ils pas prévus dans le cahier des charges ?

Dernière étape : le remboursement des abonnés. On sait que nous allons être dans une situation où ce n’est pas simplement deux à trois mois, cela risque de durer jusqu’à six mois. Evidemment qu’il faut a minima exiger le remboursement de l’ensemble des abonnés, tant qu’il n’y a pas au moins 50 % des stations installées.

Mais maintenant, revenons au cœur du sujet. Est-ce que, quand c’était JC Decaux, tout fonctionnait super bien ? A entendre les rangs des Républicains, c’était merveilleux, extraordinaire. Si on avait exigé de JC Decaux de modifier les vélos, les stations, est-ce que tout se serait passé de manière idyllique ? Je ne crois pas.

Je pense d’abord et avant tout que le vrai problème revient à la nature du statut de Vélib’. Vous auriez choisi, comme je l’ai toujours défendu, que Vélib’ soit en régie directe et non pas par le biais d’une D.S.P. ou d’un marché, on n’aurait pas été dans ces situations car on aurait développé une expertise de la Ville, et donc on aurait été capable par l’expertise de la Ville, par l’ensemble de ses salariés qui auraient maîtrisé, on aurait été en capacité d’anticiper à la fois avec Enedis l’adaptabilité ou non des innovations que nous proposions.

Nous aurions pu également les expérimenter, les tester, les anticiper. Nous aurions pu avoir une maîtrise de l’ensemble du dispositif et, en cas de difficulté, continuer avec l’ancien système pour garantir une continuité du service public.

Dans les rangs des Républicains, je vous entends parler de la continuité du service public. Evidemment, nous y sommes très attachés, et j’espère que tous les conseillers sont attachés à la continuité du service public.

La meilleure manière de garantir la continuité du service public, c’est que le service public soit géré par une régie publique, et non pas laisser aux mains du privé et aux mains de l’incompétence. C’est complètement vrai. Donnez-moi un seul exemple de service public géré par une entreprise privée, pour lequel on se dit “c’est génial, cela fonctionne du tonnerre”. Aucun.

Maintenant, concernant les pénalités, j’espère qu’elles vont être un maximum et que Smoovengo va payer. En vérité, c’est devant la justice que vous devriez, Ville de Paris, casser le contrat et que vous devriez, au contraire, commencer dès maintenant à penser le retour en régie publique.