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"À Paris, place au peuple !"

Création du dispositif de coopération “1% Energies” de la Ville de Paris

Je suis sûre que c’est le cas de mes collègues qui se sont exprimés précédemment, je regrette de ne pas avoir lu la délibération avant la date limite des amendements, car je pense qu’il y avait des amendements à faire à cette délibération pour que l’on soit bien assuré du cadre et du contexte dans lequel vont se faire ces coopérations du 1 % énergie.

Evidemment, premier principe de base, c’est très positif que la Ville de Paris s’engage toujours plus fortement dans des coopérations. Le 1 % énergie, ce dispositif qui envisage d’attribuer 1 % du budget énergie à de l’aide à l’accès à l’énergie dans les pays où il y a des difficultés sur l’autonomie dans l’accès à l’énergie, c’est une bonne chose, mais on a tout de même des interrogations, à plusieurs titres.

Premièrement, y a-t-il des garanties que ces sommes ne servent pas à aider de grandes entreprises françaises, type “Veolia”, “Suez” et j’en passe, à étendre leurs marchés dans d’autres pays au détriment de l’indépendance énergétique de ces pays ? Comme cela a été dit précédemment, même si je sais que ce n’est pas l’esprit de la Ville, l’esprit initial, hélas, de la loi OUDIN-SANTINI, je vous cite un extrait de propos de son principal promoteur à l’époque, André SANTINI, qui, lui, ne cachait pas sa finalité en bon libéral qu’il était : “Donner aux communes, établissements publics de coopération intercommunale et syndicats mixtes la possibilité de conclure des conventions de coopération internationale – jusque-là, tout va bien – est non seulement un moyen de permettre une exportation du modèle français de gestion de l’eau mais aussi un moyen de compléter utilement la conquête de marchés par les grands groupes français”. On voit donc bien que l’enjeu au point de départ, c’était de permettre cela aux grands lobbies de l’eau, puis de la gestion des déchets, puis de l’énergie, aux grosses multinationales.

Evidemment que ce n’est pas l’esprit de la Ville, car nous avons d’abord essayé de promouvoir notre conception des services publics. Dans la délibération, quand on parle des porteurs de projets, il eut été rassurant pour nous toutes et tous que l’on puisse savoir de qui il s’agissait.

Ensuite, “les actions promues visent à promouvoir – je lis un extrait de la délibération – l’accès à l’énergie” – très bien, mais il y a une autre phrase, plus ambiguë, qui dit : “Amélioration de l’efficacité des systèmes de production et de distribution en priorité ceux utilisant des énergies fossiles”. Là, je ne comprends pas. Je n’imagine pas un seul instant que l’on souhaite privilégier les énergies fossiles. On est au contraire engagés, nous, pour le 100 % énergies renouvelables. Ce que l’on souhaite bon pour le climat dans la contribution parisienne, on le souhaite pour l’ensemble de la planète. Ainsi, il eut été préférable que d’emblée notre coopération s’inscrive bien dans une volonté de contribuer à 100 % d’énergies renouvelables, que ce 1 % énergie ne profite qu’à des projets d’énergies renouvelables.

Je rappelle que cette question énergétique est une question centrale pour préserver nos écosystèmes, contre le dérèglement climatique, en sachant qu’en aucun cas, par ailleurs, le nucléaire n’est la solution.

J’aimerais tout de même qu’il y ait des précisions qui nous soient transmises sur ces interrogations que mes collègues qui se sont précédemment exprimés partagent afin que l’on puisse, au contraire, de manière enthousiaste, voter cette délibération.

Je vous remercie.